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Faits saillants

  • Au cours du premier semestre 2021, les acteurs humanitaires en RCA sont parvenus à fournir une assistance à 1,4 million de personnes dans un contexte sécuritaire volatile.
  • Le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire a encore augmenté, pour atteindre 2.6 million - 57% de la population.
  • La RCA est l’un des endroits les plus dangereux pour les humanitaires avec 314 incidents affectant les humanitaires entre janvier et août 2021.
  • Pour répondre aux besoins les plus urgents en 2021, les acteurs humanitaires prévoient d'assister 1,84 millions de personnes et auront besoin de US$ 444,7 millions.
Mwala Georgette, 24 ans, tient son petit garçon, Kuri Isai, âgé de neuf mois, près d'une église utilisée pour abriter les familles déplacées en raison de la dernière vague de troubles dans la capitale Bangui.  ©OCHA/Siegfried Modola, Bangui, RCA, 2021.
Mwala Georgette, 24 ans, tient son petit garçon, Kuri Isai, âgé de neuf mois, près d'une église utilisée pour abriter les familles déplacées en raison de la dernière vague de troubles dans la capitale Bangui. ©OCHA/Siegfried Modola, Bangui, RCA, 2021.

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Chiffres clés

4,9M
Population
2,8M
Pers. ayant besoin d’une aide humanitaire
1,84M
Pers. ciblées pour assistance en 2021
1,6M
Personnes assistées en 2020
2,6M
Pers. en insécurité alimentaire
713K
Personnes déplacées (31/08/2021)
703K
Réfugiés centrafricains
11342
Cas confirmés COVID-19 (15/09/2021)
100
Décès liés à la COVID-19 (15/09/2021)

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Financement

$444.8M
Requis
$262.5M
Reçu
59%
Progrès
FTS

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Contacts

Vedaste KALIMA

Chef de Bureau

Maxime NAMA CIRHIBUKA

Chef de Section Information Publique

Anita CADONAU

Chargée du Reporting

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Aperçu des mouvements de population au 31 août 2021

Aperçu des mouvements de population au 31 août 2021

Au 31 août 2021, le nombre total des personnes déplacées internes (PDI) en RCA est estimé à 712 945 individus composés respectivement de 194 711 personnes dans les sites (27%) et 518 234 personnes dans les familles d’accueil (73%). La tendance globale en août 2021 indique une hausse de 22 240 PDI (soit 3,2%) par rapport au mois précédent (690 705 PDI). Le nombre des PDI a connu une progression continue de décembre 2020 à février 2021 dans le contexte de la crise électorale et post-électorale. Depuis le mois de mars 2021, la tendance globale des mouvements de la population a commencé à s’inverser avec une petite prépondérance des retours sur les nouveaux déplacements. Des flux de mouvements particulièrement élevés dans les deux sens (déplacement et retour) ont été notés jusqu’au mois de juillet. Le mois d’août a connu un flambé de nouveaux déplacés avec 37 510 nouveaux PDI enregistrés principalement dans les préfectures de l’Ouham-Pendé, de la Ouaka, de la Mambéré-Kadeï, de la Haute-Kotto, de la Basse-Kotto et de Bangui. Les opérations militaires menées par les forces armées centrafricaines (FACA) et des forces bilatérales contre les groupes armés et la peur des exactions commises par les groupes armés pendant leur fuite sont les principales causes de ces nouveaux déplacements. A cette principale cause de conflits armés, on y ajoute des déplacés liés aux inondations. Inversement, 15 270 retours ont été rapportés en août, principalement dans les préfectures de la Nana-Gribizi, de l’Ouham, de l’Ombella-M’Poko, de la Basse-Kotto et de l’Ouaka. En effet, la reprise des villes qui avait été occupées par les groupes armés ont entraîné des retours progressifs de la population dans certaines localités. La plupart de ces retours ont été observés à l’intérieur même des frontières administratives des sous-préfectures où les personnes avaient été déplacées. Par ailleurs, des déplacements préventifs d’une ampleur relativement importante ont été rapportés au courant du mois d’août dans le contexte des opérations militaires contre les groupes armés notamment dans les sous-préfectures de Bakouma (préfecture du Mbomou) et Koui (préfecture de l’Ouham-Pendé).

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Visuels

Aperçu des incidents ayant touché les travailleurs humanitaires ( janvier - août 2021)

Aperçu des incidents ayant touché les travailleurs humanitaires de janvier à août 2021

La population civile continue de payer le prix des tensions et des violences qui se poursuivent dans plusieurs parties du pays. Au cours des huit premiers mois de 2021, 314 incidents affectant les travailleurs humanitaires ont été enregistrés, contre 267 au cours de la même période en 2020. Les sous-préfectures de Bossangoa, Bangui et Kaga-Bandoro, ont été les plus touchées. Les vols, braquages, pillages, menaces et agressions représentent 67% des incidents, soit 210 sur 314. Les interférences et restrictions représentent les autres 33% des incidents.

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Visuels

Tableau de bord humanitaire, janvier - juin 2021

Tableau de bord humanitaire, janvier - juin 2021

Au cours du premier semestre 2021, les acteurs humanitaires en Centrafrique sont parvenus à fournir une assistance multisectorielle vitale à 1,4 million de personnes dans un contexte sécuritaire de plus en plus volatile. La recrudescence des conflits armés et violences intercommunautaires depuis mi-décembre 2020 ont eu un effet multiplicateur sur les mouvements forcés ou préventifs des communautés déjà affaiblies par des années de conflit. Au 31 juillet, près de 691 000 personnes étaient déplacées internes, hébergées en famille d’accueil ou dans des sites. L’ aide humanitaire a permis d’atténuer les effets immédiats de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition, de fournir aux populations un abri, de l’eau, des services d’hygiène et de santé et de protéger une population de plus en plus vulnérable. Téléchargez l'infographie ici.

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Contexte
Une logisticienne humanitaire en discussion avec un fournisseur à Paoua. ©PAM/Virginie Angé, Paoua, Ouham-Pendé, RCA, 2021.
Une logisticienne humanitaire en discussion avec un fournisseur à Paoua. ©PAM/Virginie Angé, Paoua, Ouham-Pendé, RCA, 2021.

Vers une future génération de logisticiennes dans l’humanitaire

L’action humanitaire intègre de plus en plus la dimension de genre, notamment dans l'évaluation des besoins humanitaires et la fourniture de l’assistance, afin de garantir la prise en compte des besoins spécifiques des femmes, des filles, des garçons et des hommes. C'est le cas dans l'Evaluation des besoins humanitaires 2021 et le Plan de réponse humanitaire 2021 en République centrafricaine (RCA), qui guident le travail des organisations humanitaires dans le pays. Ce travail est soutenu par le Groupe de travail sur le genre en RCA, qui réunit les acteurs humanitaires des différents secteurs thématiques et qui travaille à l'élaboration d'une approche commune de l'intégration du genre dans le cycle des programmes humanitaires.

Ouverture d’un dialogue sur l’inclusion

Afin de mieux répondre aux besoins de tous les bénéficiaires et de mieux intégrer l’égalité des sexes dans leur travail, les partenaires humanitaires en RCA s'engagent également à diversifier leurs effectifs. A cette fin, le Cluster Logistique, un forum qui regroupe les acteurs humanitaires travaillant dans le secteur de la logistique, a lancé une initiative sur le genre dans la logistique. L’initiative donne la parole tous les mois aux intervenants de ce secteur afin d’échanger des idées, d’apprendre les uns des autres, d’encourager la collaboration entre les organisation, et d’unir leurs forces et leurs plaidoyers, avec pour objectif de lancer des mesures tangibles pour permettre un plus grand accès aux femmes aux emplois de la logistique humanitaire en RCA.

Des obstacles rigides

Peu de femmes et surtout peu de femmes centrafricaines occupent des fonctions logistiques – une profession généralement considérée comme masculine. Le Cluster Logistique a récemment lancé un sondage auprès des travailleurs humanitaires évoluant dans la logistique en RCA afin de mieux comprendre les enjeux liés aux inégalités de genre dans ce secteur, notamment la composition des équipes logistiques, les barrières à l’accès à ces métiers et les efforts déjà déployés par les organisations humanitaires pour diversifier les équipes. Le sondage indique que seul un logisticien sur dix dans les organisations humanitaires en RCA est une femme. Elles occupent principalement des postes plus administratifs que décisionnels, tels que les acheteuses, les assistantes et les magasinières, et sont moins représentées dans les postes à responsabilités, tels que les chefs d’équipe et les chargés logistiques, ainsi que dans les postes de chauffeurs et de techniciens.

Travailler dans la logistique requiert des compétences dans lesquelles les femmes sont souvent moins formées ou qui les découragent en raison de préjugés sexistes chroniques, par exemple négocier dans un environnement hautement compétitif, la prise de parole et l’aptitude physique. Les filles et jeunes femmes sont souvent peu soutenues voir découragées de prendre des postures décisionnelles et sont plus susceptibles d’être orientées vers les secteurs administratifs. La conséquence – cette ségrégation des professions selon le sexe – se reflète naturellement aussi dans la composition des organisations humanitaires en RCA. En outre, les quelques femmes travaillant dans la logistique humanitaires en RCA indiquent qu’elles sont souvent confrontées à des discriminations sexistes sur le lieu de travail, telles que le manque de considération ou des problèmes d’autorité en raison de leur sexe ; un facteur de découragement considérable.

Planifier des mesures concrètes

Le sondage récent mené par le Cluster Logistique servira de base au développement d’outils communs, de formations et de plaidoyers, et à l'élaboration d'une feuille de route pour assurer une meilleure intégration des femmes dans les métiers de la logistique humanitaire.

