Central African Republic

Rapport de situation

Faits saillants

  • Les acteurs humanitaires ont pu à mi-parcours fournir une assistance vitale à 1,2 millions de personnes soit 60% de la cible du Plan de Réponse Humanitaire 2022.
  • Des milliers de centrafricains affectés par les récentes pluies diluviennes.
  • Après plusieurs années de déplacement, les acteurs humanitaires et de développement aident les personnes déplacées et les réfugiés à reprendre une vie normale.
  • Avec 50% de la population ne mangeant pas à sa faim, la RCA compte l’une des plus grandes proportions de personnes en situation d'insécurité alimentaire critique dans le monde.
  • La communauté humanitaire en RCA planifie d’assister 2 millions de personnes en 2022. 461,3 millions de dollars américains seront requis.
La présidente de l’association des femmes déplacées du PK3 de Bria lors d’une formation sur les activités génératrices de revenus grâce auxquelles les femmes peuvent compléter l’assistance qu’elles reçoivent des organisations humanitaires. La ville est une des zones comptant le plus de déplacés internes ayant été obligés de quitter leurs maisons à cause de l’insécurité et des inondations. ©OCHA/A.Cadonau
La présidente de l’association des femmes déplacées du PK3 de Bria lors d’une formation sur les activités génératrices de revenus grâce auxquelles les femmes peuvent compléter l’assistance qu’elles reçoivent des organisations humanitaires. La ville est une des zones comptant le plus de déplacés internes ayant été obligés de quitter leurs maisons à cause de l’insécurité et des inondations. ©OCHA/A.Cadonau

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation

Chiffres clés

4.9M
Population
3,1M
Pers. ayant besoin d’une aide humanitaire
2M
Pers. ciblées pour assistance
1,2M
Personnes assistées au 1er semestre 2022
2,2M
Pers. en insécurité alimentaire
655K
Personnes déplacées (31/08/2022)
740K
Réfugiés centrafricains
14903
Cas confirmés COVID-19
113
Décès liés à la COVID-19

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation

Financement

$461.3M
Requis
$325.3M
Reçu
71%
Progrès
FTS

URL:

Téléchargé le:

Contacts

Vedaste KALIMA

Chef de Bureau

Maxime NAMA CIRHIBUKA

Chef de Section Information Publique

Virgo EDGAR NGARBAROUM

Chargée du Reporting

Central African Republic

Rapport de situation
Réponse d'urgence
L'hélicoptère est souvent le seul moyen d'atteindre les personnes dans le besoin dans les zones les plus reculées de la vaste République centrafricaine, où la situation sécuritaire est précaire et les routes mauvaises. ©OCHA/Anita Cadonau, RCA, 2022.
L'hélicoptère est souvent le seul moyen d'atteindre les personnes dans le besoin dans les zones les plus reculées de la vaste République centrafricaine, où la situation sécuritaire est précaire et les routes mauvaises. ©OCHA/Anita Cadonau, RCA, 2022.

Atteindre les coins les plus reculés du pays

Une équipe composée de six organisations humanitaires dont des agences des Nations unies et des ONG a embarqué dans un hélicoptère avec 750 kg de matériel de secours à Bria, dans le centre du pays, le 30 août 2022. Leur destination : Ouanda-Djallé, une ville située à près de 300 km, où la population est presque totalement coupée du monde extérieur et vit dans des conditions précaires.

Des groupes armés dominent la région et y commettent de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains. Les attaques, les vols, les pillages et les taxations illégales limitent la capacité de la population à se déplacer, à nourrir leur famille et à gagner leur vie, ce qui a un impact négatif sur leur santé, leur nutrition et leur protection. En outre, l'insécurité et le mauvais état voire l'absence des routes ont rendu très difficile l'acheminement de l'aide humanitaire.

Accès routier impossible

Les populations sont presque totalement isolées, surtout pendant la saison des pluies (avril à octobre) lorsque des ponts s'effondrent et que les routes sont impraticables. Durant cette période, l'hélicoptère est souvent le seul moyen d'atteindre un endroit isolé comme Ouanda-Djallé. Grâce aux généreuses contributions des donateurs, le Service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS) a réaménagé sa flotte d'aéronefs en incluant un hélicoptère au début du mois d'août permettant ainsi aux humanitaires d'atteindre les personnes dans les coins les plus reculés du pays qui seraient inaccessibles autrement. C'est également la période de l'année où les inondations se produisent fréquemment et où un accès rapide aux populations des zones reculées est crucial pour sauver des vies, comme ce fut le cas dans la région voisine de Sam-Ouandja en septembre 2021 où un hélicoptère de l'UNHAS a été utilisé.

Une aide d’urgence

Sous la coordination du bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), la mission héliportée à Ouanda-Djallé composée du Programme alimentaire mondial (PAM), de l'International Medical Corps (IMC), d'INTERSOS, de l'APADE et d'OXFAM, et rejoignant l'ONG Vision et Développement déjà présente à Ouanda-Djallé, permettra d’accroitrel'aide humanitaire pour les 7 000 habitants. Les travailleurs humanitaires distribuent des compléments nutritionnels aux enfants et mères souffrant de malnutrition, des médicaments essentiels et des fournitures de santé pour l'hôpital local, des kits de prophylaxie post-exposition (PEP) pour les survivantes de violences sexuelles et des articles d'hygiène et sanitaires pour les femmes et les filles adolescentes. Un médecin de l'équipe s'assure que le personnel médical local comprend comment administrer et stocker les médicaments.

Afin de préparer le terrain pour une réponse humanitaire complémentaire dans les semaines et mois à venir, l'équipe effectue des évaluations détaillées des besoins de la population dans différents secteurs au cours de la mission de cinq jours. Elle rencontre également les dirigeants et les représentants des communautés locales afin de faciliter l’acceptation des activités humanitaires et une meilleure compréhension des contraintes sécuritaires.

Une stratégie régionale globale

La dernière intervention humanitaire à Ouanda-Djallé remonte au mois de juillet, lorsque trois missions héliportées ont apporté des biens de première nécessité, cependant au vu des besoins criants de la population, ce n'était que le début d'un engagement plus long.

La mission à Ouanda-Djallé fait partie d'une stratégie plus large adoptée conjointement par les partenaires humanitaires en République centrafricaine (RCA) pour venir en aide à 28 400 personnes dans le triangle isolé d'Ouadda, Sam Ouandja et Ouanda-Djallé dans les préfectures de la Vakaga et de la Haute-Kotto au nord du pays. Le plan prévoit une assistance multisectorielle pendant trois mois pour sauver des vies et l'établissement progressif d'une présence humanitaire dans la région à long terme. La dernière allocation du Fonds humanitaire de la RCA, en août, réserve des fonds pour financer cette stratégie dans cette zone reculée du pays, ainsi que dans l'est à Bakouma où les populations vivent un isolement similaire.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Visuels

Aperçu des mouvements de population au 31 août 2022

Aperçu des mouvements de population au 31 août 2022

À la date du 31 août 2022, le nombre total de personnes déplacées internes (PDI) en RCA est estimé à 654 688 individus composés respectivement de 146 625 personnes vivant dans les sites pour personnes déplacées et 508 063 personnes dans des familles d’accueil. Cela représente une hausse globale de 6 805 (1%) personnes par rapport au mois de juillet 2022 où le nombre de PDI était estimé à 647 883 personnes.

La tendance à la hausse des nouveaux déplacements qui avait commencé en mai s’est accentuée avec 19, 977 nouveaux déplacés en août, dont 6 805 sont demeurés déplacés à la fin du mois. Ces déplacements sont observés dans les zones affectées par les incursions et exactions des éléments armés contre la population civile ainsi que les pluies diluviennes suivies d’inondations causant des écroulements de maisons à Bangui et dans la Préfecture de l’Ouham.

13 172 retours spontanés ont été enregistrés en raison de l’amélioration de la situation sécuritaire dans les villages et quartiers de provenance des anciennes PDI.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Contexte
Deux jours après les pluies diluviennes du 22 juillet, Rodrigue Yetendji n'a pas fini de réaliser les dégâts et menaces contre ce qui reste des trois maisons et autres biens de sa famille, © Maxime Nama, 6ème Arrondissement, Bangui, RCA, 2022.
Deux jours après les pluies diluviennes du 22 juillet, Rodrigue Yetendji n'a pas fini de réaliser les dégâts et menaces contre ce qui reste des trois maisons et autres biens de sa famille, © Maxime Nama, 6ème Arrondissement, Bangui, RCA, 2022.

Des inondations continuent d’affecter sévèrement la Centrafrique

Au moins onze personnes décédées, plus de 2 000 maisons et une dizaine de ponts détruits, des milliers de latrines et puits d’eau inondés ; tel est le bilan préliminaire issu de sources complémentaires, suite aux pluies diluviennes enregistrées dans les préfectures de Bangui, Ombella M’Poko, Lobaye, Nana-Gribizi, Ouham-Pendé et Ouham-Fafa à partir du mois de juillet. Actuellement, ce sont plus de 22 450 personnes qui ont perdu leurs maisons et se réfugient dans des familles d’accueil, écoles et églises.

Même si on observe une accalmie, des maisons fragilisées par l’eau qu’elles ont absorbées continuent de s’écrouler, et le bilan devrait s’alourdir dans un avenir proche. En effet, les prévisions météorologiques indiquent également des fortes probabilités de nouvelles pluies dans le pays. Bangui la capitale est la plus affectée à ce jour, en particulier le 6ème arrondissement. Cette situation intervient dans un contexte où les besoins humanitaires ont exponentiellement augmenté dans le pays, plus de 63% des Centrafricains ayant besoin d’assistance et de protection, soit 3,1 millions de personnes.

Les dernières inondations de forte ampleur ont été enregistrées en 2019 lorsque 100 000 personnes ont vu leurs maisons inondées et détruites, et leurs sources d’eau polluées, poussant la plupart au déplacement vers des sites temporaires ou en famille d’accueil. En cette période-là, 3% de l’ensemble des personnes déplacées l’étaient suite aux catastrophes naturelles.

Pour répondre à la situation actuelle, la stratégie du gouvernement consiste en une assistance humanitaire dans les quartiers touchés, couplée aux activités de prévention et de relèvement.

