Burundi

Rapport de situation

Faits saillants

  • Persistance des besoins humanitaires liés aux aléas climatiques
  • La réintégration socioéconomique des femmes au Burundi, en particulier celle des femmes déplacées : une réalité ou un mythe ?
  • Aider les rapatriés au Burundi à construire un avenir plus prospère et plus stable
  • Les retournés éprouvent bcp de difficultés dans leur réintégration au sein des communautés
Photo crédit @ONU FEMMES
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Chiffres clés

13,0M
Population totale en 2022
1,8M
Pers. en besoin d'aide humanitaire en 2022
1M
Personnes ciblées en 2022
840K
Personnes dans le besoin aigu en 2022
1,4M
Personnes en insécurité alimentaire (2022)
113K
Personnes déplacées internes ( sept 2021)
38740
Cumul des cas confirmés (12 avril 2022)
15
Décès liés à la Covid-19 (au 25 février)
10960
Pers. vaccinées contre la Covid-19 (12/04)

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Financement

$194.7M
Requis
$87.8M
Reçu
45%
Progrès
FTS

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Contacts

Noroarisoa RAKOTOMALALA

Chef de Bureau

Annick Ndayiragije

Chargée de l'information publique

Burundi

Rapport de situation
Contexte
Infographie OCHA BURUNDI
Photo : OCHA2021/A. NDAYIRAGIJE

Persistance des besoins humanitaires liés aux aléas climatiques

La période de février à mai 2022, communément appelée « IMPESHI »1, constitue une période de fortes pluies dans presque toutes les régions naturelles du pays. Selon les experts de l’Institut Géographique du Burundi (IGEBU) corroborant ceux du Centre de prévision et d'applications climatiques (ICPAC) de l’Agence intergouvernementale pour le développement (IGAD) indiquent que les prévisions météorologiques saisonnières pour la planification dans les différents secteurs de la période allant de mars à mai 2022, correspondant à la saison agricole 2022 B au Burundi, les ¾ du pays ont une probabilité élevée d’une pluviométrie excédentaire, supérieure à la normale climatologique , en particulier dans les régions naturelles de Mugamba, Mirwa, Bututsi, Bugesera, une grande partie du Kirimiro, une partie de Buyogoma et une partie de l’Imbo. Par les années antérieures, certaines de ces zones ont été régulièrement affectées par les vents violents, les pluies torrentielles, les inondations causées par la montée des eaux du Lac Tanganyika, le débordement des rivières Rusizi et Kajeke, et le déficit hydrique ainsi que le glissement de terrains. Les experts de l’IGEBU conseillent aux partenaires tant humanitaires que de développement d’intensifier des efforts de réduction et de prévention des risques de catastrophes liés aux phénomènes météorologiques.

Des observations des pluies annoncées par l’IGEEBU, le constat est qu’au mois de mars, les pluies ont été de tendance modérée. Les données collectées par les équipes de la Croix Rouge Burundaise (CRB) et de la Displacement Tracking Matrix (DTM) de l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM), montrent la tendance à la baisse de la population déplacée sur la période de janvier à mars, 1 792 en 2022, représentant 43% de celle déplacée à la même période en 2021 et 10% de celle de 2020.

Toutefois, la période d’avril à mai constitue celle des pics de pluies au Burundi et on y enregistre un grand nombre de populations affectées et celles déplacées. L’analyse de données sur cette période montre qu’entre 2020 et 2021, le total de la population affectée était de 105 860 (51 528 en 2020 et 54 332 en 2021) et celle déplacée était 45 012 (21 504 en 2020 et 23 508 en 2021). Pendant que ces nombres croissent, certaines des personnes affectées et déplacées l’ont été sur plusieurs années d’où l’appel des experts aux partenaires humanitaires et de développement d’intensifier des efforts de mitigation des impacts des risques et la préparation à répondre aux besoins des personnes qui pourraient être touchées si les prévisions météorologiques annoncées au mois de février 2022 s’accomplissent.

De l’analyse dans le temps et espace des phénomènes météorologiques au Burundi, il est à noter que dans une zone de pluies excédentaires, le déficit hydrique est vécu au même moment. Les cultures ne supportant pas trop de pluies sont impactées, impliquant ainsi un faible rendement de production surtout pour les petits producteurs. Comme aussi le déficit hydrique répétitif occasionne des répercussions importantes sur la productivité, l’adéquation des cultures et la sécurité alimentaire de ces ménages. Ceci a un risque dans le temps de voir de milliers de familles dépendre de l’aide pour les produits alimentaires de base et pousser le gouvernement à importer ces produits.

