Burundi

Rapport de situation

Faits saillants

  • Persistance de l'insécurité alimentaire au Burundi
  • En 2022, le PAM a assisté 130.000 personnes touchées par les effets du changement climatique
  • Célébration de la Journée mondiale de l’aide humanitaire au Burundi
  • Le Gouvernement burundais, la FAO, et l’OMS luttent contre la maladie de la fièvre de la vallée du rift (FVR)
  • Histoire de succès : Les transferts monétaires redonnent de l’espoir à une famille
Photo :  ©Concern Worldwide Burundi
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Chiffres clés

13M
Pop. totale en 2022
1,8M
Pers. en besoin d'aide humanitaire en 2022
947M
Pers. ciblées en 2022
1,2M
Pers. en insécurité alimentaire (2022)
85K
Pers. déplacées internes ( avril 2022)
49370
Cumul des cas COVID-19 (31 août 2022)
15
Décès liés à la Covid-19 (au 31 août 2022)

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Financement

$182.4M
Requis
$49M
Reçu
27%
Progrès
FTS

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Contacts

Noroarisoa RAKOTOMALALA

Cheffe de Bureau

Antoine Lemonnier

Chargé de l'information publique

Burundi

Rapport de situation
Contexte
Carte de l’IPC pour la période de septembre-décembre 2022
Carte de l’IPC pour la période de septembre-décembre 2022

Persistance de l'insécurité alimentaire au Burundi,

Au mois d’août 2022, en utilisant l’outil Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), les acteurs du secteur de la sécurité alimentaire et le Gouvernement du Burundi ont conduit des analyses sur le niveau de la sécurité alimentaire liées à la saison culturale 2022 B (juin à septembre : récolte et post récolte) ainsi que sur son implication pour la saison 2023 A, qui va commencer en octobre 2022.

Des facteurs favorables d’une part, utilisés dans l’analyse, notamment un régime pluviométrique globalement suffisant sur la saison 2022 B ; la promotion de la production agricole à travers la mise en valeur des terres domaniales distribuées aux coopératives communautaires, l’incitation à l’exploitation en commun des petites parcelles individuelles, l’intensification et encouragement de la mise en place des exploitations dites « modèles », la constitution des stocks stratégiques par l’Agence nationale de gestion de stock stratégique (ANAGESSA) et d’autre part des facteurs défavorables tels que les aléas climatiques localisés dans la Dépression de l’Est, Dépression du nord et Plaine de l’Imbo, l’impact de la COVID-19 sur l’accès aux opportunités transfrontalières, les besoins d’engrais chimiques non couverts par la société Fertilisants Organo-Minéraux (FOMI), l’impact de la crise ukrainienne sur le marché, l’impact de la maladie de la fièvre de la vallée du rift sur l’élevage et ses activités connexes, les restrictions sur les échanges transfrontaliers et le retour des rapatriés ayant besoin de la réinsertion socio-économique ont permis de déterminer que 1,2 million de personnes (10 % de la population du Burundi) sont en insécurité alimentaire pour la période de juin à septembre 2022, dont 50 640 en phase d’urgence (IPC4). Cette période coïncide avec la période de récolte et de post-récolte de la principale campagne agricole "Impeshi", qui est marquée par une disponibilité et une accessibilité alimentaire relativement bonnes. L’analyse a classé toutes les zones de moyens d’existence dans une phase de stress (IPC2) à l’exception de la zone de moyens d’existence Crête Congo Nil (CCN) qui est classée dans l’IPC1. Les ménages en crise (IPC3) sont principalement ceux qui ont une faible capacité de production de leur propre nourriture. Fortement dépendants du marché d’une part, et dont les revenus proviennent principalement d’activités faiblement rémunérées d’autre part.

Pour la période projetée (octobre à décembre 2022), les acteurs de la sécurité alimentaire ont estimé que 1,4 million de personnes (12 % de la population du Burundi) seront en situation d’insécurité alimentaire, dont 50.640 en phase d’urgence (IPC4). L’analyse montre une légère détérioration de la situation entre la situation actuelle et celle projetée, ce qui fait passer le CCN de la phase 1 à la phase 2 (Stress) et la zone de subsistance de la Dépression de l’Est à l’IPC3 crise.