Des sinistrés en besoin d’assistance

Depuis juillet, le Ministère de l’action humanitaire, de la solidarité et de la réconciliation nationale réunit les intervenants étatiques spécialisés, les représentants des arrondissements affectés, les acteurs humanitaires et de développement, ainsi que la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) pour la mise en place d’une structure de réponse coordonnée cofacilitée par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Selon les premiers constats faits à Bangui par la Croix-Rouge nationale (CRCA) appuyée par la Fédération internationale de Croix-Rouge et du croissant rouge (FICR), et la Direction générale de de la protection civile (DGPC), les besoins urgents sont notamment les abris d’urgence et autres biens non alimentaires.

Dans le cadre d’une réponse d’urgence mise en place en juillet et août suite aux différentes évaluations, 1,843 familles ont reçu des articles non alimentaires composés de kits sanitaires (médicaments essentiels et matériel de base), bâches, nattes, seaux, articles de cuisine, couvertures, jerricanes, etc. dans cinq arrondissements de Bangui, ainsi que à Bimbo, distribués par les acteurs humanitaires, notamment la FICR, la CRCA, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’ONG GROUFEPA, appuyés par le Ministère de l’action humanitaire et l’initiative gouvernemental PARET. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appuyé le Ministère de la santé avec des cliniques mobiles dans les quartiers différents de Bangui.

Les acteurs humanitaires consolident progressivement leurs stocks d’urgence pour pallier aux lacunes non couvertes par l’action gouvernementale, dans un contexte où les ressources sont fortement sollicitées face aux besoins humanitaires en présence. A ce jour, seulement 69% des 461 millions de dollars américains sollicités dans le cadre du Plan de réponse humanitaire pour la RCA ont été mobilisés.

A Moyenne Sido, dans la Préfecture de l’Ouham-Fafa, l’ONG Solidarités international intervenant dans le cadre du mécanisme de réaction rapide (RRM) a distribué en juillet des articles non alimentaires à 731 familles affectées par des pluies diluviennes. L’ONG a également réhabilité 15 points d’eau contaminés ou détruits par les inondations. Une assistance similaire pour 834 familles est prévue à Kabo.

En septembre, dans les préfectures de Nana-Mambéré and Ouham-Fafa, 1 560 personnes ont reçu des bons alimentaires et 3 000 ont bénéficié une assistance en espèce à travers le PAM. L'ONG DRC a fourni des produits non alimentaires à 684 ménages affectés et 6 000 personnes ont maintenant accès à l'eau potable dans 31 quartiers affectés de Paoua après la réparation de 4 forages endommagés. Ces réparations de forages permettront aux populations d’éviter les maladies hydriques liées aux inondations.

Prévenir

Ces inondations interviennent après l’adoption de la nouvelle stratégie nationale de gestion des risques et catastrophes naturelles le 13 juillet dernier. Elle est consolidée autour de quatre axes stratégiques incluant l’identification et l’analyse des risques, la gouvernance des risques de catastrophes, le renforcement de mécanismes de gestion des risques de catastrophes, et la gestion des urgences liées aux catastrophes. Cependant, l’opérationnalisation des organes de mise en œuvre attend la signature d’un décret présidentiel.

En septembre 2020, l’ONG REACH avait publié une étude des susceptibilité d’inondations dans des zones habitées. L’étude a développé un score de risque d’inondation, visant à améliorer les initiatives de préparation aux urgences, et soutenir la planification et la prise de décision. Financée par le Fonds humanitaire pour la République centrafricaine (RCA), les données de cette étude avaient été croisées avec celles issues d’ évaluations multisectorielles des besoins conduites en 2019. Le résultat final avait été mis à la disposition des autorités, révélant par exemple des risques d’impact plus élevés d’inondation dans les préfectures de l’Ouham et de la Kémo (plus de 203 000 personnes à haut risque), tandis que la Nana-Mambéré et de l’Ouham-Pendé avaient des scores de risque faibles.

Cette étude a également montré que la plupart des agglomérations centrafricaines se trouvent à côté des cours d’eau et de leurs bassins versants, autour desquels se développent des moyens de subsistance des habitants. Les berges de ces cours d'eau ont tendance à déborder face à la quantité croissante des précipitations collectées dans ces bassins versants. Ainsi, si l’adaptation des infrastructures est négligée de même que la planification de contingence, les interventions en aval ne suffiront pas pour des populations déjà meurtries par plus d’une décennie de conflits et plusieurs autres chocs.

Pour une meilleure préparation

Afin d’assurer une préparation optimale face au risque d’inondation, un Comité technique opérationnel avait été mis en place en 2020 sous l’égide du Ministère de l’action humanitaire, de la solidarité et de la réconciliation nationale avec la participation de OCHA, la DGPC, la CRCA, la MINUSCA et la Mairie de Bangui. Cette nouvelle structure avait permis de coordonner des visites de terrain à Bangui afin d’identifier les zones à risque et les mesures de préparation prioritaires.

Les impacts considérables des inondations survenues ont mis en exergue des problèmes de coordination en matière de standardisation des données fournies par divers acteurs, le manque de personnes formées aux évaluations post-catastrophe naturelle, ainsi que de lignes directrices claires des évaluations. Le manque d’une plateforme commune de stockage/gestion des données, y compris la cartographie était également une des faiblesses.

En réponse, OCHA en collaboration avec l’ONG REACH et la Fédération internationale de la Croix-Rouge, a renforcé depuis 2021 les capacités de 45 volontaires de la Croix-Rouge nationale et de la Direction générale de la protection civile sur l’évaluation post catastrophe naturelle. Ils font actuellement partie des équipes qui évaluent la situation.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Visuels

Aperçu des incidents ayant touché les organisations humanitaires

Aperçu des incidents ayant touché les organisations humanitaires

Entre le 1er janvier et le 31 août 2022, 125 incidents affectant des travailleurs humanitaires ont été enregistrés en République centrafricaine, causant la mort d’un humanitaire et 18 blessés. Le nombre d'incidents par mois n’a jamais été aussi élevé depuis un an.

Sur les 29 incidents enregistrés en août, 48% étaient des cas de vols et braquages ou d’intrusions dans des bases humanitaires.

Les préfectures de Bangui (23%), Ouham-Fafa (11%) et la Ouaka (10%) demeurent les plus touchées. Les vols, braquages et pillages ont représenté 52% des incidents ; les interférences et restrictions d’accès 27%, et les menaces ou agressions 16%. Pour plus d’informations, cliquer ici.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Réponse d'urgence
L’assistance qui sauve des vies
Une mère d’enfant bénéficiant des soins prénataux gratuits jusqu’à l’accouchement. Un projet financé par Fonds humanitaire RCA.©OCHA/V. Bero

L’assistance qui sauve des vies

1,3 million de Centrafricains ont reçu en 2021 une assistance vitale multisectorielle à travers 54 projets financés par le Fonds humanitaire pour la République centrafricaine (FH RCA), un mécanisme commun de financements de l’aide d’urgence. Parmi eux, Abella Sessepou, âgée de 23 ans, qui a fui son village de Ouaka 1, situé à 85 km d'Ippy pour se réfugier sur le site des déplacés d’Etomane à Ippy. Elle est mère de deux enfants dont un est né prématurément et bénéficie de soins gratuits pris en charge par l’ONG Médecins du Monde France (MDM-F) grâce à un projet d’aide d’urgence financé par le FH RCA.

« Notre maison a été incendiée. Quand on s’est déplacés, on a tout perdu. Je ne sais pas dans quelle direction mon mari est parti. A ce jour, je n’ai aucune nouvelle de lui. J’ai trouvé refuge sur le site d’Etomane avec mon fils. Etant aussi enceinte, j’ai bénéficié de l’assistance de l’ONG MDM. J’ai suivi les consultations prénatales, les soins et les analyses jusqu’à l’accouchement. Tout était gratuit. Mon bébé est né prématuré à sept mois et demi. Il est toujours sous surveillance médicale au centre de santé d’Ippy. Heureusement les soins et la nourriture sont gratuits », explique Abella. Comme elle et sa famille, 602 000 Centrafricains sont actuellement déplacés à l’intérieur du pays, tandis que 738 000 autres ont trouvé refuge dans les pays voisins fuyant les affrontements violents qui durent depuis plus d’une décennie.

« Sur le site, les conditions de vie sont difficiles. Nous avons plusieurs besoins, mais au moins pour les soins de santé, je suis rassurée car l’apport de l’ONG MDM a permis de sauver la vie de mon fils. Je ne saurai pas quoi faire si je devais payer les soins, car je n’ai pas de moyens », confie-t-elle. C’est l’inquiétude de plusieurs Centrafricains pris au piège du conflit.

Un outil de financement flexible

Dans son schéma classique, le cycle de programmation humanitaire permet une compréhension commune des besoins les plus urgents ainsi que les priorités et paramètres de la réponse stratégique de la communauté humanitaire. Cependant, le niveau de mobilisation de fonds dans le cadre du Plan de réponse humanitaire ne suit pas toujours le niveau des besoins, en particulier en cas d’urgences soudaines. C’est là que le recours au Fonds humanitaire, grâce à la générosité de ses donateurs, permet à la communauté humanitaire de couvrir à temps, efficacement et d’une façon concertée et coordonnée des besoins vitaux sous-financés et des urgences soudaines.

C’est dans ce cadre que 23,3 millions de dollars américains ont été alloués en 2021 à 35 organisations humanitaires en RCA (agences des Nations Unies, ONG nationales et internationales) pour répondre aux besoins les plus urgents de 1,3 millions de Centrafricains dans les domaines de la sécurité alimentaire, la protection, la lutte contre les violences basées sur le genre, la santé ainsi que de l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

Pour plus de détails sur les activités du FH RCA en 2021, accédez au rapport annuel (en anglais) ici :

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Visuels

République Centrafricaine : tableau de bord humanitaire janvier - juin 2022

République Centrafricaine : tableau de bord humanitaire janvier - juin 2022

Malgré des défis d’ordre sécuritaire et logistique, les acteurs humanitaires ont pu à mi-parcours fournir une assistance vitale à 1,2 millions de personnes, soit 60 % de la cible du Plan de Réponse Humanitaire (PRH) 2022, avec 42 % de financement au 30 juin. À la même période en 2021, 1,4 million de personnes avaient été atteintes (76 % de la cible du PRH 2021) avec un niveau de financement de 51 % du PRH 2021.