Les pluies survenues dans les pays limitrophes (RDC et Rwanda) surtout dans leur partie ouest, contribuent à l’augmentation des eaux dans la rivière Rusizi et Lac Tanganyika créant des inondations (grande saison des pluies, montée du lac Tanganyika avril-mai). Déjà avant le pique de pluies, les experts font état du niveau élevé des eaux du Lac Tanganyika.

Des vents violents, pluies torrentielles, la grêle, les glissements de terrains et les inondations enregistrés au mois de mars 2022, la DTM a enregistré 5 678 personnes affectées (1 200 ménages) dont 1 374 déplacées (276 ménages). Les provinces ayant enregistré plus de 300 personnes déplacées étant celles de Cibitoke, Rumonge et Bubanza. Les autorités des provinces de Rumonge et Cibitoke par le canal de la Plateforme Nationale de Gestion des Risques et de Gestion des Catastrophes ont appelé les acteurs humanitaires à assister les populations affectées et déplacées de ces provinces.

La situation dans certains sites des déplacés internes, reste encore préoccupante. A la fin mars, plus de 6 780 personnes, soit 2710 ménages, contre 18 313 personnes en mai 2020, vivent encore dans les sites des déplacés de Kinyinya II (3 362 personnes soit 1328 ménages) et SOBEL (3 422 personnes soit 1382 ménages) exposés aux effets des ventes violents. Ces déplacés vivent dans des conditions très précaires. Malgré le renouvellement d’une partie de leurs abris, ceux-ci risquent d’être emportés et détruits par les pluies d’avril et mai si les prévisions s’accomplissent. Cette saison risque également de causer des maladies respiratoires aux enfants en mal de résistance aux intempéries. Pour le moment, grâce aux fonds CERF de 2020, le site de Kinyinya a un bon accès à l’eau de la REGIDESO tandis qu’à SOBEL, des raccordements frauduleux perturbent son bon approvisionnement en eau. Il est important de noter que les sites de Kinyinya II et SOBEL n’ont pas encore une bonne couverture en latrines et même celles qu’y sont installées sont pleines ou bouchées. Le site de Kinyinya II est situé à un mètre du niveau de la nappe phréatique. Les latrines qui y sont installées courent un grand risque d’inondation en cas de fortes pluies. Pour que les déplacés puissent disposer des latrines accessibles, UNICEF se prépare pour creuser un fossé en profondeur, en y mettant des réservoirs poly tank ayant une capacité de 10 m3 chacun, faciles à vidanger, qui vont retenir un maximum des eaux usées.

Malgré une assistance apportée par les acteurs humanitaires ainsi que le Gouvernement, des défis liés au faible financement persistent et à l’insuffisance des capacités de réponse sectorielle, aussi bien dans l’approvisionnement en vivres et autres articles non alimentaires, ainsi que l’aménagement des latrines. Certains déplacés manquent de moyens pour accéder aux soins spécialisés, l’insuffisance des équipements d’assainissement et hygiène dont les latrines dans tous les sites, certains abris sont usés et ont besoin d’être renouvelés avant l’arrivée de fortes pluies.

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Contexte
Photo: OCHA2022/C. MARQUIS
Photo: OCHA2022/C. MARQUIS

La réintégration socioéconomique des femmes au Burundi, en particulier celle des femmes déplacées : une réalité ou un mythe ?

Au moment où le monde entier a commémoré la Journée internationale des droits de la femme, leur réintégration socioéconomique reste un réel défi au Burundi. Sur le plan démographique, le rapport du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2008 montre que les femmes représentent 50,8% de la population totale. Selon le même rapport, le Burundi est un pays essentiellement rural avec 87% de sa population qui vit en milieu rural. La population féminine, dans toutes les provinces, excepté la Mairie de Bujumbura, est majoritairement rurale (91%). Pour le cas du Burundi, l’organisation sociale traditionnelle de la société burundaise est de type patriarcal et patrilinéaire. C’est l’homme qui incarne l’autorité au sein du ménage, il prend les décisions capitales et fournit les moyens de subsistance aux membres du ménage. Cette perception valorise l’homme et limite la femme dans sa quête au développement même si elle donne une large contribution dans la production des moyens d’existence pour sa famille.

