DR Congo

Rapport de situation

Faits saillants

  • En RDC, le combat contre les violences basées sur le genre continue
  • La crise du Nyiragongo, trois mois après
U45A8217-XL

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Chiffres clés

19.6M
PIN
9.6M
personnes ciblées
4.1M
personnes atteintes par l'aide en 2021
5.26M
personnes déplacées internes

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Financement

$2B
Requis
$539.9M
Reçu
27%
Progrès
FTS

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Contacts

Joseph Inganji

Chef de Bureau OCHA RD Congo

Yvon EDOUMOU

Chef, Section Information Publique et Plaidoyer

DR Congo

Rapport de situation
Analyse
U45A0505-XL

En RDC, le combat contre les violences basées sur le genre continue

7 millions !! Cette année, la communauté humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) estime que sept millions de personnes sont à risque de subir une forme ou une autre de violence basée sur le genre (VBG). Depuis près de trois décennies, cette réalité est attachée à l’image du pays, un fléau qui continue à être décrié. En dépit de la mobilisation des autorités congolaises, de la société civile et des partenaires internationaux, la situation demeure inquiétante malgré de nombreuses avancées.

Plusieurs contraintes rendent la prévention et la réponse difficile

La violence sexuelle constitue l’une des formes de VBG les plus répandues en RDC. Dans un rapport publié en juillet 2021, Médecins Sans Frontières (MSF) mettait en exergue l’ampleur du fléau. « Personnel médical pas ou peu formé, indisponibilité de médicaments et traitements, soutien socio-économique et juridique aux survivants largement insuffisant... » De nombreux survivants se retrouvent ainsi pris dans l’étau d’une « double peine », selon MSF : d’abord la violence vécue et ensuite l’impact économique et social de cette violence sur leurs vies.

La détérioration de la situation sécuritaire dans plusieurs régions de la RDC, les relations de pouvoir inégales entre hommes et femmes ainsi que le faible statut des femmes au sein de la société congolaise sont sources de violences physiques et psychologiques, particulièrement contre les femmes et les filles. Depuis 2020, les restrictions mises en place pour prévenir la propagation de la pandémie de Covid-19 ont même exacerbé cette situation.

En RDC, les spécialistes VBG ont constaté que le nombre d’incidents rapportés en 2020 a augmenté passant de 42 920 cas en 2019 à 70 142 en 2020, une hausse de 63%. Ces chiffres doivent cependant être considérés comme indicatifs plutôt que statistiquement représentatifs, car ils n’incluent que que les personnes ayant pu se déclarer.

Si l’accès aux soins demeure un défi de façon générale, il demeure encore plus grand pour les survivants : difficile accès aux structures de santé, manque de moyens financiers pouvant couvrir les soins, méconnaissance des services disponibles. Sur les 62 517 cas des VBG déclarés au pays au premier semestre de 2021, 61,8% ont bénéficié d’une prise en charge médicale, 36,6 % d’un soutien psychosocial, 28,5% d’un soutien socio-économique, et seulement 5,3% d’un accompagnement juridique, selon les spécialistes du sous-cluster VBG.

Remettre les communautés au cœur des initiatives

Depuis 2019, l’ONG International Medical Corps (IMC), membre du sous-cluster GBV, travaille avec des associations locales de femmes afin d’améliorer l’assistance fournie aux survivants dans les provinces du Tanganyika et du Sud-Kivu. Entre autres activités, ces associations sensibilisent les communautés sur l’identification des différentes formes de VBG. Elles partagent également l’information sur les services de prise en charge disponibles dans la communauté à travers des causeries éducatives, des évènements publics ainsi que des émissions sur les radios locales. Le fait que ces messages soient portés par des membres des communautés permet de rester proche des réalités locales et d’obtenir plus de résultats. Après plusieurs mois de sensibilisation, les équipes de l’IMC ont noté des changements dans les différentes communautés où elles interviennent. « Au début du projet, les hommes ne se sentaient pas concernés par cette problématique des VBG, car plus ancrés dans les coutumes et dans l’orgueil masculin. Au fil de temps, Ils ont commencé à participer massivement aux séances de sensibilisation, faisant ainsi émerger une prise de conscience sur les conséquences des VBG » selon un responsable d’un programme de protection à l’IMC.

Dans la province de l’Ituri, affectée par les violences armées, l’ONG locale Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) a mis en place des « espaces sûrs » dans les sites de personnes déplacées afin de permettre aux survivants et aux autres personnes vulnérables de partager leurs histoires, se reconnecter aux autres, reprendre confiance et acquérir de nouvelles compétences professionnelles. « Les femmes et les jeunes filles ont appris à faire de la broderie. Cela leur permet de générer des revenus », a expliqué une conseillère communautaire dans un site de déplacés dans le territoire de Mahagi.

Les « espaces sûrs » jouent un rôle clé dans le soutien apporté aux survivants. Les conseillères communautaires y assurent un soutien psychosocial et fournissent des informations sur les questions liées aux services disponibles et aux droits des femmes. Ces interventions s’ajoutent au soutien médical et juridique ainsi qu’à la réintégration socio-économique des femmes, afin de fournir un soutien complet.

Des efforts conjoints sont nécessaires

Au 30 août 2021, 120 partenaires humanitaires menaient des activités/programmes en réponse aux VBG dans 12 provinces, y compris celles de l’Est (Haut Katanga, Ituri, Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Kinshasa, Lomami, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Tanganyika et Lualaba). Malgré tout, les besoins à couvrir restent énormes. Plusieurs programmes qui offraient une assistance aux survivants des VBG ont été clôturés par manque de financements. Pour venir à bout de ce fléau qui brise des milliers de vies et en fragilise des milliers d’autres, il faudrait mettre l’accent sur les volets de l’assistance légale et de la réinsertion socio-économique qui sont, selon les données du sous-cluster VBG, sont respectivement financés à 3% et 7%. Plus important encore, les activités de prévention, qui devraient être au cœur des préoccupations, sont actuellement oubliées. Elles sont financées à hauteur de 20%. Historiquement, ce domaine reçoit très peu de financements.

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Contexte
AF1A8757

La crise du Nyiragongo, trois mois après

Le 22 mai dernier, 19 ans après sa dernière éruption, le volcan Nyiragongo venait troubler la vie des habitants de Goma. Au moins 31 personnes y ont trouvé la mort ; plus de 3 600 maisons et des bâtiments publics ont été détruits. L’éruption a ravivé les débats sur l’alerte précoce, la gestion des catastrophes et l’aménagement du territoire - certains estimant que Goma, située au pied du volcan avec son million d’habitants, est toujours une ville à risque et devrait être déplacée / reconstruite ailleurs dans la province.

Cinq jours après, les autorités provinciales ont ordonné l’évacuation des 10 quartiers de Goma les plus à risque d’être affectés par une nouvelle éruption. Plus de 364 000 personnes se sont ainsi déplacé vers les territoires de Masisi, Rutshuru, Lubero et Beni au Nord-Kivu, vers le territoire de Kalehe et la ville de Bukavu au Sud-Kivu ainsi que vers le Rwanda voisin.

En soutien aux autorités congolaises, la communauté humanitaire a rapidement déployé une opération d’urgence portée près de 70 partenaires humanitaires (internationaux et nationaux) afin d’assister les populations déplacées dans plusieurs sites de regroupement. L’assistance immédiate incluait, entre autres, la nourriture, les soins de santé, la fourniture d’eau potable, l’hygiène, les abris, les articles ménagers essentiels, la protection, y compris le rétablissement des liens familiaux. Le Secrétaire Général adjoint des Nations Unies chargé des affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence a immédiatement alloué 1,2 million de dollars pour répondre aux besoins les plus pressants. Plusieurs bailleurs et fondations privées ont également contribué à travers le gouvernement ou les partenaires à soutenir la réponse à travers des financements ou des dons en nature. Le 7 juin, deux semaines après l’éruption, les autorités congolaises ont permis aux populations de regagner leurs maisons, en facilitant notamment leur transport de retour. Depuis lors, les activités ont repris normalement dans la ville de Goma et le territoire de Nyiragongo.

Aujourd’hui, certaines familles sinistrées, attendent l’autorisation des autorités congolaises quant à une éventuelle relocalisation. Pour l’instant, elles ne peuvent pas reconstruire leurs maisons sur les parcelles englouties par la lave. En attendant, la majorité vit dans des centres collectifs au nord de Goma.

Les acteurs humanitaires continuent de leur fournir une assistance collective, notamment en eau, hygiène et assainissement, santé, éducation, abris et protection. Cette assistance devrait durer jusqu’à la fin de l’année. En revanche, l’absence de listes fiables répertoriant les familles sinistrées demeure un gros défi, et empêche la mise en place d’une assistance humanitaire individuelle appropriée. Plusieurs familles se retrouvent ainsi depuis plusieurs semaines sans nourriture, ni abri adéquat. Selon les autorités qui coordonnent la réponse à cette crise, plus de 4 400 ménages sinistrés ont été identifiés. Le Gouvernement congolais et la Croix-Rouge congolaise ont construits près de 1 300 abris temporaires qui devront accueillir des familles sinistrées en attendant une relocalisation définitive par le Gouvernement. Face au nombre de ménages sinistrés, des abris supplémentaires seront nécessaires. Les acteurs humanitaires sont disposés à apporter leur soutien aux autorités dans ce secteur prioritaire.

En termes d’alerte précoce et de préparation aux catastrophes, les autorités congolaises ont renforcé le partenariat avec celles du Rwanda voisin afin de mutualiser les efforts dans la gestion des risques, et de renforcer en capacités les structures locales existantes, notamment les services de la protection civile et l’Observatoire Volcanologique de Goma.

La crise du Nyiragongo est survenue dans un contexte de besoins humanitaires aigus dans la province du Nord-Kivu, déjà marquée par les conflits et les violences armées. La province accueille aujourd’hui 1,8 million de personnes déplacées internes. Actuellement, 3,2 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire dans le Nord-Kivu. Il est important de soutenir les efforts des partenaires humanitaires qui essaient de répondre aux besoins les plus pressants des populations affectées de cette province.

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