La pénurie de carburant qui perdure dans l’ensemble du pays a contribué à limiter l’accès humanitaire déjà restreint par la poursuite des hostilités, la présence des engins explosifs et les conditions d’accès physique difficiles à certaines localités.

Pour la deuxième moitié de l’année, la mobilisation de fonds demeure capitale pour soutenir les résultats atteints, répondre aux différentes conséquences de la crise et contrecarrer le double effet de la pénurie de carburant sur les coûts des interventions humanitaires et des produits de première nécessité.

Pour télécharger le Tableau de bord humanitaire pour la période de janvier-juin 2022.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Contexte
Ibrahim Hassan et sa famille posent devant leur nouvelle maison à Pladama Ouaka - la toute première maison des enfants. Ibrahim a été déplacé au cours des 10 dernières années. © HCR, Francis Donatien Cedric Romane Palike, Préfecture de la Ouaka, République centrafricaine, 2022.
Ibrahim Hassan et sa famille posent devant leur nouvelle maison à Pladama Ouaka - la toute première maison des enfants. Ibrahim a été déplacé au cours des 10 dernières années. © HCR, Francis Donatien Cedric Romane Palike, Préfecture de la Ouaka, République centrafricaine, 2022.

Trouver des solutions durables au déplacement

La République centrafricaine (RCA) est ravagée par des conflits et la violence depuis des décennies. Une grande partie des 4,9 millions de centrafricains ont été traumatisés par le déplacement, souvent à plusieurs reprises. Malgré la crise actuelle, les acteurs humanitaires et de développement travaillent main dans la main avec le gouvernement pour permettre aux personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI) et aux réfugiés en RCA de reprendre une vie normale, lorsque les circonstances le permettent.

La solution durable au déplacement est le terme clé. Cela signifie quitter les sites de déplacement et mettre fin à la dépendance à l'aide humanitaire. Une solution durable, lorsqu'elle est atteinte, signifie que les gens n'ont plus besoin d'assistance et de protection spécifiques liées à leur déplacement. Les solutions durables comprennent le retour volontaire dans son foyer ou lieu de résidence, la réinstallation dans une autre partie du pays ou l'intégration dans la communauté d'accueil. Les PDI et les réfugiés ont souvent besoin de soutien dans leurs efforts pour trouver une solution durable. Si les acteurs humanitaires font du bon travail pour répondre aux besoins urgents et immédiats des PDI et des réfugiés, l'engagement des partenaires des secteurs du développement, de la paix et de la sécurité est nécessaire pour mettre en œuvre des solutions durables.

Le village intégré

À Pladama Ouaka, une municipalité rurale située à environ 10 km de Bambari, dans la Préfecture de Ouaka, les anciennes PDI commencent actuellement une nouvelle vie. De janvier à février 2022, 490 familles ont déménagé à Pladama Ouaka avec le soutien des agences humanitaires et de développement, et des autorités locales. Elles avaient fui les violences dans différentes régions du pays et avaient vécu dans un site de déplacement à Bambari pendant des années jusqu'à ce qu'il soit incendié en mai 2021 et que les PDI soient obligées de quitter le site. De nouveau déplacées, elles se sont installées dans la mosquée, d'où elles ont de nouveau été expulsées, et dans différents quartiers de Bambari, où elles vivaient dans des conditions très difficiles et étaient également exposées à des risques de protection et à des épidémies. Dans ce contexte difficile, il fallait trouver une solution durable.

Les autorités locales ont identifié Pladama Ouaka, une communauté de 50 000 personnes, comme le lieu idéal pour une réinstallation volontaire. Environ 1 000 familles ont accepté presque immédiatement de s'y installer. Dans un premier temps, 490 familles ont été soutenues dans leur réinstallation par différentes agences des Nations Unies, notamment l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Programme alimentaire mondial (PAM), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), différentes ONG dont ACTED, AID, APADE, HOPIN, Humanité et Inclusion (HI), Intersos, International Medical Corps (IMC), Médecins Sans Frontières (MSF), Tearfund, Triangle, World Vision et les autorités locales.

La route de 10 km partant de Bambari a été réhabilitée pour faciliter l'accès et renforcer la sécurité grâce à des patrouilles de police, et quatre nouveaux quartiers ont été délimités à Pladama Ouaka. Après une phase initiale, où les gens se sont installés dans des abris de transition, des maisons sont maintenant construites en briques et en paille, une pour chaque famille avec une toilette par ménage.

"Je suis tellement heureux d'avoir une maison car un homme sans maison est considéré comme un moins que rien dans la communauté", déclare Ibrahim Hassan, qui était déplacé depuis 10 ans après avoir fui Kouango en 2012, et qui fait partie des premières familles qui s’apprêtent à emménager dans les nouvelles maisons en briques de Pladama Ouaka. "Cette maison et le grand lopin de terre me rendent la dignité que j'avais avant le conflit. Ils me donnent la force de me lever chaque matin, d'apporter de la nourriture à ma famille et de vaquer à mes occupations. L'avenir de mes enfants sera rempli de joie et non de douleur, ce qui me rend très heureux", déclare ce père de sept enfants.

Un hangar supplémentaire a été construit au centre de santé local et un bâtiment scolaire a été réhabilité. Des fournitures scolaires et du matériel didactique ont été distribués aux enseignants et aux élèves, et des bancs et des tables pour l'école vont suivre. Deux forages ont été réalisés dans le village intégré et un troisième est prévu. Les structures de gestion communautaire sont également renforcées pour résoudre les conflits et favoriser la cohésion. Les autorités locales ont alloué des terres agricoles aux nouveaux habitants afin de soutenir leurs moyens de subsistance. Les partenaires de la sécurité alimentaire ont distribué des kits de jardinage pour les aider à cultiver des légumes.

Des fonds supplémentaires, estimés à 5 millions de dollars américains, sont maintenant nécessaires pour faciliter la relocalisation et l'intégration dans la communauté de 436 autres familles de PDI, soit 1 459 personnes, qui ont exprimé leur souhait de quitter Bambari pour Pladama Ouaka. Les acteurs humanitaires et de développement sont en train de mobiliser des fonds.

Réinstaller une ville entière

En mai 2022, un projet similaire de solutions durables a été lancé à Bria, dans la Préfecture de Haute-Kotto, où se trouve le plus grand site de PDI du pays. 37 000 PDI vivent dans un camp situé à 3 km de la ville (PK3), dans une commune qui compte 75 000 habitants. Beaucoup d'entre elles ont fui la violence et l'insécurité du centre de Bria pour se rendre sur le site en 2017 et 2018. Depuis 2021, la situation sécuritaire à Bria ne cesse de s'améliorer et les autorités étatiques, notamment la police, les forces armées et la justice sont revenues. Aujourd'hui, les partenaires humanitaires et de développement ainsi que les autorités préfectorales soutiennent le retour des 150 premières familles du site PK3 dans deux quartiers de Bria. Ils fournissent des matériaux de construction pour reconstruire les maisons en ruines. Des presses à briques sont disponibles pour que les gens puissent fabriquer leurs propres briques et construire leurs maisons. L'année dernière, l'ONG OXFAM a réalisé 10 forages d’eau dont bénéficient désormais les nouveaux retournés. Bien qu'il reste encore beaucoup de travail à faire avant de trouver des solutions durables pour les 37 000 PDI sur le site PK3 - reconstruire les maisons, les écoles, les puits et les moyens de subsistance - il y a un sentiment d'espoir pour une vie plus normale en dehors du site exigu des PDI.

Une crise majeure de déplacement

La crise en RCA reste une crise majeure de déplacement. Près d'une personne sur quatre est déplacée. 655 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du pays et 740 000 réfugiés centrafricains vivent dans les pays voisins, principalement au Cameroun et en RD Congo. De nouveaux déplacements sont enregistrés chaque mois, ainsi que des mouvements de retour. Le pic des déplacements récents a été atteint en février 2021, lorsque 742 000 PDI ont été enregistrées - 87 000 de plus qu'aujourd'hui - après que des violences aient éclaté dans tout le pays à la suite des élections présidentielles. Les déplacements se poursuivent car le conflit n'est pas terminé. Toutefois, cela ne fait pas obstacle aux solutions durables, car la situation s'est stabilisée dans certaines régions et contribue petit à petit au redressement du pays.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Visuels

Fonds humanitaire RCA, janvier - juin 2022

Fonds humanitaire RCA, janvier - juin 2022

Le premier semestre de l'année 2022 a été marqué par un environnement opérationnel de plus en plus difficile, alors que la République centrafricaine (RCA) connaît une crise humanitaire sans précédent. L'intensification du conflit et l’insécurité qui en découle, ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir leur village, ont limité l'accès déjà précaire aux biens et aux services, et ont drastiquement restreint les capacités de survie des personnes affectées. Selon le Plan de réponse humanitaire 2022, cette récente détérioration intervient alors que 3,1 millions de personnes (63% de la population) ont besoin d'assistance et de protection. Dans ce contexte, le Fonds humanitaire de la RCA (FH RCA) joue un rôle clé pour soutenir une réponse humanitaire flexible, efficace et coordonnée. Au cours du premier semestre 2022, grâce à la générosité et à la confiance des donateurs, le FH RCA a alloué 9,6 millions de dollars américains à 17 projets de 13 organisations ciblant 187 307 personnes ayant des besoins urgents dans les zones de conflit. Le FH RCA a donné la priorité aux intervenants de première ligne en dirigeant 81% des fonds alloués vers des organisations non gouvernementales (ONG). La première Allocation Standard de 2022 a été lancée en février pour un total de 7,9 millions de dollars américains. Par la suite, deux Allocations de Réserve d'un million de dollars américains et de 750 000 de dollars américains ont été faites pour financer les lacunes des clusters Logistique et Santé. Plus de détails ici.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Article principal
Un jeune homme déplacé est vacciné contre la COVID-19 dans un site pour personnes déplacées à Ippy. ©OCHA/Anita Cadonau, Ippy, Préfecture de la Ouaka, République centrafricaine, 2022.
Un jeune homme déplacé est vacciné contre la COVID-19 dans un site pour personnes déplacées à Ippy. ©OCHA/Anita Cadonau, Ippy, Préfecture de la Ouaka, République centrafricaine, 2022.