Pour ce qui est de l’héritage, la société burundaise ne traite pas les hommes et les femmes au même pied d’égalité. Contrairement à l’homme, la femme n’a pas le droit d’hériter la terre de ses parents. Cependant, la loi reconnait à toute femme, qui a les moyens, de se procurer des terres à son nom. Mais la part des femmes ayant des terres au Burundi est presque insignifiante. Cette discrimination est beaucoup plus ressentie par les femmes chefs de ménages, rurales, déplacées, mères célibataires, où celles ayant un niveau moins élevé de scolarité car elles sont obligées de survivre à la force de leur sueur.

Les femmes en général et spécifiquement celles qui sont déplacées à la suite des inondations de 2020 et 2021, sont très vulnérables. Elles rencontrent beaucoup de difficultés pour leur autonomisation. Ayant tout perdu jusqu’à leurs maigres capitaux qui leur permettaient de faire du petit commerce, les jeunes filles et femmes vivant dans les sites de déplacés sont laissées à elles même. A la recherche des moyens de survie pour leurs familles, certaines adoptent des comportements dégradants.

Dans le souci d’aider ces femmes à retrouver leur dignité, ONU Femmes, avec des fonds octroyés par la République du Japon, leur a, notamment, octroyé une aide matérielle et psychologique pour répondre à leurs besoins urgents afin d'améliorer leurs moyens de subsistance et de retrouver leur dignité. Ceci, à travers la distribution des kits de dignité et des consultations médicales gratuites. Au moins 2244 ménages (environ 11 220 personnes, dont 5 722 femmes et filles survivantes et 5 498 hommes et garçons) ont reçu des kits de dignité, composés notamment de charbons écologiques, de foyers améliorés, de pagnes, d’ustensiles de cuisine (casseroles, cuillères, assiettes), de nattes, et de savons de serviettes hygiéniques. 3578 personnes déplacées au niveau des sites de SOBEL, Kigaramango et Kinyinya II, dont 3335 femmes et filles, et 243 hommes ont, quant à eux, eu accès aux consultations médicales et aux médicaments de base.

Pour que les femmes et les filles déplacées et rapatriées s'intègrent dans leur nouvel environnement, acquièrent une plus grande autonomie et participent équitablement à la vie de la communauté, ONU Femmes a renforcé les capacités d’au moins 3962 femmes (37 % sont des personnes déplacées, 6% des rapatriées et 57% de la communauté hôte) en matière d'épargne et de crédit, de développement d'Activités génératrices de revenus et de leadership. Ces femmes participent désormais à 160 Groupements d’épargne et crédit (VSLA) mis en place dans les provinces Kirundo, Muyinga et Bujumbura. Elles ont déjà un compte ECOCASH, sont liées à des institutions de microfinance et sont légalement reconnues par l'administration locale.

A cela s’ajoute plusieurs initiatives de solidarité communautaire et d'événements de mobilisation organisés où les femmes et les filles leaders formées ont pris l'initiative et ont participé de manière substantielle aux processus de paix et de rétablissement au niveau local. 65 Initiatives de solidarité communautaires regroupant 996 femmes ont été mises en œuvre.

Dans la plupart des discours marquants les cérémonies de célébration de la journée internationale de la femme, prononcés dans la province de Rumonge par les hautes autorités du Gouvernement ainsi que leurs partenaires, l’accent a été mis sur la femme et le développement agricole. L’économie du Burundi est essentiellement agricole, le secteur primaire (agriculture, élevage et pêche) occupe une grande partie de la population active (90%) notamment la population féminine (55,2%), contre 8% pour le secteur tertiaire et seulement 2% pour le secteur secondaire. La terre constitue une des principales sources de revenus pour la plupart des ménages au Burundi, moins de 18% des terres immatriculée au nom des particuliers est immatriculée au nom d'une femme1, ce qui les oblige à compter sur la terre du mari, s'ils sont mariés, pour nourrir la famille. Cette discrimination est beaucoup plus ressentie par les femmes rurales et chefs de ménages (veuves, mères célibataires).Elles ne peuvent hériter ni de leur défunt mari, ni de leur famille.