En dépit d’une amélioration relative de la situation d’octobre à décembre 2022 comparée à la même période en 2021 (1,44 millions personnes en phase 3 et plus), la situation de la sécurité alimentaire nécessite une surveillance dans les zones de moyens d’existence, de dépression de l’Est et du Nord ainsi que les localités affectées par les aléas climatiques dans la plaine de l’Imbo. De plus certains indicateurs tels que les prix sur le marché, l’accès aux intrants agricoles et l’évolution pluviométrique de la saison 2023A sont aussi à surveiller.

Déjà, certaines stations météorologiques annoncent pour la période de septembre à décembre 2022, une situation pluviométrique en dessous de la moyenne. Malgré ces prévisions, les tendances au Burundi montrent pour certaines provinces qu’il y aura au même moment une pluviométrie excédentaire et déficitaire avec impact sur les cultures et la sécurité alimentaire des ménages.

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Burundi

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Contexte
©WFP 2022
©WFP 2022

En 2022, le PAM a assisté 130.000 personnes touchées par les effets du changement climatique

Comme confirmé par les analyses du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), les effets des changements climatiques sont récurrents au Burundi et affectent la sécurité alimentaire des ménages. A la suite d’une évaluation multisectorielle rapide des besoins, réalisée en janvier 2022 par les acteurs humanitaires, il ressort que quatre communes de la province de Kirundo avaient enregistré des pertes surtout liées à la destruction totale de la plupart des cultures annuelles, telles que le maïs, le haricot, les colocases, les pommes de terre, le riz, qui constituent la base des menus des ménages ruraux. Cette province connait de façon récurrente au même moment une pluviométrie déficitaire et excédentaire.

Le déficit hydrique est connu au cours de la saison culturale 2022 A surtout au niveau des communes de Kirundo, Busoni, Ntega et Bugabira a affecté plus de 200 000 personnes.

En juin 2022, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a continué d’assister les populations les plus vulnérables touchées par l’insécurité alimentaire. Au total, plus de 130 000 personnes ont reçu de l’assistance alimentaire dont 100 000 personnes comportant 20 000 ménages de la province de Kirundo affectés par le déficit hydrique, 15 000 personnes de la province de Cibitoke et 15 000 personnes de Bubanza affectées par les inondations. A Kirundo, la population a reçu une assistance en vivre et en cash non conditionnel. Chaque ménage recevait une assistance mensuelle de 18 kg d’haricot et 3,7 kg d’huile tandis que la ration des céréales et du sel a été compensée par des transferts monétaires. Les bénéficiaires ont salué cette assistance qui a contribué à alléger leur insécurité alimentaire, en leur permettant également de garder l’espoir des jours meilleurs pour les prochaines saisons culturales. Lors de la première distribution effectuée en mars, la Croix rouge du Burundi a enregistré 6 439 ménages représentés par des femmes contre 1 561 tenus par des hommes qui se sont présentés aux points de distributions.

L’assistance alimentaire à ces populations a été mobilisée grâce au financement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA).

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Coordination
JAH

Célébration de la Journée mondiale de l’aide humanitaire au Burundi

Le 19 août de chaque année, le monde entier rend hommage aux travailleurs humanitaires, en mémoire notamment de ceux qui ont perdu la vie lors de l’attentat du bureau des Nations Unies en Irak en 2003.

Le thème de cette année était « Il faut tout un village d’humanitaires pour apporter une aide à ceux qui en ont besoin »

Au Burundi, la communauté humanitaire et le Gouvernement, ont organisé une journée d’exposition des profils et illustrations de travailleurs humanitaires dans les enceintes du Centre d’information des Nations Unies (CINU) à Bujumbura. Au total, 15 profils montrant le travail des humanitaires- du chauffeur en passant par le responsable des abris et le négociateur ont été exposés du 19 au 26 août au CINU, attirant la curiosité de la population. Chacune de ces illustrations étaient accompagnée d’une description en français et en kirundi pour expliquer le métier et sa nécessité dans le village humanitaire.

Lors de son discours, Monsieur Felix Ngendabanyikwa, Secrétaire permanent au ministère de la Solidarité nationale, des Affaires sociales, des Droits de la personne humaine et du Genre, a salué les interventions de la communauté humanitaire qui ne ménage aucun effort pour appuyer le Gouvernement en fournissant aux personnes vulnérables une assistance multisectorielle.