Deux ans après que la RCA ait confirmé le premier cas de COVID-19

Deux ans se sont écoulés depuis que le gouvernement de la République centrafricaine (RCA) a confirmé son premier cas de COVID-19 le 14 mars 2020. Depuis lors, divers partenaires humanitaires et de développement ont déployé leur soutien au gouvernement pour répondre à la pandémie, en plus d'une crise humanitaire qui dure depuis plus d'une décennie.

Au 14 Septembre 2022, 1 934 751 personnes ont été vaccinées contre la COVID-19. La RCA a reçu 2 568 280 doses de vaccin à travers la facilité COVAX et de dons bilatéraux de la Chine et de la Russie, dont 37% ont été administrées.

Le ministère de la Santé a révisé son plan national de déploiement des vaccins pour intensifier la vaccination contre la COVID-19 dans le but de couvrir 52% de la population totale d'ici décembre 2022. Le plan comprendra de nouvelles cibles, notamment les personnes âgées de 15 ans et plus. Le plan bénéficiera du soutien financier de la Banque mondiale, de l'UNICEF, de GAVI et de l'OMS.

Le gouvernement centrafricain a lancé le 20 mai 2021 la campagne de vaccination contre la COVID-19 avec l’appui des partenaires, notamment l'OMS, l'UNICEF et GAVI. La campagne a commencé par la vaccination symbolique des membres du gouvernement et des agents de santé. Le premier lot de doses a couvert dans un premier temps le personnel de santé de première ligne et les personnes vulnérables âgées de 50 ans et plus, et s'est ensuite étendu aux leaders religieux, relais communautaires, commerçants, transporteurs et journalistes. La campagne de vaccination contre la COVID-19 couvre les 16 préfectures du pays, mais connaît des difficultés d'accès en raison de l'insécurité et du mauvais état des routes.

Réponse à la deuxième et troisième vagues

A la veille du lancement de la campagne, le président Touadéra a annoncé le 19 mai 2021 qu'une urgence de santé publique serait déclarée et un certain nombre de mesures prises pour intensifier les efforts visant à contenir la deuxième vague de COVID-19, qui a frappé le pays en mars et avril 2021. Des mesures barrière plus strictes dans les lieux de rassemblement tels que les restaurants, les bars, les lieux de culte, les mariages, les funérailles et les transports en commun ont été annoncées, ainsi que leur renforcement plus rigoureux.

En janvier 2022, la RCA se trouvait au milieu de la troisième vague de COVID-19. Au cours de la première semaine de janvier, 745 nouveaux cas ont été enregistrés, soit plus que pendant tout le mois de décembre 2021 (674 cas). Au 14 Septembre 2022, le ministère de la Santé a enregistré 14 912* cas de COVID-19, dont 113 décès, depuis le début de la pandémie.

Un environnement favorable

Une enquête menée par l'ONG Ground Truth Solutions a indiqué que les centrafricains sont prêts à se faire vacciner contre la COVID-19 et pensent que le vaccin aidera à éradiquer le virus, malgré un certain scepticisme et des informations erronées qui persistent. Les partenaires humanitaires et de développement soutiennent le Ministère de la santé dans l'élaboration d'une campagne de communication pour informer et encourager la population à se faire vacciner et lutter contre la propagation de fausses informations sur le vaccin.

Des défis à tous les fronts

La RCA sort d’une année au cours de laquelle les besoins humanitaires ont exponentiellement augmenté. Jamais au cours des cinq dernières années il n'y a eu autant de personnes dans le besoin aigu qu'aujourd'hui. La pandémie a frappé un pays déjà ravagé par des décennies de conflit armé et de sous-développement. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la République centrafricaine était parmi les pays les moins préparés à faire face à la pandémie. Une série de facteurs aggravants rendent le pays à la fois vulnérable et la réponse à la pandémie difficile.

Tout d'abord, le système de santé fonctionne à peine, en raison d'une pénurie chronique de personnel de santé qualifié, d'équipements médicaux et de médicaments de base. 70% des services de santé sont fournis par des organisations humanitaires et 2,7 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin d'une assistance sanitaire. Un Centrafricain sur quatre doit marcher pendant plus d'une heure pour atteindre la clinique la plus proche et, pour beaucoup, les factures des consultations et des médicaments sont inabordables. Seul un Centrafricain sur trois a accès à l'eau potable, à des toilettes et à une douche. Et pour beaucoup, le savon est un produit de luxe. L'accès à l'eau et à l'assainissement est particulièrement problématique sur les nombreux sites où vivent 156 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI), souvent dans des abris de fortune surpeuplés où la distance physique n'est pas praticable.

L’approvisionnement en équipements de protection et dispositifs médicaux pour diagnostiquer et traiter les patients atteints de la COVID-19 avait posé un sérieux problème, en particulier au début de la pandémie. L'insuffisance des infrastructures routières et la saison des pluies qui dure six mois perturbent les chaînes d'approvisionnement dans une majeure partie du pays. L'insécurité entrave davantage l'accès aux services et la possibilité pour les humanitaires d'atteindre les personnes ayant besoin d'assistance. Le manque cruel d'infrastructures de la chaîne du froid entrave encore davantage l'approvisionnement en médicaments dans tout le pays.

Une réponse humanitaire sans précédent

Face à ces défis sur tous les fronts, les organisations humanitaires et les acteurs du développement avaient intensifié leur soutien au Ministère de la santé depuis mars 2020 pour apporter une réponse globale et décentralisée, et pour renforcer le système de santé publique et l'accès à l'eau et à l'assainissement. Près d'un tiers du budget de 553,6 millions de dollars alloué à l'assistance humanitaire en 2020 a été consacré à la réponse à la COVID-19. Ainsi, les partenaires humanitaires ont amélioré l'accès aux soins de santé pour plus de 938 000 personnes et l'accès à l'eau et à l'assainissement pour 770 000 personnes, dont de nombreuses personnes déplacées. Pour atténuer les effets de la pandémie sur la sécurité alimentaire, les organisations humanitaires ont procédé en 2020 à des distributions de nourriture pour 900 000 personnes vulnérables et le soutien agricole a aidé 170 000 agriculteurs à produire leur propre nourriture et à augmenter leurs revenus.

Adapter les modalités d’assistance

Les interventions en espèces sont devenues une modalité d'assistance privilégiée qui évite les grandes foules et offre un espace plus sûr pour l'assistance humanitaire en période de pandémie. Avec 48% de bénéficiaires supplémentaires atteints en 2020 par rapport à l'année précédente, l'assistance en espèces a connu une forte augmentation. Cette augmentation s'est poursuivie en 2021, avec 1,6 million de personnes ayant reçu une assistance en espèces, soit deux fois plus qu’en 2020. 577 000 personnes ont reçu 12,1 millions de dollars pour une assistance multisectorielle liée à la COVID, en espèces ou en bons d'achat, avant tout pour améliorer l’accès à l’eau et l’hygiène.

* Compte tenu des capacités de test limitées, la stratégie de diagnostic du gouvernement, depuis juillet 2020 limite les tests aux cas suspects et aux personnes à risque. Ainsi, le nombre de cas confirmés de COVID-19 doit être interprété avec prudence. A titre d'illustration, seules 104 622 personnes ont été testées au 14 Septembre 2022.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Article principal
Un camion transportant du matériel d'une agence des Nations unies a sauté sur un engin explosif à Ngoutere en mars, faisant 2 morts. © Anour Gourna, Ngoutere, Préfecture de l'Ouham-Pendé, RCA, 2022.
Un camion transportant du matériel d'une agence des Nations unies a sauté sur un engin explosif à Ngoutere en mars, faisant 2 morts. © Anour Gourna, Ngoutere, Préfecture de l'Ouham-Pendé, RCA, 2022.

La menace sans cesse croissante des engins explosifs

Les accidents impliquant des mines et autres engins explosifs ne cessent de prendre des proportions croissantes depuis avril 2021, en particulier dans l'ouest de la République centrafricaine (RCA), une région où le conflit s'est intensifié.

Une accumulation alarmante

Entre janvier et août 2022, huit personnes, toutes civiles, ont été tuées et 63 blessées, dont 40 civils, dans 41 accidents et incidents impliquant des engins explosifs. En 2021, 44 accidents de ce type ont été enregistrés, tuant 30 personnes, dont 23 civils, et blessant 48, dont 30 civils. Le nombre d'accidents enregistrés au 1er Septembre 2022 représentent 93% de tous les accidents enregistrés en 2021, et les deux années montrent une augmentation significative par rapport à l'année 2020, où seuls deux incidents sans victimes avaient été enregistrés.

Les civils sont les principales victimes des engins explosifs en RCA. Au total, 81% des personnes tuées et 76% des personnes blessées depuis 2021 sont des civils. La région la plus touchée est l'ouest du pays, où la moitié (51%) de tous les incidents et accidents ont eu lieu, bien qu'un nombre croissant d'accidents ait également été enregistré dans le centre du pays en 2022.

Le 4 avril, des mines antipersonnel ont été découvertes pour la première fois en RCA. La population en a trouvées deux dans un village près de Bambari et les a signalées au Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS) et à la mission de maintien de la paix, la MINUSCA, qui ont détruit les engins avant qu'ils ne puissent nuire. Les mines antipersonnel sont interdites par la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel, qui est entrée en vigueur pour la RCA en 2003.

À la mi-mars, un camion affrété par une agence des Nations Unies transportant des matériels de construction de Bocaranga à Bozoum en vue de la construction d'une école secondaire a heurté une mine antichar près de Ngoutéré, à 40 km de Bocaranga. Deux personnes ont été tuées, deux autres blessées et le camion a été gravement endommagé. Le même camion avait déjà heurté une mine dans la même zone en décembre 2021, faisant un blessé. Le projet de construction de l'école a depuis été interrompu car les matériels de construction ne peuvent être livrés, ce qui risque d'entraîner la déscolarisation de 600 élèves. Dans la même région de Ngoutéré, les partenaires humanitaires ne peuvent pas fournir une aide alimentaire à 1 800 personnes vulnérables et ne peuvent pas soutenir quatre centres de santé et 12 écoles en raison du manque d'accès.