Profitant de la journée internationale de la femme, certains acteurs humanitaires se sont joints aux déplacés vivant dans le site des déplacés, installé dans l’ancienne ferme de la Société Burundaise pour l’Elevage (SOBEL), pour y mener des activités de sensibilisation. Ce site, qui auparavant servait pour l’élevage du bétail, a étéaménagé pour accueillir les déplacés victimes des inondations de la zone de Gatumba, commune Mutimbuzi, province de Bujumbura rural en mai 2020. Depuis mars 2022, il abrite plus de 3 422 personnes soit 1 328 ménages dont 53 pour cent d’enfants, 27 pour cent de femmes et filles et 19 pour cent d’homme. Au total, 80 pour cent des déplacés de ce site sont des femmes et enfants. Parmi eux, des femmes chefs de ménages qui se retrouvent dans l’obligation de subvenir à tous les besoins de la famille en l’absence de leurs maris.

Des avancées dans l’autonomisation de la femme au Burundi

Le cadre légal en vigueur au Burundi prône l’égalité et la non-discrimination en droits sans aucune distinction. La Constitution du Burundi et bien d’autres instruments juridiques internationaux que le pays a ratifiés, posent le principe de l’égalité et de la non-discrimination en droits et en dignité en faveur de tous les Burundais sans distinction aucune. Une volonté des politiques manifeste permettant une participation inclusive de toutes les catégories, y compris les femmes, au processus de développement et dans les instances de prise de décision. Selon la politique nationale genre du Burundi (2012-2025), en 2010, on a noté un effectif de 32 pour cent de femmes membres de l’Assemblée nationale, 46,3 pour cent membres du Sénat et 42 pour cent de ministres. Une autre avancée significative est liée à l’engagement des organisations féminines et la mise en place du forum national des femmes, qui militent en faveur de l’instauration d’une culture de l’équité et l’égalité. L’ouverture des microfinances et récemment d’une banque pour les femmes dont le capital initial provient de l’état et de ses partenaires, une première en Afrique de l’Est, constitue un atout de taille.

Pour permettre une bonne autonomisation des femmes déplacées et chef de famille, une sensibilisation de tous les acteurs humanitaires et développement afin qu’ils tiennent compte dans leur programmation, des solutions pragmatiques et spécifiques aux défis auxquels font face les femmes est indispensable.

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Coordination
Anicet pousse fièrement son précieux vélo dans les rues de la colline Tura, commune Giteranyi et province Muyinga, au nord-est du pays. Photo : OIM/Amaury Falt-Brown
Anicet pousse fièrement son précieux vélo dans les rues de la colline Tura, commune Giteranyi et province Muyinga, au nord-est du pays. Photo : OIM/Amaury Falt-Brown

Aider les rapatriés au Burundi à construire un avenir plus prospère et plus stable

Depuis 2017, le Gouvernement du Burundi et ses partenaires tels que les Nations Unies facilite le rapatriement librement consenti des réfugiés burundais en provenance des pays voisins. A ce jour, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), en partenariat avec le ministère de l’intérieur, a déjà assisté plus de 185 000 personnes à rentrer au Burundi.

Bien que les retours enregistrés juste 2017 soient importants, ce sont l’aboutissement des élections générales de 2020 et la stabilité qui s'en est suivie, qui a réveillé au sein de plus en plus de burundais en exil, le sentiment de retour.

Néanmoins, les réfugiés qui retournent dans leur pays d'origine sont souvent confrontés à des défis, comme le manque d’un revenu stable - un élément clé dans le processus de réintégration.

Le retour dans des communautés où les ressources sont déjà rares peut aussi mettre à rude épreuve la population locale et entraîner des conflits sociaux entre les communautés d'accueil, les rapatriés et les déplacés internes qui s'y trouvent.

A cet effet, dès leur retour, le HCR et ses partenaires, tel que le Programme alimentaire mondial (PAM), fournissent aux rapatriés une assistance d’urgence pour trois mois. Cependant, une fois que les rations contenues dans le kit qu'ils ont reçu s'épuisent, les rapatriés se débrouillent seuls dans des conditions de vie difficiles.

Anicet et sa famille font partie des milliers de personnes qui ont quitté le Burundi pendant la période d'instabilité en 2015. Vivant en Tanzanie, et sans terre à lui, ce fier agriculteur a vécu pendant trois ans dans des conditions très précaires tout en travaillant dans les exploitations des autres pour joindre les deux bouts du mois.

Après quelque temps, il a entendu dire que la stabilité avait regagné le Burundi. Finalement, en 2018, les nouvelles d'un environnement plus paisible chez lui ont poussé ce père de trois enfants et sa femme à rentrer - cette fois, en tant que rapatriés volontaires.

« J'étais tellement heureux de revenir dans mon pays natal », confie-t-il, « [même si] les moyens de subsistance d'un rapatrié ne sont pas toujours faciles ».

Avec le soutien initial du HCR, la famille a bénéficié d'un programme d'aide au retour volontaire et a reçu un moyen de transport vers le Burundi et un fonds de démarrage pour se remettre sur pied. Néanmoins, sans terre ni source de revenus, Anicet, comme des dizaines de milliers d'autres, a dû lutter pour réintégrer la communauté dont il faisait autrefois partie.

Les projets à impact rapide de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) contribuent à atténuer les tensions dans les provinces où il y a un nombre élevé de rapatriés. Ce projet aide les bénéficiaires à démarrer de petites activités génératrices de revenu et fourni des kits de démarrage pour des projets à court terme et à impact rapide afin de soutenir les moyens de subsistance des réfugiés de retour et des communautés d'accueil.

Anicet a eu l’opportunité de travailler pour une rémunération monétaire. Avec les fonds gagnés, il a décidé de rester au Burundi plutôt que de quitter le pays à nouveau. Il a utilisé l'argent pour investir dans le bétail, puis a relancé son commerce de poisson. Anicet s’est ensuite procuré un vélo, comme moyen de transport qui lui sert à transporter de l’herbe pour son bétail.

Grace au soutien de la République fédérale d'Allemagne et du Foreign and Commonwealth Development Office (FCDO) du Royaume-Uni, des familles comme celle d'Anicet reconstruisent leurs moyens de subsistance et investissent dans leur avenir.

Le HCR estime à environ 300 000 le nombre de réfugiés burundais vivant encore à l'étranger, dont beaucoup sont en train de rentrer chez eux. Rien qu'en 2021, plus de 65 000 sont rentrés, poussés par un climat de plus en plus stable.

Néanmoins, tous les rapatriés n’ont pas la même opportunité de réintégration qu’Anicet.

Le soutien à la réintégration à long terme est un processus complexe et coûteux. L'OIM s'efforce d'atteindre le plus grand nombre possible de rapatriés grâce à ses programmes de réintégration, mais la réalité est que la majorité d'entre eux n'ont pas accès à ce soutien.

Pour s'assurer que les rapatriés sont en mesure de construire un avenir plus prospère chez eux au Burundi, il est important que la communauté internationale continue à fournir des fonds qui changent des vies. Sinon, des familles comme celle d'Anicet pourraient à nouveau envisager de quitter leur pays à la recherche d'un avenir meilleur et durable.

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Burundi

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Contexte

Les retournés éprouvent bcp de difficultés dans leur réintégration au sein des communautés

Tous les rapatriés n’ont pas l’opportunité d’être réintégrés facilement dans la communauté même si une assistance pour relancer l’intégration des rapatriés dans la communauté est disponible. Souvent, ils rentrent après avoir passé plusieurs années à l’exil dans l’espoir de trouver un léger mieux. A leur arrivée, la plupart sont désabusés surtout lorsqu’ils se retrouvent sans famille pouvant leur appuyer. Ils vivent grâce à la générosité de la population. La famille ou les voisins a déjà utilisé leurs biens comme étant les leur. Certains retournés sont arrivés au Burundi par leurs propres moyens, souvent à pied, et se sont retrouvés sans assistance suffisante pour leur intégration. Arrivés dans la province de Kirundo, 11 burundais retournés dont 4 hommes, 3 femmes et 4 enfants sont rentrés depuis l’Ouganda en traversant les frontières, le plus souvent à pied. Ils venaient de passer plus de sept ans à l’étranger.

Avant leur retour dans leur communauté d’origine, en province de Muyinga et Bujumbura, ils sont abrités dans un des hangars de la commune de Gwibikara dans des conditions précaires. Grâce à sa générosité, l’administration leur procure une assistance alimentaire et un abri, mais ils sont dans le besoin urgent de vivres et d’articles non alimentaires notamment les couvertures pour se protéger contre le froid. Les enfants quant à eux ne vont pas à l’école et risquent d’attraper les maladies liées à la mauvaise alimentation.

Lors de la visite du chef de bureau UNOCHA au Burundi, Madame Noroarisoa Rakotomalala et son adjoint, effectuée dans la province de Kirundo, ces retournés étaient en attente des documents d’identification pour pouvoir retourner dans leurs villages d’origine.

Leur réintégration ne sera pas facile surtout avec le fait que ces retournés n’ont ni familles ni terres à exploiter. L’administration demande aux partenaires de l’appuyer à travers les projets en faveur de leur réintégration effective mais également en leur procurant des documents d’identification.

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