Le Coordonnateur résident par intérim des Nations Unies, Richmond Tiemoko, a rappelé le rôle important des travailleurs humanitaires au niveau mondial. Il a indiqué que c’est grâce à une collaboration inédite avec le Gouvernement du Burundi, que les acteurs humanitaires ont pu conjointement établir le Plan de réponse humanitaire au Burundi pour l’année 2022. Ce Plan de réponse cible 947 000 personnes vulnérables dans le pays. Malheureusement, à l’heure actuelle, celui-ci reste sous-financé, avec seulement 13,5 % reçus des 182 millions de dollars requis. Avec ce niveau de financement extrêmement bas, les acteurs humanitaires ont pu donner une assistance alimentaire en vivre et en transfert monétaires à près de 160 000 personnes dans le pays (32% des personnes ciblées par le secteur de la sécurité alimentaire). Au-delà de l’assistance alimentaire, la communauté humanitaire a déjà pu assister, à la fin avril, plus de 33 000 enfants malnutris sur les 137 000 ciblées par le Plan de réponse humanitaire de 2022.

Le Coordonnateur résident par intérim a invité les donateurs à continuer de soutenir la réponse.

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Contexte
Carte illustrative des zones touchées par la FVR ©OCHA
Carte illustrative des zones touchées par la FVR ©OCHA

Le Gouvernement burundais, la FAO, et l’OMS luttent contre la fièvre de la vallée du rift (FVR)

A la date du 18 juillet 2022, plus de 1 600 cas de bovins et petits ruminants atteints de la FVR dont 628 décès ont été enregistrés. 94 % de ces cas sont originaires des provinces du Nord, Kirundo, Muyinga et Ngozi. Actuellement, des cas de la maladie sont signalés dans 13 provinces du pays : Kirundo, Muyinga, Ngozi, Karusi, Cibitoke, Kayanza, Bujumbura, Makamba, Muramvya, Mwaro, Rumonge, Bubanza et Gitega.

La maladie de la FVR a été notifiée pour la première fois au Burundi en juin 2022. Les efforts continuent d’être fournis par les partenaires. Le Gouvernement a autorisé l’abattage des animaux en date du 3 août 2022. Il a ensuite initié des activités de vaccination dans huit provinces : Cibitoke, Karusi, Kayanza, Kirundo, Makamba, Muyinga, Ngozi, et Gitega. Au 28 août, 130 766 bovins et petits ruminants ont reçu le vaccin.

De leurs côtés, les deux agences des Nations Unies récipiendaires des fonds CERF d’un montant de 500 000 dollars chacune, mettent déjà en œuvre les activités. L’Organisation mondiale de la santé a déjà lancé la commande des produits pour la pulvérisation des moustiques qui sont des vecteurs de la propagation de la maladie tant au niveau des animaux que des humains et l’organisation des campagnes de sensibilisation sur la maladie auprès des populations affectées et le renforcement de la surveillance sanitaire dans les zones affectées par la maladie.

La FAO projette de conduire des activités pour le traitement du bétail avec des insecticides, l’établissement des voies sûres, formelles et réglementées pour assurer la sécurité alimentaire, l’accès aux aliments d’origine animale saine, les moyens de subsistance ainsi que la santé des acteurs de la chaîne de valeur bétail-viande, entre autres en renforçant les capacités des bouchers et vendeurs de viande, ainsi que les inspecteurs vétérinaires au niveau des abattoirs (inspection ante et post mortem) et des stations de quarantaine du pays pour éviter la propagation du virus, la sensibilisation du personnel vétérinaire/santé animale à la surveillance, la détection précoce, le diagnostic et le contrôle de la fièvre de la vallée de Rift pour pouvoir détecter et contrôler des nouveaux foyers et la mise à jour d’un plan d’urgence de contrôle de la FVR.

Le Burundi a déjà bénéficié depuis 2006 des allocations de fonds CERF d’un montant total de 72,4 millions de dollars ($19,8 millions pour la réponse rapide et $52,6 millions pour les urgences sous financées). Ces allocations ont permis de répondre aux besoins urgents crées par les conflits, la sécheresse, l’insécurité alimentaire, les inondations, et les épidémies telles qu’Ebola.