Sans distinction

Les victimes sont diverses : une famille, des enfants, des cultivateurs, un acteur humanitaire, des marchands, des éléments armés, des soldats de la paix des Nations Unies et un prêtre. Les engins explosifs qui explosent en raison de la présence, de la proximité ou du contact d'une personne ne peuvent pas faire de distinction entre les civils et les combattants, ce qui soulève d'importantes préoccupations concernant les principes de distinction et de proportionnalité en vertu du droit international humanitaire.

En juillet 2020, l'utilisation présumée de mines antichars a été signalée pour la première fois dans le pays depuis la création de la mission de maintien de la paix, la MINUSCA, en 2014. L'un des dispositifs suspectés a endommagé un char de la MINUSCA près de la frontière avec le Cameroun. Depuis, on observe un calme relatif entre juillet 2020 et avril 2021, le problème a pris des dimensions dangereuses avec de graves conséquences pour les civils et l’accès humanitaire.

Restriction de l’accès humanitaire et des activités socio-économiques

La présence présumée d'engins explosifs limite gravement l'accès humanitaire aux personnes vulnérables dans un contexte déjà marqué par des restrictions d'accès en raison de conflits armés et de contraintes physiques.

Au moins 30 000 personnes vulnérables sont privées d'aide humanitaire dans l'ouest de la RCA en raison de la menace des mines et autres engins explosifs. Les partenaires humanitaires de Paoua, de Bouar et de Bocaranga sont obligés de retreindre leur mouvement suite à la menace croissante de ces engins. En décembre 2021, les organisations humanitaires ont temporairement suspendu leurs déplacements dans tout le nord-ouest du pays (au nord de Bocaranga et à l’ouest de Paoua) ainsi qu'à l'ouest de Berbérati. L’absence de l’aide humanitaire accroit leur degré de vulnérabilité et les expose à des maladies comme le paludisme et les maladies hydriques. Par exemple, la majorité des points d’eau sont en panne faute d’entretien sur le tronçon Niem-Yelewa-Sabéwa. Selon l’Aperçu des besoins humanitaires 2022, ces zones sont aussi parmi celles avec les plus sévères besoins humanitaires dans le pays.

Plusieurs axes dans les préfectures de la Nana-Mambéré, la Mambéré-Kadéï et l’Ouham-Pendé ont été considérés comme à haut risque en raison de la présence présumée d'engins explosifs et restent impraticables pour les humanitaires et les civils, notamment entre Gamboula et Amadagaza. Il en est de même pour l’axe Yelewa-Sabéwa qui reste inaccessible depuis janvier 2021. Les villes et villages situés dans les zones où l'on soupçonne la présence d'engins explosifs risquent d'être coupés de la nourriture et des autres fournitures, du commerce, des patrouilles de sécurité et de l'assistance humanitaire. Les engins explosifs limitent également l'accès des populations aux champs en cette période de plantation, aux lieux de travail et de revenus, ainsi qu’aux services essentiels tels que les soins de santé et l'éducation.

Assistance d'urgence par voie aérienne

Contournant les restrictions d'accès, OCHA et les partenaires humanitaires ont livré entre juin et octobre 2021 une assistance d’urgence par hélicoptère à Nguia-Bouar, Ngaoundaye, Ndim et Gbambia dans les préfectures de la Nana-Mambéré, Mambéré-Kadéï et Ouham-Pendé. Plus de 4,5 tonnes de médicaments, de nourriture, de suppléments nutritionnels, de produits d'hygiène et kits éducatifs sont parvenus à près de 56 000 villageois, dont plus de 4 000 personnes déplacées, pour satisfaire les besoins les plus urgents et réapprovisionner des centres de santé.

Après des travaux de nettoyage de la MINUSCA, un convoi d’OCHA et du HCR a acheminé et distribué plus de 80 tonnes de vivre et 555 kits avec des articles ménagers à plus de 1 500 familles hôtes et personnes déplacées à 5 km de Bocaranga, Ndim et Koui dans la première semaine de février 2022.

Protéger les civils et les travailleurs humanitaires

Humanité & Inclusion (HI), une ONG financée par le Fonds humanitaire de la RCA, sensibilise les personnes les plus vulnérables de la zone de Bocaranga (Préfecture de l'Ouham-Pendé), l'une des régions les plus touchées du pays, au danger des engins explosifs et leur apprend des comportements sûrs à adopter pour réduire les risques auxquels elles sont confrontées. Les sessions d'éducation dans les villages cibleront 3 150 personnes, dont 1 800 enfants, entre juin et novembre 2022. Une attention particulière sera accordée à l'inclusion des personnes handicapées, des femmes, des filles et des personnes âgées, et les barrières linguistiques et l'analphabétisme seront abordés, par exemple en adaptant le matériel et les méthodes de sensibilisation, afin de garantir que toutes les personnes aient accès aux informations vitales sur les engins explosifs. En outre, HI formera 40 travailleurs humanitaires de l'Ouham-Pendé aux risques liés aux engins explosifs.

En 2021, UNMAS a touché 7 085 personnes, dont 4 310 enfants, avec une campagne de sensibilisation sur la menace des engins explosifs à Bouar, Berbérati, Paoua et Boali. Des panneaux de sensibilisation ont été placés à des endroits stratégiques et des dessins et des photographies mettent en exergue les précautions à prendre non seulement pour éviter les engins mais aussi pour les baliser et les signaler aux organisations chargées du déminage. L'UNMAS a également organisé des séances de sensibilisation sur les risques liés aux engins explosifs pour plus de 1 500 membres du personnel humanitaire et de l'ONU en 2021.

Malgré les campagnes de sensibilisation en cours, il est nécessaire de renforcer l’éducation aux risques compte tenu de l’ampleur du problème. Des ressources supplémentaires sont nécessaires de toute urgence pour étendre la portée des projets d’éducation aux risques pour les enfants, les femmes et les hommes dans les régions les plus touchées.

Regardez une vidéos à ce sujet ici (en anglais).

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Analyse
Des femmes et des enfants font des achats dans un marché local à Bambari. La situation de la sécurité alimentaire des populations de Bambari et du reste de la préfecture de Ouaka est préoccupante et considérée en phase de crise, voire d'urgence.   ©OCHA/Siegfried Modola, Bambari, Préfecture de la Ouaka, RCA.
Des femmes et des enfants font des achats dans un marché local à Bambari. La situation de la sécurité alimentaire des populations de Bambari et du reste de la préfecture de la Ouaka est préoccupante et considérée en phase de crise, voire d'urgence. ©OCHA/Siegfried Modola, Bambari, Préfecture de la Ouaka, RCA.

RCA : Une insécurité alimentaire aux dimensions catastrophiques

La République centrafricaine (RCA) est un pays fertile. Il pleut abondamment, le sol est riche et une variété de cultures, de fruits et de légumes poussent presque toute l'année. Malgré cette apparente abondance, une personne sur deux ne mange pas à sa faim. La raison en est le conflit qui s'est à nouveau intensifié depuis le début de l'année. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays demeure parmi les plus élevés depuis 2014, atteignant 610 000 personnes, et largement plus au cours des mois précédents. Les populations vivent dans la peur des attaques et des exactions des groupes armés, ce qui limite leur mobilité et leur accès aux champs et aux forêts pour cultiver, cueillir et chasser. Cet environnement dangereux limite l’accès des organisations humanitaires aux personnes dans le besoin. L'une des conséquences est la détérioration continue de la sécurité alimentaire depuis l'année dernière.

Un tableau sombre

Les indicateurs relatifs à la nutrition et à la sécurité alimentaire pour la période de soudure qui s’étend d'avril à août ont été sombres. Le faible accès aux intrants agricoles et l'impact des conflits sur les moyens de subsistance ont réduit les surfaces cultivées et affecté le stock alimentaire des ménages. En avril, la RCA a signalé l’une des plus grandes proportions de population en situation d'insécurité alimentaire critique dans le monde, aux côtés du Yémen, du Sud Soudan et de l’Afghanistan : près de 50% de la population (2,2 millions de personnes) n’a pas assez à manger et ne sait pas d’où viendrait son prochain repas. La situation est particulièrement préoccupante dans les sous-préfectures de Bakouma, Koui, Ngaoundaye, Obo et Zémio où la proportion de personnes affectées se situe entre 65 et 75%. En Afrique de l'Ouest et du Centre, la RCA est le deuxième pays avec le plus grand nombre de personnes en situation d'urgence après le Nigeria, soit 638 000 personnes au bord de la famine selon les récents résultats du Cadre intégré de classification de l'insécurité alimentaire (IPC).

Les perturbations récentes de la chaîne d’approvisionnement impulsées par la pandémie de COVID-19 ont contribué à une augmentation des prix des denrées alimentaires qui étaient déjà élevés en Centrafrique. En plus, des nouvelles dynamiques issues du conflit en Ukraine exacerbent progressivement la situation en termes de perturbation de la chaîne d’approvisionnement, entraînant des hausses de prix des denrées de première nécessité, mais augmentant également les coûts du panier alimentaire par personne assistée et ceux liés aux activités de production agricole. Pourtant en 2020, 71% de centrafricains vivaient déjà sous le seuil de pauvreté (1,9$ américains par jour) et dépendent actuellement des marchés locaux qui sont déjà sous pression. La pénurie actuelle en carburant dans le pays constitue un poids supplémentaire sur les ménages et perturbe significativement les opérations humanitaires. Dans certaines régions, les organisations humanitaires ont été obligées de réduire à l’essentiel leurs mouvements.

Un appel urgent

Les différentes perturbations de la chaine d’approvisionnement ont provoqué la hausse de 19% du budget planifié par le Cluster Sécurité alimentaire qui réunit les acteurs humanitaires travaillant dans ce secteur. Au début de cette année, le Cluster planifiait d’assister environ 2 millions de personnes les plus sévèrement affectées par l’insécurité alimentaire pour un budget total de 163,4 millions de dollars américains. Actuellement, c’est 31,4 millions de dollars supplémentaires qu’ils devront mobiliser, soit un total de près de 195 millions de dollars.