Parmi les idées concrètes pour augmenter le taux de logisticiennes humanitaires figurent des visites et journées porte ouverte pour promouvoir les métiers de la logistique dans les écoles, lycées techniques et universités ; des formations d’introduction à la logistique humanitaire pour donner le goût aux jeunes filles et femmes et les encourager à s'orienter vers cette voie professionnelle ; et l’offre de stages en logistique dans les organisations humanitaires spécifiquement pour les femmes. Le plaidoyer se concentrera au niveau des organisations humanitaires afin d’orienter les politiques de recrutement avec des actions concrètes pour favoriser l’inclusion des femmes en logistique et de promouvoir la formation continue de ces femmes.

Les organisations humanitaires peuvent servir de modèle en RCA en diversifiant davantage leur personnel et en promouvant ainsi l’égalité des sexes, en brisant les constructions genrés des professions.

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Réponse d'urgence
Une femme déplacée vend des bâtons de manioc, le principal aliment de base en République centrafricaine, sur un site pour personnes déplacées à Batangafo. ©OCHA/Adrienne Surprenant, Batangafo, Préfecture de l'Ouham, RCA, 2020.
Une femme déplacée vend des bâtons de manioc, le principal aliment de base en République centrafricaine, sur un site pour personnes déplacées à Batangafo. ©OCHA/Adrienne Surprenant, Batangafo, Préfecture de l'Ouham, RCA, 2020.

Cri d'alarme face à l'insécurité alimentaire galopante

La République centrafricaine (RCA) est un pays fertile. Il pleut abondamment, le sol est riche et une variété de cultures, de fruits et de légumes poussent presque toute l'année. Malgré cette apparente abondance, une personne sur deux ne mange pas à sa faim.

La raison en est le conflit qui s'est à nouveau intensifié depuis le début de l'année. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays n'a jamais été aussi élevé depuis 2014, atteignant désormais 691 000 personnes, et même plus au cours des derniers mois. Les populations vivent dans la peur des attaques et des exactions des groupes armés, ce qui limite leur mobilité et leur accès aux champs et aux forêts pour cultiver, cueillir et chasser. Cet environnement dangereux empêche en outre les organisations humanitaires d'atteindre les personnes dans le besoin. L'une des conséquences est la détérioration continue de la sécurité alimentaire depuis l'année dernière.

Un tableau sombre

Les indicateurs relatifs à la nutrition et à la sécurité alimentaire pour la période de soudure d'avril à août étaient déjà sombres, mais ils se sont à nouveau dégradés en juillet. En avril, la RCA a signalé le deuxième plus grand nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire critique en Afrique de l'Ouest et du Centre – la phase d'urgence, selon la classification standard mondiale de l'insécurité alimentaire aiguë. En juillet, ce chiffre avait augmenté de 58% par rapport à avril, atteignant 1 million de personnes en insécurité alimentaire critique.

Les données de surveillance suggèrent qu'en juillet, globalement 2,6 millions de personnes, soit 57% de la population centrafricaine, n'avaient pas assez à manger. Sur le million de personnes en situation d'urgence concernant leur consommation alimentaire, 250 000 étaient à un pas de la famine. Pire encore, ces personnes étaient et demeurent largement inaccessibles aux travailleurs humanitaires.

Un appel urgent

Le Cluster Sécurité alimentaire, qui réunit les acteurs humanitaires travaillant dans ce secteur, tire la sonnette d'alarme face à la montée en flèche de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition en RCA. Si la réponse humanitaire ne s'intensifie pas immédiatement, plus de 2 millions de personnes seront en situation d'insécurité alimentaire d'ici septembre ; parmi elles, 900 000 personnes resteront en phase d'urgence et au moins 250 000 risquent de tomber dans la famine.

La fin du conflit n'étant pas en vue, la grande majorité de personnes touchées par la crise continueront à dépendre de l'aide humanitaire dans les mois à venir. Sans un accès humanitaire libre aux zones où l'insécurité alimentaire est la plus forte, un quart de million de personnes vont sombrer dans la catastrophe alimentaire.

Le secteur de l'alimentation a urgemment besoin de 22,5 millions de dollars américains pour fournir une assistance alimentaire à ration complète pendant 3 mois aux 250 000 personnes les plus exposées à une situation alimentaire catastrophique, y compris pour aider par voie aérienne celles qui se trouvent dans des zones difficiles à atteindre. Seulement la moitié du Plan de réponse humanitaire 2021 du pays est actuellement financée. Le manque de ressources face à l'explosion des besoins de la population a déjà contraint le Programme alimentaire mondial (PAM) à réduire l'assistance alimentaire mensuelle à une ration de 20 jours.

La malnutrition des enfants

En juillet, 80 000 enfants de moins de 5 ans étaient à risque de malnutrition aiguë sévère (MAS), soit une augmentation de 29% depuis fin 2020. Le risque de MAS est particulièrement élevé pour les enfants déplacés et ceux qui se trouvent dans des endroits touchés par le conflit, où l'accès à la nourriture, à l'eau potable, aux soins de santé et aux services de nutrition a été sévèrement restreint et où les prix des aliments ont explosé.

A travers le pays, 395 000 enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique, 40% de tous les enfants de cette tranche d'âge – un taux considérablement supérieur au seuil d'urgence de 30%. Une nutrition inadéquate sur une longue période perturbe leur croissance. La malnutrition aiguë représente un problème majeur de santé publique et constitue l'une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les jeunes enfants.

Le lien avec les restrictions d'accès

Les données de surveillance humanitaire indiquent un lien direct entre le conflit, les difficultés d'accès croissantes et la forte augmentation de l'insécurité alimentaire. L'accès humanitaire aux zones du nord-ouest (préfectures de l'Ouham et de l'Ouham-Pendé) et du sud-est (préfectures de la Basse-Kotto, du Haut-Mbomou et du Mbomou) est entravé par le conflit actif, le déplacement des lignes de front et la présence d'engins explosifs. Ces mêmes facteurs limitent l'accès aux champs, la mobilité des éleveurs migrants et l'approvisionnement des marchés. La saison des pluies, d'avril à octobre, restreint encore davantage la capacité des organisations humanitaires à acheminer l'aide à grande échelle et à un prix abordable par la route.

L’assistance fournie

Au cours du premier semestre 2021, 1,29 million de personnes ont reçu une assistance alimentaire ou nutritionelle vitale de la part des partenaires humanitaires. Mais l'accès humanitaire reste très restreint, voire impossible, dans plusieurs localités des préfectures de Ouham-Pendé, du Haut-Mbomou, de la Basse-Kotto et de la Ouaka.

Au cours de la saison agricole actuelle, 60 900 ménages en situation d'insécurité alimentaire, soit 305 000 personnes, reçoivent une aide d'urgence pour rétablir les moyens de subsistance agricoles grâce à la distribution de semences et d'outils, au restockage de bétail et à des transferts monétaires.

En juin, la Banque mondiale a approuvé une subvention de 50 millions de dollars US pour stimuler la production alimentaire et renforcer la résilience des éleveurs et d’autres ménages en situation d'insécurité alimentaire. Ce financement apportera un soutien indispensable à plus de 465 000 personnes en situation d'insécurité alimentaire par le biais d'activités de travail contre rémunération, tout en réhabilitant les infrastructures agricoles à petite échelle dans six préfectures de l'ouest, du centre du pays et dans la capitale Bangui.

Investir dans des solutions durables

Les partenaires humanitaires investissent également dans des solutions durables pour la prévention et la gestion de la malnutrition, notamment la promotion d'aliments nutritifs, de bonnes pratiques alimentaires pour les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes et allaitantes, et une réponse multisectorielle liée à la fourniture de services sociaux de base de qualité, notamment l'eau, l'assainissement et l'hygiène, les soins de santé et la protection.

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Brad et Max retrouvent leur famille. ©Plan International/Frédéric Beda, Mbaiki, RCA, 2021.
Brad et Max retrouvent leur famille. ©Plan International/Frédéric Beda, Mbaiki, RCA, 2021.

Après six mois de séparation, Max et Brad ont retrouvé leur famille

En Centrafrique, 2,5 millions de personnes ont besoin de protection, dont 900 000 enfants. Parmi ces derniers, Brad* et Max* respectivement âgés de 13 et 15 ans et habitants de Mbaiki, ville située à 100 km dans le sud de Bangui la capitale. En janvier 2021, ils se sont séparés d’avec leur famille en essayant de fuir les affrontements entre des groupes armés et les Forces armées centrafricaines. « Mon frère et moi avions suivi un groupe de personnes qu’on ne connaissait pas. Nous avons marché pendant deux jours dans la brousse et nous nous sommes retrouvés dans un village proche de Bangui. C’est là que des personnes de bonne volonté nous ont récupéré pour nous accompagner à Bangui », a expliqué Max.

Un drame parmi tant d’autres

Le conflit en Centrafrique a poussé au déplacement plus d’un centrafricain sur quatre. Depuis janvier suite à une flambée de violence, le pays enregistre un niveau de déplacement jamais atteint depuis 2014. Actuellement, 717 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, tandis que 701 000 autres ont trouvé refuge dans les pays voisins.

C’est à travers les activités de sensibilisation qu’organisent les Réseaux communautaires pour la protection de l’enfant (RECOPE) dans le 3ème arrondissement de Bangui que les autorités locales ont remis Brad et Max à l’ONG Plan International pour prise en charge. Les RECOPE comprennent majoritairement des leaders communautaires et abordent entre autres les thèmes relatifs à l’éducation, la santé de la reproduction et les violences basées sur le genre. « Après avoir écouté Brad et Max, nous leur avons fourni un appui multidimensionnel notamment psychosocial et procédé à leur placement en famille d’accueil temporaire à Bangui », explique Amos Namzoka, Gestionnaire des cas à Plan International. Pendant que Brad et Max séjournaient dans une famille d’accueil à Bangui pour leur prise en charge, l'ONG a lancé la recherche familiale en partenariat avec le Ministère des Affaires Sociales afin de retrouver la famille biologique des enfants.

Les retrouvailles

Au cours de ces recherches qui ont duré 3 mois, les agents locaux du Ministère des Affaires sociales ont pu retrouver le lieu où habite la famille biologique des enfants, sur base d’informations et indications que ces derniers leur avaient fournies. Par la suite ils sont pavenus à obtenir le numéro de téléphone des parents qu’ils ont transmis à Plan International. Les parents ont alors été contactés et une rencontre a été organisée avec eux avant la réunification proprement dite. « Lors de cette rencontre, nous nous rassurons que les parents sont prêts à recevoir leurs enfants dans un bref délai, car dans certaines circonstances, ça demande un travail psychologique dans la durée avec la famille », explique Justin Kaseke, Chargé de Protection de l’enfance à Plan International. Suite aux discussions avec la famille, tout était enfin prêt pour les retrouvailles. Sourires jusqu’aux oreilles, Brad et Max ne pouvaient plus attendre longtemps et le 2 août accompagnés par l'ONG, ils retrouvent leurs parents à Mbaiki dans leur concession familiale. Pleurs et rires ont émaillé cet heureux événement. « Imaginez un père qui pensait que ses enfants étaient décédés, et un bon jour on vient lui annoncer qu’ils sont vivants et qu’on va vous les ramener », a témoigné Maka Jasmin le père des deux enfants, les larmes dans la voix. « Je voudrais témoigner toute ma gratitude à Plan International pour la grâce qu’il nous a faite en nous réunifiant avec nos enfants », a conclu Jasmin. 

Entretenir un environnement protecteur

Dans le cadre de son projet « Environnement protecteur pour les enfants, adolescents et les jeunes adultes survivants des différentes formes de violences, y compris les Violences basées sur le genre (VBG) à Bangui » financé par le Fonds Humanitaire pour la RCA, Plan International a réunifié à leurs familles 25 enfants dont 2 dans la ville de Mbaiki et les recherches familiales se poursuivent pour la réunification des 5 autres.  Tous ces enfants se sont séparés d'avec leurs familles suite au conflit. Ce projet a également, entre autres, permis de mettre en place cinq mécanismes communautaires de protection de l’enfant, de prendre en charge une centaine de cas de VBG, d’appuyer en activités génératrices de revenus 90 survivantes de VBG, de délivrer 180 certificats d’actes de naissance aux enfants et d’enrôler plus de 8 600 enfants dans les activités d’appui psychosocial.

*Noms d’emprunt pour la protection des enfants.

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Analyse
Impliquer les personnes handicapées dans la lutte contre la COVID-19
Ella Delphine, 32 ans, sillonnant le quartier Ngaragba, pour sensibiliser les personnes handicapées sur la COVID-19. ©OCHA/Virginie Bero, Bangui, RCA, 2021.

Impliquer les personnes handicapées dans la lutte contre la COVID-19

Sous un soleil ardent, à l’aide d’une béquille, Ella Delphine, âgée de 32 ans, se déplace à travers le quartier de Ngaragba dans la périphérie de Bangui la capitale de la RCA pour sensibiliser ses pairs. Elle a été engagée par l’ONG Humanité et Inclusion (HI) comme agent sensibilisatrice sur la COVID-19. Son activité cible les personnes handicapées résidant dans le 7ème arrondissement de Bangui. Cette catégorie sociale apparait comme l’une des « oubliées » lorsqu’il s’agit des activités de lutte contre cette pandémie. La RCA est l’un des pays les moins préparés à faire face à la pandémie de COVID-19. Le pays compte à ce jour 11 342 cas dont 100 décès. 140 492 personnes ont été vaccinées contre la COVID-19 au 15 septembre 2021.

« J’aime bien aller auprès des personnes handicapées comme moi afin de leur parler du coronavirus. Dans le secteur où je vis, ces personnes sont oubliées lors de ces activités. Certaines ne peuvent pas se déplacer pour se rendre dans les lieux où se déroulent les activités à cause de leur mobilité réduite. L’initiative de HI m’a permis de me rapprocher de ces personnes afin de les sensibiliser à mieux se protéger de la COVID-19 », confie fièrement Ella.

Ressentir l’affection de la communauté

A part les messages radiophoniques, pour accéder aux activités traditionnelles de prévention de la COVID-19, que ce soit des sensibilisations de masse ou affichage des messages, il faut se rendre sur le lieu et ensuite parfois se frayer un chemin pour voir ce qui se passe. Pour les personnes handicapées comme Bienvenu, âgé de 27 ans, ne pas avoir la capacité de participer est source de beaucoup de frustration suite à l’exclusion dont il se sent victime. Pourtant en général, lorsqu’on voit et entend les messages diffusés, on en retient 50%. « J’ai perdu l’usage de mes jambes lors d’un accident de circulation. Je me déplace à l’aide d’un tricycle ; ce qui parait difficile pour moi d’accéder à plusieurs activités dans le quartier », explique Bienvenu. « Je me sentais marginalisé, mais grâce aux activités de HI, Ella m’a redonné un espoir. Je sais que nous les personnes handicapées ne sommes pas oubliées », fait remarquer Bienvenu, assis dans son tricycle.

Au total, 10 organisations des personnes handicapées, parmi lesquelles celles des sourds muets, ont reçu l’appui de l’ONG HI, dans l’objectif d’organiser à leur tour des séances de sensibilisation de leurs pairs contre cette pandémie. Elles ont reçu la formation sur les techniques de sensibilisation et sont dotées d’équipements comme la boite à image, le gilet de visibilité, les imperméables pour se protéger en cas d’intempéries. La boîte à images a été filmée en langage de signes et enregistrée sur une tablette numérique pour la sensibilisation des personnes sourdes et muettes. Elle sert d’outil interactif lors des activités de sensibilisation. La même boîte à image a été jouée par une troupe théâtrale et le son enregistré dans un studio pour sensibiliser les personnes ayant une déficience visuelle. Les agents sensibilisateurs de cette dernière catégorie de personnes sont également dotés d’un portable et d’une clé USB avec le son audio.

HI a ainsi pu atteindre certaines zones reculées de Bangui et d’autres régions du pays où cette organisation intervient dans la préfecture de l’Ombella M’Poko, Mbomou et la Ouaka. A travers la sensibilisation, les personnes handicapées, qui menaient des activités individuellement, se sont mises en association afin de travailler collectivement et avoir plus d’impact sur divers sujets de plaidoyer pour leur inclusion. Lancé au mois de janvier 2021 avec l’appui du Centre de crise et soutien (CDCS), ce projet a permis à HI d’informer environ 30 000   personnes handicapées sur la prévention de la COVID-19 dans les huit arrondissements de Bangui. En 2020, le Fonds Humanitaire pour la RCA avait ciblé des activités spécifiques ayant bénéficié à 53 000 personnes handicapées.

Des défis à relever  

Moins que le genre, le handicap ne bénéficie pas encore d’une prise en compte systématique, mais des progrès sont impulsés en Centrafrique, notamment avec le groupe de travail Redevabilité envers les personnes affectées. A travers des réunions hebdomadaires avec l’Organisation nationale des personnes handicapées (ONAPHA), les différentes associations, dont l’Association des personnes handicapées vivant avec VIH/Sida à laquelle Ella et Bienvenu appartiennent, se réunissent chaque semaine. Lors de ces rencontres, elles font le bilan de leurs différents programmes et partagent les difficultés d’inclusion, afin que d’éventuelles solutions y soient trouvées. Le projet de HI est une des solutions aux différents problèmes rencontrés par les personnes handicapées, mais plusieurs aspects liés à l’inclusion méritent encore attention.

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Contexte
Distribution de vivres à Ndim aux personnes ayant fui la crise actuelle. ©OCHA/Odilon Nzango, Ndim, Préfecture de l'Ouham-Pendé, RCA, juillet 2021.
Distribution de vivres à Ndim aux personnes ayant fui la crise actuelle. ©OCHA/Odilon Nzango, Ndim, Préfecture de l'Ouham-Pendé, RCA, juillet 2021.

Les conflits déplacent des dizaines de milliers dans l'Ouham et l'Ouham-Pendé

Les affrontements entre les groupes armés et les Forces armées centrafricaines, appuyées par les forces bilatérales, le long de la frontière nord-ouest de la Centrafrique ont contraint plusieurs dizaines de milliers de personnes. Leurs conditions de vie déjà précaires se sont encore détériorées et les besoins fondamentaux en matière de protection, d'eau, de nourriture et de soins de santé continuent d'augmenter, dans une région où 80% de la population avait déjà besoin d'une aide humanitaire avant les troubles actuels.

La situation à la frontière entre la République centrafricaine, le Tchad et le Cameroun reste volatile et plusieurs sous-préfectures sont touchées, notamment Koui, Ngaoundaye, Paoua, Markounda, Batangafo et Kabo. Les civils font des allers-retours entre les lieux de refuge – la brousse, les villages voisins et les villes de l'autre côté de la frontière – et leurs maisons et champs, dans le souci constant de protéger leur vie et leurs moyens de subsistance.

Les actes de violence contre les civils, notamment les agressions physiques, les pillages, les violences sexuelles et basées sur le genre, et les vols sont très répandus, tout comme les attaques contre les infrastructures civiles, telles que les écoles et les hôpitaux, ainsi que contre les travailleurs humanitaires.

Une augmentation significative de la violence sexuelle et basée sur le genre vise les femmes et les filles, en particulier dans les champs, les forêts et en route, ce qui souligne le risque auquel elles sont confrontées dans leurs tâches quotidiennes et l'agriculture. Une analyse faite au mois de mai met en évidence la crise de protection des femmes et des filles à Markounda, où près de 60% des 86 cas de violences basées sur le genre enregistrées étaient des viols, dont 92% ont été commis par des hommes armés.

Restrictions d'accès

L'insécurité qui règne dans la région frontalière du nord-ouest restreint considérablement l'accès des humanitaires aux personnes les plus vulnérables, notamment les personnes âgées, les familles monoparentales et les personnes en situation d’handicap. Le risque d'attaques des groupes armés et les taux de criminalité sont élevés. En juin 2021, les préfectures de l'Ouham et de l'Ouham-Pendé ont été les plus touchées par les incidents contre les humanitaires avec respectivement 11 et 6 incidents. Un civil a été tué et trois autres blessés, dont un humanitaire, dans une embuscade lors du transfert de patients vers une structure médicale soutenue par Médecins sans frontières (MSF) à Batangafo. Comme il s'agissait du troisième incident de ce type en quelques semaines, MSF a suspendu l'assistance médicale sur ces axes. Les camions à destination de Bocaranga et Ndim, qui livrent de la nourriture pour le compte du Programme alimentaire mondial (PAM), ont été bloqués en raison du risque persistant d'attaques.

La menace accrue d'engins explosifs depuis avril et les restrictions d'accès physique telles que l'effondrement de ponts et les routes impraticables pendant la saison des pluies actuelle compliquent encore l'accès humanitaire.

Une assistance dans les zones difficiles d'accès

Dans le cadre d'une intervention d'urgence, le 21 juin, le HCR, l'UNICEF, le PAM, OCHA et l'ONG Action contre la faim ont acheminé par la voie aérienne un approvisionnement d’un mois de médicament et intrants nutritionnels pour 10 000 personnes à Bang et Ngaoundaye dans l'Ouham-Pendé, grâce à la disponibilité d'un hélicoptère du Service aérien humanitaire des Nations Unies (UNHAS). Du savon, des produits d'hygiène et des comprimés de purification de l'eau ont également été distribués, notamment aux femmes enceintes, celles qui allaitent et aux jeunes filles.

A la mi-juin, deux rotations d'hélicoptères opérées par des partenaires humanitaires vers Bocaranga ont permis d’assister 1 000 familles déplacées et de distribuer 1,3 tonnes de pastilles de traitement d’eau, des produits d'hygiène, des médicaments, des intrants nutritionnels et des kits de prophylaxie post-exposition pour 25 survivants de violences sexuelles. Ces vols ont également permis à une organisation internationale de réaliser une évaluation des besoins à Ndim, qui a révélé des besoins criants en matière de protection, d'eau, de nourriture et de soins de santé. La mission de maintien de la paix des Nations Unies, la MINUSCA, a facilité les vols humanitaires en fournissant du carburant et en sécurisant les pistes d'atterrissage.

Malgré l'insécurité, les 8 et 13 juillet, le HCR et l’OIM ont distribué des articles ménagers essentiels et des produits d'hygiène à 600 familles retournées, qui ont fui les affrontements à Bélé et Gangan sur deux axes périphériques de Paoua.

Déplacements continus

A Kabo et Sido dans l'Ouham, près de 21 000 personnes ont été nouvellement déplacées entre fin avril et juin. Quelque 36 000 personnes nouvellement et précédemment déplacées ont pu bénéficier de l'aide alimentaire du PAM dans ces deux localités à la fin juin. Les humanitaires, qui s'occupent des patients à l'hôpital local soutenu par MSF, orientent les survivants de violences sexuelles et basées sur le genre vers des soins médicaux et surveillent et enregistrent les incidents de protection. Plus de 302 000 personnes ont besoin d'une assistance humanitaire dans la région, ce qui fait de l'Ouham la deuxième préfecture qui compte le plus grand nombre de personnes dans le besoin d’aide en 2021. Parmi elles, 83 000 personnes sont en situation d'insécurité alimentaire aiguë sévère.

En juin, on estime à 30 000 le nombre des personnes déplacées dans les sous-préfectures de Ngaoundaye, Bocaranga et Koui suites aux opérations militaires en cours depuis mars et des affrontements à la frontière avec le Tchad fin mai. En plus de l'assistance fournie en juin par la voie aérienne, les partenaires humanitaires continuent de se mobiliser afin de fournir de la nourriture et des articles ménagers de base aux plus vulnérables, améliorer l'approvisionnement en eau et fournir à l'hôpital des médicaments. Les acteurs humanitaires ont intensifié le prépositionnement de nourriture, de médicaments, d’intrants nutritionnels et des articles de première nécessité. L'accès à l'eau reste également une préoccupation majeure à Ngaoundaye, où moins de la moitié des 17 forages de la ville sont fonctionnels et la consommation d'eau insalubre met la santé de la population en danger.

L'insécurité qui règne dans tout le nord-ouest limite considérablement la liberté de mouvement des populations, ainsi que leur capacité à se procurer une alimentation suffisante et équilibrée à travers l'agriculture, la chasse, le commerce et les achats. Les habitants de Ndim ne peuvent pas aller au-delà d’un périmètre de cinq kilomètres de la ville par peur des attaques et des exactions – une situation caractéristique de nombreuses villes de la région. En conséquence, les prix des denrées alimentaires ont fortement augmenté à Bocaranga, Paoua, Markounda et Kabo à la mi-juin par rapport à mai – jusqu'à 75% pour le maïs – en raison des difficultés d'approvisionnement dans une région où quatre sous-préfectures sur cinq avaient déjà atteint la phase d'urgence de l'insécurité alimentaire en mai.

Pour améliorer la sécurité alimentaire là où l'accès aux champs est possible, l'ONG OXFAM a distribué à la mi-juillet des semences et des outils à 300 familles à Pougol, Nzéréké et Benamkor près de Paoua. Chaque famille d'agriculteurs a reçu 18 kg de niébé et 1 kg de sésame, ainsi que des bâches, des récipients et des sacs pour conserver leur récolte. Pour accompagner ces agriculteurs, 20 membres de la communauté ont été formés sur les spécificités de ces plantes pour maximiser les récoltes.

La sécurité alimentaire dans le nord-ouest risque de se détériorer davantage pendant cette période de soudure, si l'insécurité et les restrictions d'accès persistent.

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Réponse d'urgence
Des déplacés dans l'enceinte de la mosquée à Bambari, Préfecture de la Ouaka. ©HCR/Hyppolyte Togogo, RCA, juin 2021.
Des déplacés dans l'enceinte de la mosquée à Bambari, Préfecture de la Ouaka. ©HCR/Hyppolyte Togogo, RCA, juin 2021.

8 500 déplacés forcés de quitter le site Elevage à Bambari

Plus de 8 500 personnes qui étaient hébergées sur le site des déplacés Elevage à Bambari dans la Préfecture de la Ouaka au centre du pays, majoritairement Peulhs, ont été forcées de se déplacer encore une fois vers des quartiers de la ville. Ce déplacement fait suite aux menaces proférées contre les déplacés le 4 juin par des hommes en armes, suivies de graves violations du droit international humanitaire. Deux jours plus tard, le site a été totalement consumé dans un incendie dont les circonstances restent encore à élucider. Craignant pour leur sécurité, une partie des habitants de Mbiande et Kombélé, villages situés à 20 km de Bambari sur l’axe Bambari-Ippy se sont également déplacés vers Mbagolo à la même période. 5 900 de ces déplacés vivent dans une forte promiscuité dans l’enceinte de la mosquée de la ville et plus de 2 000 autres dans des familles d’accueil selon le dénombrement du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Réponse aux besoins urgents

Une mission d’évaluation rapide des besoins conduite le 7 juin conjointement par OCHA, HCR, PAM, Triangle (TGH), INTERSOS, ACTED, COOPI, et PARET a constaté des besoins urgents dans les zones de déplacement en eau, abris d’urgence et articles ménagers essentiels, vivres, éducation et protection. Le même jour, une organisation internationale a commencé la distribution d’eau aux déplacés qui ont pris refugie à la mosquée et ses environs, ainsi qu’aux communautés hôtes. La quantité distribuée quotidiennement atteint actuellement les 40 000 litres. Les ONG MSF et TGH ont mis en place 9 latrines additionnelles à la mosquée qui en comptait déjà trois, et fournissent des produits désinfectants et dispositifs de lavage de mains. MSF s’occupe également de l’assainissement du site de la mosquée en évacuant les ordures vers un site identifié par les autorités. L’ONG COOPI avec l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué le 9 juin 8,9 tonnes de biscuits énergétiques représentant une ration de trois jours pour plus de 8 500 personnes, distribution ultérieurement complétée par celle des coupons alimentaires pour une ration d’un mois couvrant l’ensemble des déplacés. Plus de 400 enfants ont également reçu de l’agence des Nations Unies des suppléments alimentaires. L’ensemble de déplacés de la Mosquée ont reçu des biens non alimentaires du HCR composés notamment de bâches, moustiquaires, ustensiles de cuisine et savons. Pour la prise en charge sanitaire des déplacés, MSF a relocalisé vers la mosquée son point de traitement du paludisme qu’il tenait déjà sur le site Elevage incendié. IMC et MSF gardent également leurs appuis habituels aux structures sanitaires de la ville où les déplacés peuvent accéder gratuitement aux soins. En réponse aux cas suspects de rougeole qui s’étaient déclarés dans le site de la mosquée et un cas confirmé dans les environs, MSF a vacciné à partir du 25 juin plus de 2 380 enfants âgés de 6 mois à 15 ans. L’école qui fonctionnait sur le site de déplacés et celle se trouvant dans l’enceinte de la mosquée ne fonctionnent plus, la première ayant été brûlée et les élèves déplacés, tandis que la deuxième sert de refuge aux déplacés, affectant plus de 800 élèves. En réponse, l’Inspection académique locale et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont réorienté la majorité d’élèves vers les écoles les plus proches où ils passent actuellement les examens de fins d’année scolaire. Les ONG APADE et JRS leur ont distribué des fournitures scolaires, ainsi qu’aux autres élèves d’écoles d’accueil, soit près de 2 700 personnes. Toutefois, des cas de déperdition scolaires ont été constatés mais leur ampleur reste à déterminer.

La Coordonnatrice Humanitaire a alloué le 11 juin 12 millions de dollars américains du Fonds Humanitaire pour couvrir les besoins prioritaires dans les zones à forte vulnérabilité et où la résurgence de la violence a exacerbé les besoins humanitaires et de protection. Ce financement couvre également Bambari dans la gestion des sites des déplacés et la fourniture des biens non alimentaires.

La protection demeure la plus grande préoccupation

En même temps que les déplacés ont besoin d’assistance, leur protection demeure source d’inquiétudes. Certains se sentent menacés d’attaques, rendant des familles d’accueil moins enclines à leur offrir un toit. L’ONG INTERSOS mène des activités de suivi de la protection à la mosquée et dans les quartiers d’accueil des déplacés, tandis que MercyCorps y met en place des activités de prévention des violences basées sur le genre (VBG). Dans le cadre de son projet de lutte contre les VBG et de promotion de la santé de reproduction, l’ONG AID avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a distribué des kits de dignité à 100 femmes vulnérables. Ils sont composés notamment de serviettes, seaux, savons et pagnes. Avec l’appui de l’UNICEF, l’ONG Espérance met en place des espaces Amis des enfants mobiles qui fournissent des services ludiques d’appui psychosocial aux enfants et sensibilise leurs parents sur la protection.

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Rapport de situation
Coordination
Des volontaires de la Croix-Rouge Centrafricaine préparés à agir en cas de catastrophe
Une vue des participants en travaux de groupe. ©OCHA/Alban M'Boligassihe, Bangui, RCA, 2021.

Des volontaires de la Croix-Rouge Centrafricaine préparés à agir en cas de catastrophe

Chaque année pendant saison pluvieuse, la République centrafricaine connaît des séries d’inondations. Dans la capitale Bangui, cette catastrophe naturelle touche particulièrement les arrondissements qui se trouvent tout le long de la rivière Oubangui. En 2019, ces inondations ont causé d’importants dégâts matériels et déplacé environ 100 000 personnes. 10 000 maisons ont été détruites et plus 500 puits et 1 500 latrines inondés. De nombreuses infrastructures et d’importantes surfaces agricoles ont été endommagées dans 8 préfectures du pays y compris à Bangui. Cette catastrophe a fragilisé davantage la situation humanitaire déjà déplorable et entrainé des besoins supplémentaires. Les humanitaires avaient apporté une assistance multisectorielle aux personnes affectées, notamment en abris d’urgence, vivres et eau, hygiène et assainissement.

Tirer les leçons de l’expérience passée

Les impacts considérables des inondations survenues ont mis en exergue des problèmes de coordination en matière de standardisation des données fournies par divers acteurs, le manque de personnes formées aux évaluations post-catastrophe naturelle, ainsi que de lignes directrices claires des évaluations. Le manque d’une plateforme commune de stockage/gestion des données, y compris la cartographie était également une des faiblesses.

En réponse, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), en collaboration avec l’ONG REACH et la Fédération internationale de la Croix Rouge, a renforcé du 29 juin au 3 juillet les capacités de 20 volontaires de la Croix-Rouge nationale et de la Direction générale de la protection civile sur l’évaluation post catastrophe naturelle. En Centrafrique, ces volontaires sont considérés comme des premiers répondants communautaires dans diverses situations de détresse, notamment les catastrophes naturelles, et disposent d’une excellente connaissance du contexte local.

Les participants ont notamment abordé le bien-fondé de la méthodologie et des résultats lors d’une évaluation humanitaire, l’élaboration du questionnaire et les principes directeurs de l’action humanitaire. Par la suite, les participants se familiariseront à l’usage du guide pour les enquêteurs et la collecte simplifiée des données sur une fiche dédiée, avant d’utiliser l’application « Kobo collect »’ installée dans chacune des 20 tablettes que REACH leur a remis à la fin de la formation.

Pour une meilleure préparation

En appui aux autorités dans leur mission première d’assurer le bien-être de la population, OCHA a appuyé en 2020 une étude réalisée par l’ONG RACH sur la susceptibilité face aux inondations dans des zones habitées. Ses conclusions avaient alors été partagées avec les autorités, notamment la cartographie des zones les plus vulnérables.  

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Rapport de situation
Article principal
Le Ministre de la Santé Pierre Somse se fait vacciner lors de la cérémonie de lancement de la campagne nationale de vaccination contre la COVID-19 dans la capitale Bangui. ©MINISTERE DE LA SANTE/Jean-Louis DA, Bangui, CAR, 2021.
Le Ministre de la Santé Pierre Somse se fait vacciner lors de la cérémonie de lancement de la campagne nationale de vaccination contre la COVID-19 dans la capitale Bangui. ©MINISTERE DE LA SANTE/Jean-Louis DA, Bangui, CAR, 2021.

Lancement de la campagne de vaccination contre la COVID-19

Le gouvernement centrafricain a lancé le 20 mai 2021 la campagne de vaccination contre la COVID-19 avec l’appui des partenaires, notamment l'OMS, l'UNICEF et GAVI. La campagne a commencé par la vaccination symbolique des membres du gouvernement et des agents de santé. Le premier lot de doses a couvert dans un premier temps le personnel de santé de première ligne et les personnes vulnérables âgées de 50 ans et plus, et s'est ensuite étendu aux leaders religieux, relais communautaires, commerçants, transporteurs et journalistes. Le ministère de la Santé a indiqué que 140 492 personnes ont été vaccinées au 15 septembre. Le pays bénéficie du déploiement mondial de vaccins à travers la facilité COVAX, avec au moins 372 000 doses, selon les dernières prévisions de distribution, en plus des dons bilatéraux annoncés. Le 6 juillet, la République centrafricaine (RCA) a reçu 150 000 doses de vaccin Sinovac à travers le soutien bilatéral du gouvernement chinois.

Le 21 avril 2021, les Nations Unies ont lancé une campagne de vaccination pour son personnel et le personnel des ONG internationales éligibles partenaires en RCA dans le cadre de son devoir de diligence. Jusqu'au 23 août, 19 454 personnes ont été vaccinées.

Réponse à la deuxième vague

A la veille du lancement de la campagne, le président Touadéra a annoncé le 19 mai qu'une urgence de santé publique serait déclarée et un certain nombre de mesures prises pour intensifier les efforts visant à contenir la deuxième vague de COVID-19, qui frappe le pays depuis la mi-mars. Des mesures barrière plus strictes dans les lieux de rassemblement tels que les restaurants, les bars, les lieux de culte, les mariages, les funérailles et les transports en commun seraient annoncées, ainsi que leur renforcement plus rigoureux. 

Au 15 septembre 2021, le ministère de la Santé avait enregistré 11 342* cas de COVID-19, dont 100 décès. Au cours des quatre premiers mois de 2021, six fois plus de cas ont été confirmés qu'au cours des quatre derniers mois de 2020 - 1 571 cas contre 259 - et le nombre de morts a augmenté de 44%, passant de 63 à 91. L'aggravation de l'épidémie concerne tout le pays. Plusieurs villes précédemment épargnées ont également signalé des cas, notamment Kabo (préfecture de l'Ouham), Kouango (Ouaka), Bangassou (Mbomou), Ndélé (Bamingui-Bangoran), Birao (Vakaga) et Obo (Haut-Mbomou). Au-delà des zones urbaines, la COVID-19 se propage profondément dans les villages.

Un environnement favorable 

Une enquête récente menée par l'ONG Ground Truth Solutions a indiqué que les centrafricains sont prêts à se faire vacciner contre la COVID-19 et pensent que le vaccin aidera à éradiquer le virus, mlgré un certain scepticisme et des informations erronées qui persistent. Les partenaires humanitaires et de développement soutiennent le Ministère de la santé dans l'élaboration d'une campagne de communication pour informer et encourager la population à se faire vacciner et lutter contre la propagation de fausses informations sur le vaccin.  

Des défis à tous les fronts 

La Centrafrique sort d’une année au cours de laquelle les besoins humanitaires ont exponentiellement augmenté. Jamais au cours des cinq dernières années il n'y a eu autant de personnes dans le besoin aigu qu'aujourd'hui. La pandémie a frappé un pays déjà ravagé par des décennies de conflit armé et de sous-développement. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la République centrafricaine était parmi les pays les moins préparés à faire face à la pandémie. Une série de facteurs aggravants rendent le pays à la fois vulnérable et la réponse à la pandémie difficile.  Tout d'abord, le système de santé fonctionne à peine, en raison d'une pénurie chronique de personnel de santé qualifié, d'équipements médicaux et de médicaments de base. 70% des services de santé sont fournis par des organisations humanitaires et plus de 2,5 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin d'une assistance sanitaire. Un Centrafricain sur quatre doit marcher pendant plus d'une heure pour atteindre la clinique la plus proche et, pour beaucoup, les factures des consultations et des médicaments sont inabordables. Seul un Centrafricain sur trois a accès à l'eau potable, à des toilettes et à une douche. Et pour beaucoup, le savon est un produit de luxe. L'accès à l'eau et à l'assainissement est particulièrement problématique sur les nombreux sites où vivent 204 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI), souvent dans des abris de fortune surpeuplés où la distance physique n'est pas praticable. L’approvisionnement en équipements de protection et dispositifs médicaux pour diagnostiquer et traiter les patients atteints de la COVID-19 avait posé un sérieux problème, en particulier au début de la pandémie. L'insuffisance des infrastructures routières et la saison des pluies qui dure six mois perturbent les chaînes d'approvisionnement dans une majeure partie du pays. L'insécurité entrave davantage l'accès aux services et la possibilité pour les humanitaires d'atteindre les personnes ayant besoin d'assistance. Le manque cruel d'infrastructures de la chaîne du froid entrave encore davantage l'approvisionnement en médicaments dans tout le pays.

Une réponse humanitaire sans précédent

Face à ces défis sur tous les fronts, les organisations humanitaires et les acteurs du développement avaient intensifié leur soutien au Ministère de la santé depuis mars 2020 pour apporter une réponse globale et décentralisée, et pour renforcer le système de santé publique et l'accès à l'eau et à l'assainissement. Près d'un tiers du budget de 553,6 millions de dollars alloué à l'assistance humanitaire en 2020 a été consacré à la réponse à la COVID-19.

Ainsi, les partenaires humanitaires ont amélioré l'accès aux soins de santé pour plus de 938 000 personnes et l'accès à l'eau et à l'assainissement pour 770 000 personnes, dont de nombreuses personnes déplacées. Pour atténuer les effets de la pandémie sur la sécurité alimentaire, les organisations humanitaires ont procédé en 2020 à des distributions de nourriture pour 900 000 personnes vulnérables et le soutien agricole a aidé 170 000 agriculteurs à produire leur propre nourriture et à augmenter leurs revenus.

Adapter les modalités d’assistance

Les interventions en espèces sont devenues une modalité d'assistance privilégiée qui évite les grandes foules et offre un espace plus sûr pour l'assistance humanitaire en période de pandémie. Avec 48 % de bénéficiaires supplémentaires atteints en 2020 par rapport à l'année précédente, l'assistance en espèces a connu une forte augmentation. Plus de 375 000 personnes ont reçu 11,6 millions de dollars pour une assistance multisectorielle liée à la COVID, en espèces ou en bons d'achat, avant tout pour améliorer l’accès à l’eau et l’hygiène.

* Compte tenu des capacités de test limitées, la stratégie de diagnostic du gouvernement, depuis juillet 2020 limite les tests aux cas suspects et aux personnes à risque. Ainsi, le nombre de cas confirmés de COVID-19 doit être interprété avec prudence. A titre d'illustration, seules 65 117 personnes ont été testées au 15 septembre 2021.

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Rapport de situation
Article principal
Un casque bleu analyse un lieu où des engins explosifs ont été trouvés en Avril sur la route Bocaranga-Bouar dans l'ouest. ©MINUSCA, Centrafrique, 2021
Un casque bleu analyse un lieu où des engins explosifs ont été trouvés en Avril sur la route Bocaranga-Bouar dans l'ouest. ©MINUSCA, Centrafrique, 2021

La menace croissante des engins explosifs

Les accidents impliquant des munitions explosives ont pris des proportions croissantes depuis la mi-avril 2021, en particulier dans l'ouest de la République centrafricaine, une région où le conflit s'est intensifié.

Une accumulation alarmante

Le 22 juin, quatre personnes ont été tuées par la détonation d'un engin explosif entre les villages de Garba et Bakari, à 115 km de Bouar dans la préfecture de la Nana-Mambéré. Le 20 juin, un éleveur et plusieurs de ses bétails ont été tués par la détonation d'un engin à l'ouest d'Amada-Gaza dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï, et le 12 juin, trois personnes auraient été tuées dans la région frontalière avec le Tchad dans la préfecture de l’Ouham Pendé.

Craignant pour leur sécurité, les habitants de Nguia au sud-ouest de Bouar dans la Nana-Mambéré, estimés à un millier de personnes, ont fui vers le Cameroun après l'explosion d'un engin dans leur village le 28 mai. Depuis cet incident, le village est inaccessible par la route en raison de la menace présumée d'autres engins explosifs. La veille, le 27 mai, cinq membres d'une équipe conjointe des Forces de sécurité intérieure, de l'armée nationale et des forces bilatérales ont été tués et cinq autres blessés lorsque leurs véhicules ont heurté un engin explosif en bord de route près de Bondiba à une centaine de kilomètres de Bouar sur l'axe Abba - Baboua. Et le 26 mai, deux soldats de la paix des Nations Unies ont été légèrement blessés mais leur véhicule blindé a été lourdement endommagé en heurtant un engin explosif lors d'une patrouille dans le village de Kiamoni, près de la frontière camerounaise dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï.

Entre le 20 avril et le 16 mai 2021, des engins explosifs ont tué au moins 11 personnes, dont huit civils, et en ont blessé quatre dans cinq accidents, seulement dans la préfecture de la Nana-Mambéré.

Sans distinction

Les victimes sont diverses : une famille, des marchands, des éléments armés, des soldats de la paix des Nations Unies et un prêtre. Les engins explosifs qui explosent en raison de la présence, de la proximité ou du contact d'une personne ne peuvent pas faire la distinction entre les civils et les combattants, ce qui soulève d'importantes préoccupations concernant les principes de distinction et de proportionnalité en vertu du droit international humanitaire.

Des incidents impliquant des engins explosifs ont également été signalés dans d'autres régions de la République centrafricaine. Toutefois, le principal foyer de la récente accumulation reste l'ouest, notamment la Nana-Mambéré, la Mambéré-Kadéï et l’Ouham Pendé à la frontière avec le Cameroun.

En juillet 2020, l'utilisation présumée de mines antichars a été signalée pour la première fois dans le pays depuis la création de la mission de maintien de la paix, la MINUSCA, en 2014. L'un des dispositifs suspectés a endommagé un char de la MINUSCA près de la frontière avec le Cameroun. Depuis, après un calme relatif entre juillet 2020 et avril 2021, le problème a pris des dimensions dangereuses avec de graves conséquences pour les civils.

Restriction de l’accès humanitaire et des activités socio-économiques

La présence présumée d'engins explosifs limite gravement l'accès humanitaire aux personnes vulnérables dans un contexte déjà marqué par des restrictions d'accès en raison de conflits armés et de contraintes physiques. Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime que plus de 50 000 personnes dans la Nana-Mambéré ont un besoin criant d'eau, d'assainissement et d'abris, plus de 1 500 enfants malnutris attendent de recevoir des compléments alimentaires et 5 800 autres ont besoin de vaccination mais ne peuvent être atteints en raison de la menace que représentent des engins explosifs présumés. Plusieurs axes dans les préfectures de la Nana-Mambéré, la Mambéré-Kadéï et l’Ouham Pendé ont été considérés comme à haut risque en raison de la présence présumée d'engins explosifs et restent pratiquement impraticables pour les humanitaires et les civils, notamment entre Bouar et Ngaounday, Abba et Baboua et dans la zone d'Amada-Gaza.

Les villes et villages situés dans les zones où l'on soupçonne la présence d'engins explosifs risquent d'être coupés de la nourriture et des autres fournitures, du commerce, des patrouilles de sécurité et de l'assistance humanitaire. Les engins explosifs limitent également l'accès des populations aux champs en cette période de plantation, aux lieux de travail et de revenus, ainsi qu’aux services essentiels tels que les soins de santé et l'éducation.

Assistance d'urgence par voie aérienne

Contournant les restrictions d'accès, OCHA et les partenaires humanitaires ont livré à la mi-juin une assistance d’urgence par hélicoptère à Nguia-Bouar. Environ 1,5 tonne de médicaments, de suppléments nutritionnels, de produits d'hygiène et de nourriture sont parvenus à 1 000 villageois, dont près de 400 personnes déplacées, pour satisfaire les besoins les plus urgents et réapprovisionner le centre de santé. Comme si la menace de munitions explosives présumées ne suffisait pas, Nguia a été encore plus isolé par des affrontements entre groupes armés et forces militaires. Des missions héliportées similaires sont planifiées dans la région dans les semaines à venir.

Protéger les civils et les travailleurs humanitaires

En mai, des équipes de neutralisation des explosifs et munitions de la MINUSCA ont surveillé et déblayé l'axe Baboua – Bondiba – Nguia-Bouar parallèle à la frontière camerounaise et d'autres zones suspectées d'être dangereuses le long de l'axe entre Bouar et Bocaranga – un processus lent et dangereux. Le Service de l'action antimine des Nations Unies (UNMAS) a formé aux risques des munitions explosives près de 500 membres du personnel des Nations Unies et des ONG à Bouar, Paoua et Bangui. L'UNMAS et la MINUSCA renforcent leurs capacités au cours des prochains mois pour mieux répondre à la menace.

Des fonds supplémentaires sont maintenant nécessaires de toute urgence pour reprendre l'éducation aux risques pour les femmes, les hommes et les enfants dans les régions touchées. Le Cluster Protection plaide pour la reprise de l'éducation au risque des mines pour la population; une activité que des ONG ont menée entre 2014 et 2018 en Centrafrique.

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Réponse d'urgence
Une pylône électrique tombée dans le village de Danzi lors des pluies torrentielles le 23 avril 2021. ©Droits tiers, Danzi, RCA, 2021.
Une pylône électrique tombée dans le village de Danzi lors des pluies torrentielles le 23 avril 2021. ©Droits tiers, Danzi, RCA, 2021.

De graves intempéries ont plongé Bangui dans le noir pendant des semaines

Cinquante maisons se sont effondrées et quatre-vingt ont connu des dommages importants le 23 avril 2021 dans les villages de Kodozilo et Danzi, à 20 km au nord de la capitale Bangui, lors d'une tempête accompagnée de fortes pluies. Plus de 130 familles ont été affectées par les conditions météorologiques sévères et cinq personnes ont été blessées dans les maisons qui se sont effondrées ou par les débris emportés par les vents violents. Les stocks de nourriture et les semences qui auraient dû être plantés dans les prochaines semaines ont également été détruits.

A peine commencée, la saison pluvieuse a déjà durement frappé la République centrafricaine. Les pluies torrentielles du 23 avril n'ont pas seulement affecté les habitants de Kodozilo et Danzi, mais ont aussi plongé toute la capitale dans le noir pendant des semaines et ont fait de l'eau un bien encore plus rare dans un pays où seule une personne sur trois a accès à l’eau potable. La tempête a endommagé plusieurs pylônes électriques à Danzi, qui font partie de l'infrastructure fournissant de l'électricité depuis la centrale de Boali jusqu'à Bangui, situé à 50 kilomètres.

Plus fréquents et plus graves

Les risques naturels se transformant en catastrophes sont de plus en plus fréquents et sévères en Centrafrique. En octobre 2019, près de 100 000 personnes étaient affectées par des inondations, dont 33 000 à Bangui, ville construite sur les rives du fleuve Oubangui. Les humanitaires ont fourni une aide multisectorielle d'urgence et la plupart des déplacés ont pu rentrer chez eux. En 2020, 22 000 personnes ont été touchées par des inondations dans huit préfectures et dans la capitale.

Dans le noir et au sec

Les dommages subis par les pylônes électriques n'ont pas pu être immédiatement réparés. Le fournisseur d'électricité Energie centrafricaine (ENERCA) a annoncé que l'alimentation en électricité de Bangui et de la ville voisine de Bimbo serait interrompue pendant au moins dix jours. L'électricité a toujours été un bien rare à Bangui et dans le pays, seulement 32% de la population ayant accès à l’électricité. Les habitants de la plupart des quartiers de la capitale sont habitués à recevoir l’électricité quelques heures par jour, avec des interruptions prolongées à cause des pannes récurrentes, d'autres ne sont pas du tout connectés au réseau ou les coûts de l'électricité restent prohibitifs, et les gens ont appris à vivre avec.

Conséquences sur les formations sanitaires

L'électricité et l'eau sont loin d'être des produits de luxe dans le secteur de la santé. La panne d'électricité a donc eu de graves conséquences sur le fonctionnement des établissements de santé dans la capitale et à Bimbo, bien que l'ENERCA ait mis en place un système de secours avec des générateurs à combustible pour les services essentiels, notamment les hôpitaux et la communication. L'approvisionnement en électricité de 75% des principaux hôpitaux et centres de santé – 12 des 16 structures sanitaires – a été complètement interrompu ou a connu des coupures régulières, faute de carburant ou de générateurs en état de marche. L'approvisionnement en eau de la ville a également été interrompu en raison de la dépendance à l'électricité pour le traitement et la distribution de l'eau. Plus de la moitié des 16 principaux établissements de santé de Bangui et de Bimbo – neuf des 16 formations sanitaires – ont vu leur approvisionnement en eau interrompu, ce qui a eu des répercussions notamment sur l'hygiène. La pénurie d'eau a asséché des quartiers entiers pendant plusieurs jours.

Une réponse humanitaire rapide

L'Agence nationale de l'eau et de l'assainissement est intervenue et a distribué de l'eau dans les quartiers avec des camions. Les partenaires humanitaires qui soutiennent régulièrement les principaux hôpitaux de Bangui et de Bimbo ont réagi immédiatement et ont réparé les générateurs et fourni du carburant supplémentaire, parvenant ainsi à maintenir le fonctionnement des services de santé essentiels. La Banque mondiale s'est engagée à fournir des générateurs pour assurer la continuité de la gestion des cas COVID-19 dans les centres de traitement spécialisés. Les partenaires humanitaires et de développement ont travaillé 24 heures sur 24 avec le gouvernement pour identifier des solutions permettant de combler les lacunes et d'assurer l'approvisionnement en électricité et en eau des établissements de santé, sous la coordination du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). La mission de maintien de la paix des Nations Unies, la MINUSCA, a mis à disposition une équipe d'ingénieurs, du matériel et des équipements pour accélérer les travaux de réparation de l'ENERCA sur les pylônes au village de Danzi. Elle a aussi fourni un générateur de grande capacité à la SODECA pour le pompage et la distribution de l’eau. L'alimentation électrique de la capitale a été partiellement rétablie et les travaux de réparation se poursuivent jusqu'à ce que la capitale soit à nouveau suffisamment éclairée.

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Rapport de situation
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Une famille déplacée par les récentes violences post-électorales est arrivée sur un nouveau site de personnes déplacées à Batangafo et déballe les quelques affaires qu'elle a pu emporter. ©OCHA/Adrienne Surprenant, Batangafo, Préfecture de l'Ouham, RCA, 2021.
Une famille déplacée par les récentes violences post-électorales est arrivée sur un nouveau site de personnes déplacées à Batangafo et déballe les quelques affaires qu'elle a pu emporter. ©OCHA/Adrienne Surprenant, Batangafo, Préfecture de l'Ouham, RCA, 2021.

Augmentation alarmante des déplacements de population en République centrafricaine

Une flambée de violence a provoqué le déplacement de plus de 276 000 personnes en Centrafrique. Plus de la moitié des personnes déplacées sont rentrées chez elles ces dernières semaines, mais plus de 129 000 personnes restent déplacées à l'intérieur du pays. La plupart vivent dans des conditions déplorables dans la brousse qui entoure leurs villages, dans la crainte de nouvelles attaques. Des nouvelles vagues de déplacement sont enregistrées presque tous les jours, et rien ne présage leur fin. En plus des personnes déplacées à l'intérieur du pays, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a enregistré plus de 45 000 nouveaux réfugiés en République Démocratique du Congo, au Cameroun, au Chad et en République du Congo.

Cette nouvelle vague de violence et de déplacements a commencé à la mi-décembre, avant les élections générales, et s'ajoute à des décennies de violence armée, exacerbée l'année dernière par la pandémie de Covid-19, ce qui a porté les besoins humanitaires en République centrafricaine à leur paroxysme. Si cette dernière offensive armée a été lancée à l'ouest du pays, les attaques et les déplacements se sont depuis répandus dans tout le pays, touchant également le centre et le sud-est, n'épargnant que quelques régions.

Des conditions de vie déplorables et des besoins humanitaires urgents

La plupart des personnes déplacées ont trouvé refuge dans les champs et les forêts proches de leurs villes, considérés plus sûrs. Certaines retournent chez elles pendant la journée pour récupérer des articles ménagers ou des effets personnels, ou à la recherche de nourriture et d'eau, pour ensuite retourner dans les champs pour la nuit. D'autres ont trouvé refuge dans des écoles, des églises, près des bases des casques bleus des Nations Unies ou dans des familles d'accueil.

Compte tenu de la violence actuelle, la protection fait partie des besoins les plus urgents des personnes déplacées. Des cas de violences sexuelles contre les femmes et les filles et des problèmes liés à la protection de l’enfance, tels que les enfants non accompagnés et séparés, ainsi que le recrutement forcé, ont été signalés. Les évaluations humanitaires montrent en outre que la nourriture, les soins de santé primaires, l'eau et l'assainissement, les articles ménagers essentiels et les abris sont les besoins humanitaires les plus urgents. Même avant cette dernière crise de déplacement, un Centrafricain sur quatre, soit près de 1,3 million de personnes, était déplacé à l’intérieur du pays ou dans un pays voisins.

Sauver des vies dans des conditions les plus difficiles

Malgré l'insécurité croissante dans de nombreuses régions du pays, les partenaires humanitaires ont intensifié leurs efforts pour sauver des vies et fournir une aide d'urgence aux personnes déplacées et aux plus vulnérables. Ils soutiennent les hôpitaux avec des équipes médicales et des médicaments essentiels, approvisionnent les populations en eau potable, distribuent de la nourriture et construisent des latrines pour prévenir la propagation des maladies. Le contexte sécuritaire instable exige une grande flexibilité et disponibilité de la part des humanitaires.

Au début janvier, la perturbation de la route menant à Dékoa dans la préfecture centrale de la Kémo a été surmontée grâce à un hélicoptère et 2 000 familles déplacées par les attaques des groupes armés ont pu recevoir des comprimés de purification d'eau, des biscuits à haute teneur énergétique et des médicaments. Une évaluation rapide des besoins sous la direction du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au cours de la même mission a servi de base à d'autres partenaires humanitaires qui ont intensifié la réponse à Dékoa dans les jours qui ont suivi. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a fourni une aide alimentaire à plus de 10 000 familles, l'ONG Médecins d'Afrique a repris son soutien nutritionnel et Médecins du Monde a établi une présence à Dékoa pour favoriser l'accès aux soins de santé et aux services psychosociaux, ainsi que pour soutenir les survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre, y compris les personnes déplacées les plus vulnérables à l'extérieur de la ville. En plus de Dékoa, les humanitaires ont atteint par hélicoptère quatre autres zones difficiles d'accès depuis la mi-décembre – Bouca et Batangafo (préfecture de l’Ouham), Dimbi (Basse-Kotto) et Ouango (Mbomou) – afin de déployer des équipes d'évaluation rapide et de livrer des cargaisons humanitaires essentielles.

Dans la ville de Bouar, à l'ouest dans la préfecture de Nana-Mambéré, les organisations humanitaires aident 12 500 personnes nouvellement déplacées, dont la majorité vit désormais dans des églises et des paroisses. Des pompes à eau sont en cours de réparation et des réservoirs sont installés pour répondre à la demande accrue d'eau potable dans ces nouveaux sites de déplacés. En plus, des biscuits à haute teneur énergétique, de la farine, des haricots, de l'huile et du sel sont distribués, les centres de santé sont approvisionnés en médicaments essentiels et en suppléments nutritionnels pour traiter les enfants souffrant de malnutrition.

Et à Bangassou, au sud-est dans la préfecture du Mbomou, les humanitaires attendent avec un calme stoïque chaque fenêtre de sécurité qui leur permet d'atteindre les personnes déplacées. Ils ont déjà aidé 15 000 personnes en leur fournissant de la nourriture et de l'eau, des abris et des latrines d'urgence, et en apportant un soutien nutritionnel aux enfants mal nourris, notamment sur les sites de Cesacoba et d'autres sites à Bangassou et ses environs.

A Batangafo, dans la préfecture de l'Ouham au nord-ouest, où 30 000 personnes déplacées vivaient sur des sites avant la crise actuelle, plus de 600 personnes sont arrivées depuis janvier 2021, fuyant la recrudescence de la violence à Bouca, où la plupart d'entre elles étaient déjà déplacées. Grâce à l'accès par hélicoptère, les partenaires humanitaires ont assuré que ces personnes aient accès à l'eau et ont reçu des articles ménagers et des produits d'hygiène essentiels.

Les humanitaires font face à des défis plus que jamais

En dépit des avancées importantes en matière d'aide aux personnes vulnérables en ces temps difficiles, le travail des humanitaires devient de plus en plus difficile. Alors que la population est la principale victime du conflit, les humanitaires sont de plus en plus pris pour cible, notamment par le pillage de bureaux et le vol de véhicules. Le mois de décembre 2020 a été marqué par 59 incidents contre le personnel et les biens des organisations humanitaires, dont un travailleur humanitaire tué et cinq autres blessés, soit près du double de la moyenne mensuelle des incidents enregistrés en 2020. Le mois de janvier 2021 s'est poursuivi de la même manière précaire avec 66 incidents enregistrés, le plus grand nombre d’incidents jamais enregistré.

La perturbation de la principale route d'approvisionnement du pays, qui relie la capitale Bangui au Cameroun, empêche l'acheminement sûr et rapide de l'aide vitale. Plus de 500 camions transportant des fournitures essentielles des Nations Unies et de leurs partenaires, notamment des denrées alimentaires et des médicaments, sont bloqués à la frontière camerounaise depuis la mi-décembre, ainsi que plus de 1 100 camions transportant des marchandises commerciales. Ces contraintes sur un approvisionnement alimentaire déjà fragile font à nouveau augmenter les prix des denrées alimentaires de base et mettent en danger la vie de 1,9 million de Centrafricains déjà en situation d'insécurité alimentaire. En outre, l'état d'urgence déclaré le 21 janvier 2021 a été prolongé de six mois jusqu'au début août, en plus du couvre-feu à l'échelon national (de 20h00 à 5h00) mis en place après une tentative d'attaque sur la capitale Bangui le 13 janvier, avec des effets restrictifs de l’accès des humanitaires aux personnes dans le besoin.

Au 17 mars 2021, seuls 16% du Plan de Réponse Humanitaire pour la République Centrafricaine étaient financés, à un moment où les besoins humanitaires sont plus pressants que jamais. Un financement urgent est nécessaire pour soutenir une réponse humanitaire efficace et fondée sur des principes.

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Réponse d'urgence
©OCHA/Anita Cadonau, Bangui, CAR, 2020.
©OCHA/Anita Cadonau, Bangui, CAR, 2020.

Le nouveau plan de réponse humanitaire 2021 pour la Centrafrique

Pour répondre aux besoins de la population centrafricaine en 2021, les acteurs humanitaires prévoient de fournir une réponse inclusive, protectrice et fondée sur les principes humanitaires à 1,84 millions de personnes extrêmement vulnérables. La réponse, basée sur une compréhension commune des besoins humanitaires, ciblera en priorité les personnes affectées par des chocs liés aux violences et aux aléas naturels, et celles vivant dans les zones avec les besoins humanitaires les plus urgents, y compris dans les régions difficiles d’accès. Pour y parvenir, les humanitaires auront besoin de 444,7 millions de dollars américains. La stratégie qui guidera leurs interventions est détaillée dans le Plan de réponse humanitaire 2021. Au 17 mars 2021, ce plan est financé qu’à 16%, pourtant les besoins humanitaires sont extrêmement alarmants. Depuis que les violences et les tensions liées aux élections de décembre 2020 ont éclaté, près de 200 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays. La moitié d'entre elles est rentrée mais 100 000 personnes sont toujours déplacées.

L’Aperçu des besoins humanitaires pour la République centrafricaine, publié en octobre 2020, nous apprenait que plus de la moitié de la population centrafricaine aura besoin d’assistance humanitaire et de protection en 2021. Parmi elles, 1,9 millions de personnes présentent des besoins aigus liés à leur survie physique et mentale.

Le Plan de réponse humanitaire 2021 s’articule autour de trois objectifs stratégiques. Chacun d’eux entend s’attaquer à une des trois conséquences humanitaires les plus critiques identifiées dans l’Aperçu des besoins humanitaires. La réponse apportée permettra ainsi d’atténuer l’impact de la crise sur le bien-être physique et mental, les conditions de vie et la protection des populations. Dans ce cadre, 1,4 million de personnes bénéficieront d’une assistance d’urgence multisectorielle en temps opportun et intégrée, en transfert monétaire ou en nature, nécessaire pour adresser leurs problèmes critiques liés au bien-être physique et mental. 1,2 million de femmes, hommes, filles et garçons affectés par la crise amélioreront leurs conditions de vie à travers une assistance digne et adaptée à leurs besoins fournie à temps et dans un environnement de protection. Et troisièmement, la protection et le respect des droits humains de 1,3 million de personnes affectés par la crise sera assuré.

La réponse humanitaire en Centrafrique en 2021 sera élaborée au plus près des personnes affectées et avec elles, en écoutant leurs préoccupations, leurs priorités et leurs doléances. Les humanitaires tendront une oreille toute particulière à la voix des femmes, des personnes en situation d’handicap et des personnes âgées pour garantir que leurs vulnérabilités spécifiques seront prises en compte et les interventions adaptées.

Pour en savoir plus, consultez le Plan de réponse humanitaire 2021 pour la République centrafricaine.

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Prévisions
L’Aperçu des besoins humanitaires 2021 nous apprend une nouvelle détérioration de la situation humanitaire en RCA. ©NRC/C. Igara, RCA, 2020.
L’Aperçu des besoins humanitaires 2021 nous apprend une nouvelle détérioration de la situation humanitaire en RCA. ©NRC/C. Igara, RCA, 2020.

L’Aperçu des besoins humanitaires 2021 démontre un coût humain dévastateur en Centrafrique

En 2021, 2,8 millions de Centrafricains et Centrafricaines – 57% d’une population estimée à 4,9 millions – auront besoin d’assistance humanitaire et de protection. Parmi elles, près des trois quarts ont des besoins aigus, en d'autres termes, la survie physique et morale de 1,9 millions de personnes, 39% de la population, est en danger. L’Aperçu des besoins humanitaires en 2021 pour la République centrafricaine (RCA), fruit d’une collecte de données inégalée et d’un long travail d’analyse, présente une compréhension commune de la crise et nous apprend une nouvelle détérioration de la situation humanitaire dans tous les secteurs.

Les chiffres mettent à nu les conséquences dramatiques de l’arrivée d’une pandémie dans un pays déjà ravagé par des décennies de conflit armé, de sous-développement et où les catastrophes naturelles se font plus fréquentes et graves. Ces chiffres dévoilent aussi le sombre quotidien d’une majorité de la population, vivant dans des conditions si difficiles qu’elle peine à se nourrir, à se loger dignement et à assurer une scolarité minimale à ses enfants. Ces données révèlent enfin la dépendance de nombreuses populations à l’aide humanitaire et les dangers liés au désengagement des acteurs humanitaires lorsque les acteurs de développement tardent à prendre le relais.

La situation humanitaire ne cesse d’empirer

Depuis l’année dernière, le nombre de personnes dans le besoin a augmenté, passant de 2,6 millions à 2,8 millions (+8%). En même temps, le nombre de personnes en besoin d’assistance aiguë est de 12% supérieur qu’en 2020 (avec 1,9 million personnes en 2021 contre 1,7 million en 2020). En cinq ans, jamais la RCA n’avait compté autant de personnes en situation de détresse humanitaire qu’aujourd’hui. Cette augmentation est la conséquence directe de la plongée des indicateurs macro-économiques, l’avènement de nouvelles poches de conflits violents, la montée de l’insécurité alimentaire et la pandémie de la COVID-19.

La RCA continue à faire face à une grave crise de protection, avec une augmentation constante des violations des droits humains et du droit international humanitaire malgré la signature de l'Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en 2019. Ceux qui souffrent le plus, ce sont les populations civiles. Un Centrafricain sur quatre est déplacé soit à l'intérieur du pays ou dans un pays voisin, et les vagues de retour de personnes déplacées et rapatriées ont considérablement ralenti.

La violence basée sur le genre (VBG) est un fléau, avec un incident signalé toutes les heures par le système d'alerte humanitaire, qui ne couvre que 42% du pays – et ces chiffres représentent seulement la partie emergée de l’iceberg. Les acteurs humanitaires ont enregistré une augmentation de près de deux fois du nombre de cas de violence à l'égard des filles et des femmes à la suite des restrictions imposées par la COVID-19. A travers le pays, les enfants continuent d'être exposés à des risques de protection. Une famille sur quatre craint pour la sécurité de ses enfants, principalement s’agissant des violences sexuelles contre les filles, du travail forcé et du recrutement par des groupes armés pour les garçons.

Le secteur avec le plus de personnes en besoin est ainsi la protection, suivi de la santé, l’eau, hygiène et assainissement (EHA) et la sécurité alimentaire. 40% des ménages centrafricains se trouvent dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë. Dans la capitale Bangui, le nombre de personnes en insécurité alimentaire a presque doublé depuis l’année passée, affectant désormais 45% des Banguissois. Le nombre de personnes dans le besoin en 2021 a augmenté dans tous les secteurs sauf la nutrition où on constate une légère diminution.

La RCA est l'un des pays les plus dangereux pour les acteurs humanitaires dans le monde. En moyenne, plus d'un incident par jour affectant des travailleurs humanitaires a été enregistré en 2020 (424 en total), avec trois humanitaires tués et 29 blessés.

Les prochaines étapes

Pour répondre à ces besoins en 2021, en collaboration avec le gouvernent centrafricain, les acteurs humanitaires en RCA développent une stratégie commune qui guidera leurs interventions, détaillée dans le Plan de réponse humanitaire 2021, publié en décembre 2020.

Malgré les généreuses contributions des donateurs, au mois d’octobre 2020, l’actuel Plan de réponse humanitaire est financé à un peu plus de la moitié des 553.6 millions de dollars américains requis. Pour permettre aux humanitaires de répondre aux besoins de la population centrafricaine en 2021 – des besoins encore plus élevés que l’année précédente – ils comptent sur l’engagement des bailleurs de fonds à demeurer aux côtés des Centrafricains qui ne peuvent satisfaire leurs besoins fondamentaux.

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