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Contexte
David et sa petite famille devant leur maison © Concern Worldwide Burundi 2022
David et sa petite famille devant leur maison © Concern Worldwide Burundi 2022

Histoire de succès : Les transferts monétaires redonnent de l’espoir à une famille

« Grace à Terintambwe (fais un pas en avant), un projet exécuté par Concern Worldwide Burundi sur un financement octroyé par le Gouvernement irlandais, ma femme et moi sommes maintenant à l’aise dans notre nouvelle vie. Je ne prends plus de travail occasionnel pour gagner ma vie maintenant et notre ménage vit en paix ! »

Agé de 33 ans, David Nimubona est un bénéficiaire du projet Graduation et vit sur la colline de Mwenya dans la province de Kirundo. Depuis sa petite enfance, ce père d’un enfant n’a pas eu la chance de connaitre l’amour de ses parents. En effet, son père ne l’a pas reconnu et sa mère était une jeune femme pauvre qui vivait grâce à la charité de ses voisins et ses proches. David a grandi traumatisé par le fait de ne pas connaître son père et par la misère dans laquelle sa mère et lui vivaient.

En 2015, il décide de fuir vers le Rwanda, non pas à cause de l’insécurité, mais dans l’espoir que l’herbe y serait plus verte. Malheureusement, il s’est rendu compte que la vie n’était pas aussi rose qu’il l’espérait.

Fin 2020, il se résigne à rentrer au pays les mains vides. « Je suis rentré bredouille et la situation dans laquelle je vivais a fait que j’ai sombré dans l’alcool pour oublier ma misère. » Il commença à travailler occasionnellement, vivant dans une maisonnette avec comme toiture une tente jusqu’à ce qu’il eût la chance d’être sélectionné parmi les bénéficiaires du programme Graduation à Kirundo en 2021.

Conscient de son mauvais comportement et du besoin d’aide, David a décidé de se marier. Malgré les difficultés financières et les problèmes dus à l’excès d’alcool, sa femme a continué de vivre avec lui.

« Avec Terintambwe tout a changé ! Surtout quand nous avons commencé à recevoir les assistances monétaires. Je voyais qu’il y avait de l’espoir » dit-il.

David a utilisé les deux premières distributions dans l’achat d’ustensiles de cuisine et dans l’achat de nourriture pour sa famille. Au fur des mois, il a continué à recevoir 30 000 Fbu durant 12 mensualités pour subvenir à ses besoins de base. En revanche, il a décidé de ne pas consommer cet argent, mais plutôt de l’investir et faire de petites économies.

« Grace aux formations que j’ai reçues de Concern Worlwide à travers son projet Graduation, j’ai rejoint un groupe pour épargner de l’argent appelé Saving Internal Loaning Community (SILC) et j’ai commencé à épargner et contracter de petits crédits. J’ai aussi reçu un transfert d’actifs de 150 000 Fbu que le projet Terintambwe nous a donné pour démarrer une petite activité génératrice de revenu. Ma femme et moi avions ainsi démarré un petit commerce de légumes et de manioc au petit marché du coin et à la maison. » David s’est aussi construit une maison moderne avec une toiture en tôles, avec un soutien de Concern pour réhabiliter sa maison.

Il témoigne aussi que faire partie du programme Terintambwe lui a apporté plus que l’amélioration de son revenu. En effet, ayant pris part à différentes sensibilisations notamment sur le sens des affaires, le bien-être familial et le genre. Grâce à cela, David a pu retrouver confiance en ses capacités à prendre soin de lui et sa famille et à s’intégrer au sein d’une communauté porteuse de changement.

« Ce que je n’oublierai jamais, c’est la nuit entière que j’ai passé dans la brousse à cause de l’ivresse. J’étais tellement désespéré que je trouvais refuge dans l’alcool. Maintenant, j’ai abandonné mes vieilles habitudes. Je donne aux autres mon propre témoignage et j’essaie de les conseiller en me basant sur mon expérience personnelle. J’ai déjà conseillé trois ménages qui ont maintenant changé positivement et sont devenus plus paisibles par rapport au passé. »

En concertation avec sa femme, ils ont récemment acheté un petit lopin de terre qu’ils peuvent cultiver et léguer à leur progéniture.

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