En février, le Fonds Humanitaire (FH) a accordé 8 millions de dollars américains pour couvrir les besoins les plus urgents de 261 000 personnes dans 10 sous-préfectures les plus sévèrement affectées à la fois par l’insécurité alimentaire et le conflit.

Le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF) a également accordé en juin dernier 15 millions de $ américains pour contribuer à réduire l’insécurité alimentaire dans les sous-préfectures les plus sévèrement affectées par l’insécurité alimentaire mais aussi intervenir dans les secteurs complémentaires (eau, hygiène et assainissement, nutrition et protection).

En Aout, le FH a accordé 9 millions de dollars américains supplémentaires, notamment pour soutenir la réponse d’urgence multisectorielle dans les zones les plus exposées à l’insécurité alimentaire.

Cependant cet appui n’est toujours pas suffisant au regard de l’ampleur de la situation. Si la réponse humanitaire ne s'intensifie pas immédiatement, plus de 2 millions de personnes verront leur situation alimentaire se dégrader profondément ; parmi elles, 638 000 personnes sont déjà en phase d'urgence (phase 4 et 3+), dernier pallier avant la famine.

La fin du conflit n'étant pas en vue, la grande majorité de personnes touchées par la crise continueront à dépendre de l'aide humanitaire dans les mois à venir. Seulement 65% du Plan de réponse humanitaire 2022 du pays est actuellement financé. Le manque de ressources face à l'explosion des besoins de la population, couplé aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement a déjà contraint le Programme alimentaire mondial (PAM) et les partenaires à réduire de moitié la ration alimentaire mensuelle qu’elle distribue.

La malnutrition des enfants et l’insécurité alimentaire

En février, 214 000 enfants de moins de 5 ans étaient à risque de malnutrition aiguë, dans un pays où le taux de mortalité pour cette tranche d’âge est le troisième le plus élevé au monde. Le risque est particulièrement élevé pour les enfants déplacés et ceux qui se trouvent dans les zones touchées par le conflit, où l'accès à la nourriture, à l'eau potable, aux soins de santé et aux services de nutrition a été sévèrement restreint et où les prix des aliments ont explosé. A travers le pays, 395 000 enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique, 40% de tous les enfants de cette tranche d'âge – un taux considérablement supérieur au seuil d'urgence de 30%. Une nutrition inadéquate sur une longue période perturbe leur croissance. La malnutrition aiguë représente un problème majeur de santé publique et constitue l'une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les jeunes enfants.

L’assistance fournie

Au premier semestre 2022, la communauté humanitaire a fourni une assistance alimentaire et nutritionnelle en rations, intrants agricoles et nutritionnelles, ainsi que des intrants d’élevage à plus de 1,1 millions de personnes. Mais l'accès humanitaire reste très restreint, voire impossible, dans plusieurs localités des préfectures de Ouham-Pendé, du Haut-Mbomou, de la Basse-Kotto et de la Ouaka.

En juin 2021, la Banque mondiale a approuvé pour trois ans une subvention de 50 millions de dollars US pour stimuler la production alimentaire et renforcer la résilience des éleveurs et d’autres ménages en situation d'insécurité alimentaire. Ce financement apportera un soutien indispensable à plus de 465 000 personnes en situation d'insécurité alimentaire par le biais d'activités de travail contre rémunération, tout en réhabilitant les infrastructures agricoles à petite échelle dans six préfectures de l'ouest, du centre du pays et dans la capitale Bangui.

Investir dans des solutions durables

Les partenaires humanitaires investissent également dans des solutions durables pour la prévention et la gestion de la malnutrition, notamment la promotion d'aliments nutritifs, de bonnes pratiques alimentaires pour les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes et allaitantes, et une réponse multisectorielle liée à la fourniture de services sociaux de base de qualité, notamment l'eau, l'assainissement et l'hygiène, les soins de santé et la protection.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Visuels

Diversifier et renforcer les programmes de transferts monétaires (PTM) en RCA, Janvier-Mars 2022

Diversifier et renforcer les programmes de transferts monétaires (PTM) en RCA, Janvier-Mars 2022

Conformément aux engagements pris dans le Plan de Réponse Humanitaire 2022 et aux préférences des populations affectées, les acteurs humanitaires continuent de diversifier et renforcer les programmes de transferts monétaires (PTM) en RCA. La majorité des interventions rapportées s’inscrivent dans la réponse à l’insécurité alimentaire avec comme nouveautés une augmentation importante des transferts électroniques liée à l’utilisation des coupons électroniques et une diminution des PTM visant à mitiger les effets socio-économiques de la Covid-19.

Le nombre de bénéficiaires atteints est inférieur (-18%) par rapport à la même période en 2021 et le montant des transferts monétaires a augmenté, passant de 5,5 millions de dollars au trimestre 1 (T1) 2021 à 7 millions au T1 2022. L’arrêt/la diminution des PTM liés à la Covid-19 dans certaines localités dont Bangui, le changement d’approche de ciblage et l’augmentation des coûts par tête, notamment en sécurité alimentaire, ont entre autres contribué à ces changements.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Analyse
Plisson attend son tour pour s'approvisionner en eau auprès d'un fournisseur privé. © Maxime Nama, 4ème Arrondissement, Bangui, RCA, 2022.
Plisson attend son tour pour s'approvisionner en eau auprès d'un fournisseur privé. © Maxime Nama, 4ème Arrondissement, Bangui, RCA, 2022.

A la recherche de la denrée rare

De minuit à 2h, voire 3h du matin, ce sont les heures creuses auxquelles Plisson, 30 ans et mère de trois enfants se réveille souvent pour puiser de l’eau, quand il y en a. « Vous pouvez me voir la journée bien apprêtée mais vous n’aurez aucune idée de ce que j’endure la nuit », explique-t-elle. C’est ce qui arrive souvent dans certains quartiers de Bangui la capitale de la République centrafricaine (RCA), notamment dans le quatrième arrondissement où habite Plisson, son mari et leurs trois enfants. Et lorsque l’eau ne coule pas du tout de leur robinet, c’est 200 francs CFA (300 centimes de dollars américains) que la famille doit débourser par jour pour puiser 100 litres d’eau auprès de fournisseurs privés. Cette famille fait partie des 60% de centrafricains qui n’ont pas accès à l’eau et aux installations sanitaires adéquates en 2022 selon l’Aperçu des besoins humanitaires publié en octobre 2021. La RCA est située dans la région où la disponibilité des ressources en eau par personne est la plus élevée du continent, mais seulement 37 % de la population dispose de services d'eau potable de base.

Des besoins en augmentation

Agée de 21 ans, mère de trois enfants et habitant le village Ouifrane à 7km de Ndele dans le nord du pays, Alida n’a d’autre choix que d’utiliser l’eau d’une source non aménagée pour tous ses besoins quotidiens, y compris boire et cuisiner car elle ne dispose pas de robinet où s’approvisionner. « Je sais que l’eau de cette source n’est pas potable et qu’elle peut me rendre malade, mais il n’y a pas d’autres alternatives proches de notre village », confie Alida. La RCA est le deuxième pays avec le taux de mortalité le plus élevé lié à l’utilisation de l’eau insalubre en Afrique. Ce faible accès à l’eau, dont les causes principales sont structurelles, est exacerbé par le conflit qui déchire le pays depuis plus d’une décennie et est d’autant plus problématique pendant la saison sèche qui court de novembre à mai.

En 2021, les besoins en eau, hygiène et assainissement (EHA) ont augmenté de 13%, et 300 000 personnes supplémentaires nécessitaient ainsi une assistance pour accéder à de l'eau potable et à des installations sanitaires. Au total, plus de la moitié de la population (2,8 millions de personnes) ont besoin d’une assistance en EHA. La Sous-Préfecture de Ndele dans le nord où habite Alida est celle présentant les besoins les plus sévères dans le pays. Cette détérioration est entre autres due à l’abandon des points d’eau qui ne sont plus entretenus lorsque les populations fuient l’insécurité, et à la contamination des puits. A cela s’ajoute la perte des récipients pour la collecte et le stockage de l’eau lors des déplacements et le vandalisme commis par les hommes en armes quand ils attaquent les villages.

L’eau c’est la vie

Avec un gilet kaki et tamponné du logo rouge de son organisation, difficile de rater Médard à son passage dans les rues de Adoumindou, village situé dans le nord du pays, dans la Préfecture de Bamingui-Bangoran. Médard est animateur EHA et sensibilise les habitants aux meilleures pratiques, notamment le traitement, la manipulation et la conservation hygiénique de l’eau de boisson, le lavage des mains au savon et l’accès à un assainissement sain. « Mon travail au sein de la communauté permet aux habitants d’éviter des maladies comme le choléra et la diarrhée qui sont une cause de mortalité, en particulier pour les enfants », explique fièrement Médard qui travaille avec l’ONG Première Urgence Internationale (PUI). En 2021 dans la Préfecture de la Bamingui-Bangoran, l’ONG a notamment construit huit forages d’eau, améliorant ainsi l’accès à l’eau potable pour 4 000 personnes. Grâce à la mobilisation de la communauté humanitaire, les sous-préfectures de Nangha-Boguila, Kémbé, Satema, de Bangassou, Bira et Gambo ont vu leurs besoins en EHA significativement baisser.

Un long chemin à parcourir

En 2021, les humanitaires avaient requis 38 millions de dollars américains pour assister 1,4 millions de personnes, mais n’ont reçu que 25% de ce montant qui a bénéficié à 494 700 personnes vulnérables soit 35 % de la cible planifiée. En 2022, ils cherchent à mobiliser 34,5 millions de dollars américains pour améliorer l’accès à l’EHA de 1,5 millions de personnes. Au premier semestre 2022, 4,1 millions (12%) ont été mobilisés permettant d’assister 359 096 personnes.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Analyse
Une survivante des violences basées sur le genre participe à un groupe de discussion à Zémio, Préfecture du Haut-Mbomou. ©OCHA/Virginie Bero
Une survivante des violences basées sur le genre participe à un groupe de discussion à Zémio, Préfecture du Haut-Mbomou. ©OCHA/Virginie Bero

Les violences basées sur le genre : un fléau aux effets dévastateurs

Les violences basées sur le genre (VBG) ont récemment pris une ampleur inquiétante en République centrafricaine (RCA), notamment suite à la crise que traverse le pays depuis plusieurs années. Cette situation est également renforcée par des normes socioculturelles défavorables aux femmes et aux filles, et ce malgré l’existence de politiques et de textes normatifs en la matière[1]. Depuis la fin décembre 2020, des nouvelles dynamiques du conflit ont exacerbé la situation humanitaire et l’environnement protecteur, notamment en entrainant le plus grand nombre de personnes déplacées jamais enregistré depuis 2015, notamment 722 000 personnes en octobre 2021 et 692 000 en décembre la même année. En plus, le pays n’a jamais enregistré autant de personnes en besoin d’assistance humanitaire et de protection : 3,1 million de personnes, dont 2,1 avec des besoins si sévères que leur bien-être physique et mental est constamment en danger. Si les déplacés et réfugiés sont souvent les faces les plus visibles de la crise en RCA, les VBG, en particulier les violences sexuelles ont récemment pris une ampleur inquiétante.

Une augmentation du phénomène

Selon les statistiques du système de gestion de l’information sur les VBG (GBVIMS) collectées au niveau des services dédiés couvrant seulement 52% de l'ensemble des sous-préfectures du pays, 11 592 cas de VBG ont été enregistrés en 2021, soit une augmentation de 26% par rapport à 2020. Ces statistiques n'incluent également pas les cas pour lesquels les survivants n'ont pas consenti au partage des données. Ainsi, la situation sur l'ensemble du territoire pourrait être plus inquiétante. Un quart des VBG enregistrées étaient des violences sexuelles. Et la tendance demeure inquiétante pour ce type de VBG avec des victimes de plus en plus jeunes. Déjà, les violences sexuelles enregistrées au premier trimestre 2021 avaient été multipliées par cinq comparé au dernier trimestre 2020, tandis que la proportion de celles présumément commises par des hommes armés était passée de 7 à 23%. L’intensification du conflit à la fin de l’année 2020 a fortement fragilisé la protection des civils, tandis que l’environnement sécuritaire connait des nouvelles dynamiques, augmentant et changeant dans une certaine mesure la nature des menaces pour les civils. Les violences sexuelles sont considérées comme le principal risque pour la sécurité des femmes et des filles, en particulier pour les déplacés.  En 2021, le groupe de travail sur les arrangements de suivi, d'analyse et de communication de l'information sur les violences sexuelles liées au conflit (MARA) a documenté 587 cas de violences sexuelles liées au conflit, dont une grande majorité de viols, soit une augmentation de 235% par rapport à 2020 et de 211% par rapport à 2019.

Survivre à des multiples peines

Les VBG, en particulier les violences sexuelles, engendrent des souffrances multiples pour les survivants qui demeurent dans leur très grande majorité des femmes et des filles. En plus du dommage leur causé par l’acte lui-même, les survivantes doivent faire face à la stigmatisation souvent renforcée par des normes socioculturelles défavorables, le sentiment de culpabilité/honte et ses conséquences notamment sur les moyens de subsistance. Plusieurs des victimes des violences sexuelles ont soit peur soit honte de revenir travailler au champ ou vaquer à d’autres activités qui leur permettaient de vivre ou de faire vivre la famille, ce qui les plonge dans la pauvreté. L’accès à la justice souffre également d’une part du choix pour les victimes d’affronter la stigmatisation, et d’autre part de ne pas voir la procédure aboutir faute de confiance dans le pouvoir judiciaire, sa faiblesse en ressources et expertise nécessaires, ou sa faible présence en particulier à l’intérieur du pays.

Renforcer la réponse holistique

En même temps que les survivantes des VBG, particulièrement des violences sexuelles ont des violences physiques à soigner, la souffrance qu’engendre socialement et mentalement ce fléau nécessite plusieurs aspects de la réponse notamment psychosocial, socioéconomique et juridique. Si des structures mises en place par les humanitaires à Bangui comportent l’ensemble de ces aspects, ce n’est pas encore le cas à l’intérieur du pays. Dans ce contexte, et en ligne avec les priorités identifiées au sein du Groupe Stratégique sur les VBG, la Coordonnatrice Humanitaire pour la RCA a alloué en août 2021 une enveloppe spéciale de 4 millions de dollars américains du Fonds Humanitaire, en vue de répondre aux besoins humanitaires non couverts et de mettre à l’échelle une réponse dans les zones les plus affectées par les VBG. Outre les activités de sensibilisation et de mise en place des services médicaux, psychosociaux et socioéconomiques habituels de prise en charge des survivantes des VBG, cette enveloppe spéciale comprend exceptionnellement l’appui juridique. Si l'ensemble de survivants de VBG ont reçu l'assistance psychosocial en 2021, seulement 46% d'entre eux ont bénéficié d'une assistance multisectorielle couvrant au moins deux services dont la prise en charge médicale, l'assistance juridique ou la réinsertion socioéconomique. Lors de la même année, seulement 45% des fonds requis ont été reçus pour répondre aux besoins issus des VBG. Même si des progrès ont été réalisés en termes de prise en charge holistique, la RCA ne dispose pas encore d'un centre multisectoriel qui puisse permettre aux survivants d'accéder à tous les types de services en un seul point. L'existence d'un tel centre augmenterait le niveau d'accès aux différents services dans un climat protecteur, notamment contre le stigmatisation. En 2022, 1,2 million de personnes ont besoin d’assistance suite aux VBG qu’elles ont subies.

------------------------------------------------

[1] Plan d’action opérationnel de la stratégie nationale de lutte contre les VBG, 2019 assorti de sa Stratégie nationale de lutte contre les VBG, le mariage d’enfants et les MGF en RCA (2019-2023). Politique nationale de promotion de l’égalité et de l’équité du genre (2ème génération), 2020.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Visuels

Tableau de bord humanitaire, janvier - mars 2022

Tableau de bord humanitaire, janvier - mars 2022

La crise humanitaire en République Centrafricaine (RCA) s’est intensifiée, plongeant des pans entiers de la population dans une précarité extrême. Selon le Plan de réponse humanitaire 2022, 3,1 millions de personnes, soit 62% de la population, ont besoin d’assistance humanitaire et de protection, un niveau inégalé en cinq ans. 45% de la population se trouve en situation d’insécurité alimentaire sévère, ce qui place la RCA au troisième rang au monde en termes de prévalence après le Yémen et le Sud Soudan. Au 31 mars 2022, le nombre total de personnes déplacées internes (PDI) en RCA est estimé à 650 000 personnes. Alors que la Centrafrique peine à faire face aux séquelles profondes d’années de conflits, les premiers signes avant-coureurs de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité sont visibles et pèseront lourdement sur les capacités de survie des populations les plus vulnérable. Plus de détails ici.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Réponse d'urgence
Des enfants déplacés jouent autour des pirogues traditionnelles en bois sur les rives du fleuve Oubangui, Bangui, RCA. ©OCHA / S. Modola
Des enfants déplacés jouent autour des pirogues traditionnelles en bois sur les rives du fleuve Oubangui, Bangui, RCA. ©OCHA / S. Modola

Le nouveau Plan de réponse humanitaire 2022 pour la République centrafricaine

Les violences déclenchées en République centrafricaine (RCA) tout au long de l’année 2021 ont inauguré des dynamiques conflictuelles nouvelles. Des menaces inédites sont apparues, telles que les engins explosifs, de nouveaux acteurs sur le terrain, des zones autrefois épargnées ont sombré dans la violence et les lignes de fronts se sont reconfigurées.

Les populations civiles ont encore une fois été les premières victimes de cette nouvelle vague de violence. Des centaines de milliers de personnes à travers le pays ont été contraintes de fuir, atteignant le plus haut niveau de déplacement enregistré depuis 2014 en septembre, avec 722 000 personnes déplacées internes.

Dans ce contexte, les risques pour la protection et la survie des Centrafricaines et Centrafricains se sont démultipliés. En 2022, 3,1 millions de personnes, soit 63% de la population, ont besoin d’assistance humanitaire et de protection, un niveau jamais atteint en cinq ans.

Face à la détérioration de la situation humanitaire et aux risques anticipés, la communauté humanitaire en RCA, à travers le Plan de réponse humanitaire, assistera 2 millions de personnes avec une aide multisectorielle en 2022. Pour pouvoir assister ces personnes, 461,3 millions de dollars américains seront requis. Le soutien extraordinaire des bailleurs de fonds en 2021 sera plus que jamais nécessaire pour y parvenir.

En 2021, la communauté humanitaire a intensifié sa réponse dans les zones à haute sévérité de besoins tout en s’efforçant de répondre aux chocs de manière efficace et d’atteindre les zones difficiles d’accès. 85% des interventions d’urgence à la suite d’un choc violent tel qu’un déplacement forcé, ont été répondues dans plusieurs secteurs, tels qu’une assistance en abris, vivres, santé et en eau. 36 tonnes d’intrants d’urgence ont été transportées par hélicoptère dans des zones autrement inaccessibles. 1,5 millions de personnes ont bénéficié d’une assistance en transferts monétaires pour couvrir leurs besoins. En tout, 1,7 million de personnes ont pu être atteint avec une assistance qui a sauvé des vies, près de deux fois plus qu’en 2018.

En 2022, plus que jamais, la protection sera une priorité collective intégrée dans l’ensemble de l’action humanitaire en RCA. Les personnes déplacées internes, les femmes, les filles et les minorités se sont révélées particulièrement vulnérables.

La réponse humanitaire en 2022 sera participative, protectrice et proche des personnes affectées. Tout d’abord, les communautés définiront avec les acteurs humanitaires dans le pays les activités les plus pertinentes pour répondre à leurs besoins et elles seront impliquées tout au long de la mise en œuvre et du suivi, conformément à l’engagement collectif de la communauté humanitaire en faveur de la redevabilité. Ensuite, l’impératif de protection sera intégré pour que l’assistance, non seulement ne crée pas de discrimination ou de risques additionnels pour les communautés, mais pour qu’elle détecte et réponde aux violences basées sur le genre et aux cas d’exploitation et d’abus sexuels. Enfin, une proximité renforcée avec les bénéficiaires sera privilégiée à travers la décentralisation de l’action humanitaire et la coordination des efforts avec les acteurs locaux. Ces trois piliers seront le socle d’une intervention multisectorielle dans les sous-préfectures où les besoins sont les plus aigus, tout en renforçant la collaboration avec les acteurs de développement afin de maximiser l’impact des interventions.

Pour en savoir plus, consultez le Plan de réponse humanitaire 2022 pour la République centrafricaine.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Prévisions
Des enfants déplacés sur le site des déplacés Elevage à Bambari, Préfecture de la Ouaka. ©OCHA/S. Modola
Des enfants déplacés sur le site des déplacés Elevage à Bambari, Préfecture de la Ouaka. ©OCHA/S. Modola

République centrafricaine : une urgence humanitaire jamais vue depuis 2015

L’urgence humanitaire en République centrafricaine (RCA) a atteint des niveaux jamais vus depuis 2015 suite à la nouvelle dynamique du conflit observée depuis décembre 2020. En 2022, 3,1 millions de personnes auront besoin d’assistance humanitaire et de protection, soit 63% de la population. Parmi elles, 2,2 millions de personnes auront des besoins complexes et sévères, au point que leur bien-être physique et mental est à risque. Cela constitue une augmentation de 16%, ou 300 000 personnes de plus affichant des besoins humanitaires sévères comparé à 2021.

La violence récurrente, des chocs persistants et la dégradation des services de base ont significativement empiré les conditions de vie des centrafricains en 2021. En même temps, la résilience des populations continue de s’éroder sous le poids de crises successives et de la récession économique, forçant quasiment toute la population à adopter des mécanismes négatifs de survie.

La situation ici décrite fait partie des résultats d’une analyse multisectorielle conjointe et un effort de consultation sans précédent menés par la communauté humanitaire avec les personnes en besoin, publiés dans l’Aperçu des besoins humanitaires 2022 pour la RCA. Les personnes affectées étaient au cœur de l’analyse, avec 17 300 ménages interviewés, notamment dans les coins les plus reculés du pays. Les résultats de cette analyse multisectorielle conjointe mettent en lumière la façon dont la crise actuelle affecte les conditions de vie de la population, les services ainsi que l’accès à ces services, et informent sur les besoins prioritaires des populations.

Exacerbation des besoins

Les secteurs avec le plus grand nombre de personnes en besoin en 2022 sont l’eau, hygiène et assainissement (WASH) ; les soins médicaux ; la protection et l’insécurité alimentaire qui comprennent entre 2,4 et 2,8 millions de personnes ayant besoin d’assistance pour accéder aux biens et services essentiels à leur survie. De tous les secteurs, les besoins relatifs à WASH ont le plus augmenté depuis l’année dernière, avec 12% ou 300 000 personnes de plus ayant besoin d’assistance pour accéder aux installations d’eau, hygiène et assainissement. Le risque de maladies et de malnutrition a augmenté aussi rapidement que l’accès à l’eau diminue. Le nombre d’abus et violations des Droits de l’Homme et du Droit international humanitaire a augmenté autant que leur nature a changé, avec des nouveaux risques pour les civils comme les engins explosifs ou la stigmatisation des communautés entières sur base de leur appartenance ethnique ou religieuse, augmentant significativement les besoins en protection. Dans le contexte du conflit, l’insécurité alimentaire s’est empiré suite à un accès réduit aux champs, les perturbations du marché et la baisse de la production agricole, la principale source des moyens de subsistance.

Une base solide pour la réponse humanitaire

Pour répondre aux besoins des populations en 2022, les acteurs humanitaires en collaboration avec le Gouvernement centrafricain élaborent une stratégie commune pour guider leurs interventions, à la lumière de l’Aperçu des besoins humanitaires 2022. Cette stratégie sera détaillée dans le Plan de réponse humanitaire 2022 pour la RCA, qui sera publié en Décembre 2021.

Malgré les contributions généreuses des donateurs, au début du mois de novembre, le Plan de réponse humanitaire 2021 n’était financé qu’à 63% des 444,8 millions de dollars américains à mobiliser. Les humanitaires comptent sur l’engagement continu des donateurs de demeurer aux côtés des centrafricains et permettre aux organisations humanitaires de répondre aux besoins des populations sans cesse croissants en 2022. De janvier à septembre 2021, les partenaires humanitaires en RCA ont fourni une assistance multisectorielle vitale à 1,6 million de personnes, malgré un contexte sécuritaire de plus en plus volatile.

Télécharger l’Aperçu des besoins humanitaires 2022 pour la RCA ici.

URL:

Téléchargé le:

Central African Republic

Rapport de situation
Contexte
Une femme déplacée utilise l'une des nouvelles cabines téléphoniques du site de personnes déplacées PK3 à Bria pour rester en contact avec sa famille. ©PAM/Elizabeth Millership, Bria, Préfecture de la Haute-Kotto, RCA, 2021.
Une femme déplacée utilise l'une des nouvelles cabines téléphoniques du site de personnes déplacées PK3 à Bria pour rester en contact avec sa famille. ©PAM/Elizabeth Millership, Bria, Préfecture de la Haute-Kotto, RCA, 2021.

Donner la parole aux personnes affectées

En Centrafrique, 3,1 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire et de protection. Parmi elles, 2,2 millions ont des besoins si variés et si sévères que leur bien-être physique et mental est en danger. Les évaluations menées par les acteurs humanitaires permettent de déterminer l’ampleur des besoins, comprendre leur nature et définir l’approche de réponse nécessaire. Pour développer une programmation adaptée et de proximité, la communauté humanitaire collecte également les retours (feedbacks) des bénéficiaires sur l’assistance reçue. Ces feedbacks permettent notamment de mettre les personnes affectées au centre de la réponse et ainsi d’améliorer et d’ajuster l’assistance.

Une thématique transversale

Partie intégrante du groupe de coordination Intercluster (ICCG), le Groupe de travail sur la redevabilité envers les populations affectées (AAP) assure la mise en place et le suivi des mécanismes collectifs pour l’engagement communautaire et la redevabilité envers les communautés affectées. Dans ce cadre, il produit des analyses régulières des feedbacks, des plaintes et des demandes d’informations venant des communautés affectées et des bénéficiaires. L’objectif est de dégager des tendances sur les niveaux de satisfaction, les besoins prioritaires et les principales rumeurs au sein des communautés, selon les lieux et les groupes de population. Le Groupe de travail conseille ensuite les partenaires humanitaires à travers les mécanismes de coordination, nationaux et en régions, sur les mesures adaptées à prendre pour répondre aux feedbacks, plaintes ou rumeurs venant des communautés. Où trouver l’assistance ? Où se plaindre si l’on a été lésé dans le cadre d’une assistance humanitaire ? Où trouver la bonne information ? Quelle est la perception de l’action humanitaire au sein des communautés affectées ? Ce sont, entre autres, des questions auxquelles le Groupe de travail aide à répondre au sein des communautés affectées et de la communauté humanitaire.

Les humanitaires tiennent des centres d’information et de feedback dans les sites de personnes déplacées internes (PDI) à Bria, Kaga-Bandoro et Bambari dans le centre du pays. A travers des clubs d’écoute, des kiosques de vente d’articles audiovisuels et des émissions radio interactives à Bria, Bambari, Kaga-Bandoro, Bangassou, Obo et Zémio, des agents spécialisés collectent des informations au sein des communautés et fournissent en retour de l’information pouvant sauver des vies. En effet, de nombreuses évaluations réalisées cette année ont démontré que les populations, en général mais aussi bénéficiaires de l’aide, ne se sentent pas suffisamment informées sur l’assistance humanitaire, les critères d’assistance et l’accès aux services (Evaluation des besoins multisectorielles 2021).

Améliorer les mécanismes de gestion des feedback et plaintes

En septembre, les humanitaires spécialistes des Télécommunications d’urgence (Cluster ETC) appuyés par le Fonds Humanitaire pour la RCA ont automatisé les mécanismes communs de gestion des feedbacks et plaintes mis en place par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en partenariat avec l’ONG Intersos sur le site de PDI de Bria. Située à l’est du pays (Haute-Kotto), il abrite le grand site de PDI du pays, dit PK3, qui accueille près de 39 000 personnes (Commission Mouvement des Populations, septembre 2021). A l’aide de SugarCRM, un logiciel de gestion de la relation client utilisé notamment dans le secteur bancaire, des agents spécialement formés enregistrent confidentiellement les plaintes et feedbacks des personnes dans le besoin sur des tablettes connectées à internet. Les informations sont ensuite transmises automatiquement aux organisations humanitaires destinataires des feedbacks ou plaintes, réduisant significativement le délai de traitement des plaintes et feedbacks. Anciennement, les transmissions étaient physiques, notamment à travers des boîtes à suggestions, avec des limites liées à la capacité à écrire de la part des personnes dans le besoin.

Le Cluster ETC a également installé cinq cabines téléphoniques sur le site afin de permettre aux personnes affectées par la crise de communiquer avec leurs familles et d’appeler gratuitement les services d’assistance téléphonique des humanitaires. Le téléphone portable est le principal moyen de contact pour les familles déplacées. En moyenne une personne déplacée sur cinq possède un téléphone portable selon l’évaluation du Cluster ETC, tandis que quatre personnes déplacées sur 10 payent pour passer des appels. Les cabines comprennent également une station de charge gratuite pour les téléphones portables. En favorisant cet accès gratuit et protecteur à cette communication mobile, ces cabines téléphoniques contribuent à un besoin sous-estimé mais essentiel des populations affectées : l’information. A Bria, la moitié des habitants font face à des barrières pour recevoir de l’information, en particulier en raison du manque d’appareil radio ou téléphone (Evaluation des besoins multisectorielles 2021).

Des efforts supplémentaires

Si Bria dispose d’équipements et d’infrastructures suffisamment avancés, ce n’est pas encore le cas des autres localités du pays. Le personnel et infrastructures en appui aux mécanismes communs de feedback se mettent progressivement en place, en fonction des leçons apprises et de la disponibilité des ressources.

URL:

Téléchargé le: